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Drôle, sportive et pleine d'énergie, l'inspirante Ursule Ledóchowska

URSZULA LEDÓCHOWSKA

Marzena Devoud - Publié le 28/05/19

Béatifiée en 2003, Urszula Ledochowska dégage le même charisme que son contemporain Pier Giorgio Frassati. Son sourire qui ne quittait jamais son visage est devenu son arme d'évangélisation.

« Pourvu que je sache aimer ! Me laisser brûler, consumer par l’amour ». Ainsi écrit Julie Ledochowska à la veille de ses vœux religieux, en 1889. Âgée de 24 ans, la jeune femme est alors novice dans le couvent des ursulines à Cracovie et s’apprête à devenir Marie Ursule de Jésus. Ses paroles deviendront le moteur de toute sa vie. Née d’une mère suisse d’ascendance chevaleresque et d’un père issu d’une illustre famille polonaise, la petite Julie grandit entourée de sa nombreuse fratrie et de l’amour de parents à la fois tendres et exigeants. Malgré son éducation aristocratique, la jeune fille préfère décliner les invitations aux grands bals mondains pour passer du temps à s’occuper des familles pauvres. Comme ses deux aînés qui choisissent la voie de la vie consacrée (Marie Thérèse, béatifiée en 1975, fonde la Sodalité de Saint Pierre Claver et son cadet Vladimir devient supérieur général de la Compagnie de Jésus), elle souhaite devenir religieuse.


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Elle va rester 21 ans dans le couvent de Cracovie pour être ensuite envoyée par le pape Pie X à Saint-Petersbourg au cœur de la Russie hostile à l’Église catholique. Son proche entourage est alors impressionné par son talent d’éducatrice et de formatrice religieuse exercé dans la clandestinité. Expulsée de Russie en 1914, elle s’exile à Stockholm. Lors de son périple scandinave, en Suède, au Danemark et en Norvège, mère Ursule s’engage dans la vie de l’Église locale tout en maintenant son travail éducatif. Sa communauté devient un lieu de soutien pour les personnes de différentes sensibilités politiques et religieuses. Fervente patriote, interrogée sur sa vision politique, elle répond un jour sans hésitation : « Ma politique, c’est l’amour. »

La joie, le chemin vers la sainteté

La guerre terminée, elle se rend à Rome pour y fonder sa congrégation. Celle-ci reçoit le nom des Sœurs Ursulines du Cœur de Jésus agonisant. La communauté s’installe à Pniewy, près de Poznań à l’ouest de la Pologne. Dès lors, Mère Ursule continue d’enseigner dans toute l’Europe. Bientôt, plus d’un millier de sœurs se répandent dans les régions déshéritées, notamment en France, en Italie et en Pologne (aujourd’hui, elles sont encore près de 900, réparties dans douze pays d’Europe mais aussi au Brésil, au Canada et aux Philippines).


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La spiritualité de cette congrégation est centrée sur la contemplation de l’amour rédempteur du Christ. La future sainte forme ainsi les sœurs à l’amour inconditionnel de Dieu. « Elles aimeront en Dieu chaque personne et toute créature ». La joie profonde de vivre, le sourire et l’humilité au quotidien qui aident à contempler pleinement Dieu deviennent pour elle un chemin vers la sainteté.

Le sourire disperse les nuages dans l’âme

La joie et le sourire sont pour sainte Ursule une attitude naturelle. Mais ce n’est pas juste une manière d’être. C’est une conviction profonde que le sourire est la clé pour montrer la force de la bonté et exprimer l’amour du prochain. Cet apostolat par le sourire est, selon sainte Ursule, le meilleur moyen d’évangélisation. Pour elle, le sourire « soulage toute tension et illumine le cœur et l’âme ». Elle est convaincue que l’apostolat le plus efficace est celui du sourire. En effet, c’est par son action que l’âme de l’autre est pénétrée par la joie, la chaleur et la confiance… C’est à ce moment qu’un premier petit miracle s’opère : « Le sourire disperse les nuages accumulés dans l’âme », insiste-t-elle. Un sourire qui remplit l’âme d’une nouvelle vie, de l’espoir que rien n’est perdu et que Dieu veille. Un début de bonheur intérieur, de paix et d’abandon total à Dieu.

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