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Non, ni Charlemagne, ni Jules Ferry ne sont les inventeurs de l’école

EDUCATION

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Mathilde de Robien - Publié le 05/04/19

Dimanche 7 avril, l'Église fête saint Jean-Baptiste de la Salle, le fondateur des Frères des écoles chrétiennes, grand mystique et éducateur de génie, très en avance sur son temps. Il a œuvré en faveur de l’éducation des enfants pauvres en plein siècle des Lumières, en ouvrant des écoles gratuites et élaborant des méthodes innovantes qui font de lui le véritable fondateur de l’école moderne.

La tradition désigne Jules Ferry comme inventeur de l’école, mais en réalité, c’est bien saint Jean-Baptiste de la Salle qui le premier posa les bases d’une éducation gratuite et ouverte à tous. Canonisé en 1900 par Léon XIII et déclaré patron des enseignants en 1950 par Pie XII, saint Jean-Baptiste de La Salle n’a pas hésité à rompre avec les habitudes de son temps pour accomplir sa mission. Apprentissage de la lecture en français et non plus en latin, enseignement simultané et non plus individuel selon le niveau (« l’ordre »), autorité bienveillante, pédagogies différenciées adaptées au caractère de l’élève, invention des délégués de classe, autant de méthodes éducatives, avant-gardistes pour l’époque et qui lui ont valu bien des procès, mais dont l’efficacité n’est aujourd’hui plus à prouver.


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L’autorité bienveillante

L’éducation positive n’est pas si novatrice. Sous un aspect quelque peu austère, les Frères des écoles chrétiennes n’en étaient pas moins appelés à la bienveillance envers leurs élèves. Voici ce à quoi exhortait saint Jean-Baptiste de la Salle : « Veillez à ne jamais gâter leur bonté naturelle par quelque humiliation. Ne moquez pas leurs maladresses. Et, pour mettre en valeur chacun, interrogez souvent les meilleurs élèves en premier. Ainsi les moins bons auront-ils le temps de se rappeler la leçon en entendant leurs camarades ! » Précieux conseils qu’il consigna dans son ouvrage pédagogique : La Conduite des écoles chrétiennes (1706). Nulle pression élitiste ni punitions disproportionnées, l’éducation des Frères s’efforce d’éveiller l’intelligence des élèves dans un climat de paix, de silence et de bienveillance.

Adapter la méthode au caractère de l’enfant

« On s’abstiendra de corriger les enfants dans le commencement qu’ils viennent à l’école. Il faut commencer par connaître leur esprit, leur naturel et leurs inclinations », écrit encore saint Jean-Baptiste de la Salle. Contrairement aux idées de l’époque, l’enjeu, dans les écoles lasalliennes, est d’adapter les méthodes éducatives à l’enfant et non l’inverse. C’est ce qu’on appelle aujourd’hui les pédagogies différenciées. L’objectif est que chaque élève puisse développer, même humblement, ses propres talents, quels qu’ils soient.




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Faire participer l’élève à la vie de l’école

Responsabiliser les élèves, en leur donnant à chacun une tâche bien précise, participe à former les hommes de demain. Saint Jean-Baptiste de la Salle est en quelque sorte à l’origine des délégués de classe, qu’il appelait alors des « officiers ». Dans chaque classe, certains élèves étaient ainsi responsables de l’approvisionnement en papier, en encre. Le « clavier » était chargé d’ouvrir et de fermer les portes de l’école (la ponctualité était une valeur très importante aux yeux de Jean-Baptiste de la Salle). L’ « aumônier » était celui qui ramassait le pain et les fruits en trop pour les donner aux plus démunis. Le « sonneur » marquait le début et la fin des cours. Les « premiers de banc » notaient les absents et avaient un rôle de leader pour leur « banc ». Et les « visiteurs des absents » rendaient visite aux écoliers malades. De beaux exemples pour une école qui se veut aujourd’hui « de la confiance« .


Frères des écoles chrétiennes avec au centre le frère visiteur de France Jean Paul Aleth © La Salle France

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