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Le décalogue de la sérénité, de précieux conseils de vie : être heureux

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Rémy Mahoudeaux - publié le 27/03/19

Dans son "Décalogue de la sérénité", le saint pape Jean XXIII propose des conseils de vie sous forme de résolutions simples pour être heureux, dans l’instant présent, sous le regard de Dieu. Comme les grains d’une dizaine de chapelet, Aleteia vous propose chaque semaine un commentaire médité de chacun de ces « commandements », à vivre comme des résolutions personnelles sur la voie de la paix intérieure. Après la modération et la bienveillance, voici la résolution du bonheur.

Troisième résolution : être heureux.« Je serai heureux, rien qu’aujourd’hui, dans la certitude d’avoir été créé pour le bonheur, non seulement dans l’autre monde mais également dans celui-ci. »

Dans le monde de la santé, il n’y a qu’une obligation de moyens. Le médecin va s’employer du mieux qu’il peut à vous soigner, mais il sait, et vous aussi, que peut-être vous ne serez pas guéri. La médecine n’est pas une science exacte. Dans celui de l’ingénierie, des prestations de services, il y a souvent une obligation de moyens, et plus rarement de résultat. Les interdépendances, le nombre infini d’interactions et la vie d’un projet rendent chaotique la probabilité de son succès. Bref, l’aléa nous empêche parfois d’atteindre un objectif qui ne saurait être garanti.

Créé pour le bonheur

Avec cette troisième résolution, le saint pape Jean XXIII indique qu’il sera heureux. C’est un futur de l’indicatif qui implique que se réalisera cette affirmation (péremptoire ?). Cette prophétie ne souffre aucun doute, aucune contestation. C’est l’obligation de résultat que fuient les prestataires, parce qu’elle fait fi des aléas créés par tous les contextes de la vraie vie, et qui rendent possible l’échec : l’objectif n’est pas atteint, le malheur saura me rattraper.


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Oui, Dieu m’a créé pour être heureux dans l’autre monde. Toute l’histoire du salut nous le démontre depuis ce moment où le verbe de Dieu s’est incarné dans le corps d’une jeune juive nommée Marie, depuis qu’Il a accepté de mourir en croix pour le rachat de nos péchés, et surtout depuis qu’il a vaincu la mort au matin de la première Pâques chrétienne. Les paraboles du Royaume de Dieu qu’Il nous a données nous parlent aussi de ce bonheur futur. Je sais que si le bon Dieu dispose d’assez de miséricorde pour traiter mon cas personnel, et surtout s’il veut bien m’en allouer assez malgré mon indignité, je serai, dans la communion des saints et des moins saints comme moi, indiciblement heureux. Que je ne sache pas imaginer quelle forme prendra mon bonheur d’éventuel élu n’y change rien. Alors oui, je me réjouis de savoir que j’ai été créé pour ce bonheur futur et j’en rends grâce à Dieu.

Et sur la terre ?

Mais le saint pape Jean XXIII et moi-même avons-nous été créés pour atteindre le bonheur sur terre ? Si nous tous, frères en humanité, nous faisions de notre liberté le meilleur emploi possible, si, dociles aux suggestions de l’Esprit saint, nous choisissions d’aimer vraiment Dieu et notre prochain, si nous œuvrions pour de vrai à l’avènement du règne de notre Père sur la terre et dans nos cœurs, alors le monde serait indubitablement plus heureux, ou moins malheureux. Mais il y aurait toujours l’amour humain déçu, les limites qui nous contraignent, les accidents et leurs conséquences, la maladie, la mort et la séparation qu’elle crée. Ce mieux ne serait sans doute pas un bonheur parfait, complet. Et Dieu ne peut ignorer que dans son monde, il existe des circonstances qui nous rendent malheureux, sans qu’Il soit pour autant responsable de ce qui nous peine. Alors ce présent de l’indicatif du « je serai heureux » me chiffonne. Il témoigne d’un optimisme exagéré. J’aimerais être heureux, et je sais que certains jours, je ne le serai pas, quoi que je puisse décider.




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Il suffit d’aimer

Dieu m’a donné des milliards de frères et de sœurs que je devrais aimer et servir, en priorité ceux qui souffrent, et chacun de leurs visages devrait ressembler pour moi à celui du Christ. Et ce simple fait de les aimer et de les servir me rendrait heureux, si j’étais capable de m’y astreindre. Et pourtant, quelle différence entre la joie de vivre rayonnante d’une sœur Emmanuelle criant « Yallah » à un âge plus que canonique et l’austérité de sainte Mère Teresa de Calcutta. Toutes les deux ont œuvré saintement pour ces Christ qui se cachent derrière chaque miséreux, mais l’une d’elle, dans sa nuit de la foi, ne dût-elle pas souffrir atrocement ? « Dans la maison de mon père / il y a de nombreuses demeures » (Jn 14, 2). L’amour comble toujours.




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Et si demain, Dieu me demande de sacrifier ma vie pour ma foi ? Si son Esprit me fait comprendre qu’Il souhaite que j’ajoute mon nom à la liste des martyrs qui sont morts et meurent encore aujourd’hui ? C’est une pure spéculation, certes. Mais après l’assassinat du père Hamel, cette probabilité, aussi faible soit-elle, n’est pas nulle. Alors dans cette éventualité, j’aimerais pouvoir répondre « oui » à mon Dieu, en avoir le courage et la foi, et lui rendre la vie qu’il m’a donnée dans ce dernier témoignage. Mais en serai-je heureux dans ce monde pour autant ? Je ne crois pas que j’y parviendrais. J’aime la vie, elle est belle, Deo gratias ! Merci mon Dieu pour cette vie où nous pouvons contempler le rire des enfants !




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