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Roman : le Dormant d’Ephèse et le mystère de la foi

© Domaine public
Bateaux hollandais dans la tempête. Huile sur toile de Willem Van de Velde le Jeune.
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Sur fond de France anticléricale, de Paris littéraire des années 1920, de paysages orientaux, Xavier Accart explore dans son premier roman, Le Dormant d'Ephèse, la soif inextinguible de l'Homme et sa recherche de vérité.

Voici un premier roman qui ne manque pas d’ambition et qui plonge son lecteur dans les mystères de la foi. C’est un demi-siècle d’Histoire que retrace Le Dormant d’Ephèse, par le récit des vies séparées — mais entrelacées — d’un père et de celle de son fils. Deux hommes séparés par un drame initial au cœur de la Bretagne du début du XXe siècle, sur ces terres catholiques dont la foi des habitants est mise à l’épreuve par la politique anticléricale, si ce n’est anticatholique, du gouvernement Combes. La République souhaite alors s’attaquer aux congrégations religieuses et, au-delà, « éteindre les lumières du Ciel », comme l’exprima dans un fameux discours René Viviani.

C’est au cours de cette révolte d’un peuple qui défend sa foi que se joue donc l’acte de départ du destin tragique du jeune Renaud, fervent catholique opposé à son père, plus voltairien que chrétien. Alors que l’on s’apprête à fêter à Tréguier l’installation de la statue d’Ernest Renan qui célébrait « les dieux morts » et dénonçait ce qu’il appelait les « chaînes » de la religion, des troubles éclatent dans la petite ville. Ils opposent les catholiques, qui y voient une provocation, et les autorités républicaines qui veulent promouvoir ce grand esprit de la nation. C’est dans ce mouvement de révolte que Renaud tue involontairement un gendarme. Contraint à fuir, il abandonne l’amour de sa vie, Mari, alors enceinte. C’est après son engagement dans la marine marchande qu’il commence alors une vie d’errance, tel Ulysse loin d’Hélène et de Télémaque sans pouvoir jamais, lui, rentrer dans son foyer comme le héros grec. Après plusieurs années en mer, c’est vers l’Orient que son périple prend fin. Sur les terres d’Afrique du Nord où Ernest Psichari et Charles de Foucauld eurent leurs plus puissants élans mystiques. Une terre et ses déserts où il luttera contre le poids de ses erreurs et son incapacité à aimer depuis l’abandon de la femme de sa vie et de son enfant. S’y dérouleront des rencontres comme celle du singulier René Guénon, celle d’un vieil évêque catholique accompagnant sa lente métamorphose intérieure, ou celle d’un vieil ermite éthiopien capable de porter les hommes vers la sainteté.

Des deux côtés de la Méditerranée

De l’autre côté de la Méditerranée, Malques, son fils, élevé par sa mère et devenu adulte, parcourt le Paris des surréalistes et les cénacles littéraires. Comme son père, qui lui est pourtant inconnu, il est porté vers l’Orient et vers une quête spirituelle, l’approfondissement de sa foi, loin des frivolités parisiennes. Des deux côtés de la Méditerranée, le père et le fils cherchent à retrouver la possibilité d’aimer, comme si la séparation avait brisé cette chaîne qui relie les cœurs entre eux. C’est en apprenant à s’accepter, et à accepter l’autre et ses fautes, qu’ils obtiendront enfin cette grâce. Difficile de ne pas penser ici à Bernanos qui écrivait dans le Journal d’un curé de campagne : « Il est plus facile que l’on croit de se haïr. La grâce est de s’oublier. Mais, si tout orgueil était mort en nous, la grâce des grâces serait de s’aimer humblement soi-même, comme n’importe lequel des membres souffrants de Jésus-Christ ».

Une quête menée sur plus d’un demi-siècle et rédigée avec une maîtrise littéraire qui s’affirme au fur et à mesure des pages de ce roman, qui nous amènera jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Les évocations de l’Orient et de la bataille de Bir Hakeim composent les plus beaux passages de ce récit qui embrasse toutes les nuances des émotions tragiques et où se joue un bouleversant drame individuel, au cœur de l’épopée collective de la France Libre. Un premier livre qui, en plus de ces multiples détours romanesques, nous livre aussi une réflexion profonde sur la foi et sur l’amour sur lequel elle repose.  

Le Dormant d’Ephèse, par Xavier Accart, éditions Tallandier, janvier 2019, 19,90 euros

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