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Ève Lavallière, splendeurs et misères d’une star devenue franciscaine

ÈVE LAVALLIÈRE
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Comédienne renommée et adulée du début du XXe, à l’égal de sa contemporaine Sarah Bernhardt, le nom d'Ève Lavallière est tombé dans l’oubli. La raison de cette indifférence réside sans doute dans sa fulgurante conversion spirituelle. Outrageusement moquée par la presse et par le monde du théâtre pour ses « bondieuseries », rejetée par bon nombre de couvents qui jugeaient sa conversion factice et la femme extravagante, elle est finalement entrée dans le Tiers-Ordre franciscain et a fini sa vie dans le dénuement le plus total.

De son vrai nom Eugénie Fénoglio, Ève Lavallière est une comédienne de théâtre adulée de la Belle Époque, notamment au Théâtre des Variétés. Elle épouse son directeur, Ferdinand Samuel, dont elle aura une fille, Jeanne. 1908 est sans doute l’année de son apogée. Tout Paris veut la connaître, les auteurs et les théâtres se l’arrachent à prix d’or, les rois et les princes européens ne passent pas à Paris sans venir l’applaudir. Elle est la Reine du Théâtre des Variétés, l’interprète des plus grandes comédies légères très en vogue à l’époque. Puis en 1917, à la suite de la dernière représentation de Carmenitta au théâtre Michel, Ève tombe malade et ne paraîtra plus jamais sur scène.

Sa rencontre avec l’abbé Chasteignier

Ève part se reposer en Touraine et loue un château près de Tours, à Chanceaux-sur-Choisille, administré par l’abbé Chasteignier. C’est ce brave prêtre, honnête et droit, qui conduit Ève à une profonde conversion. Une plaque de marbre se trouve d’ailleurs dans l’église de Chanceaux-sur-Choisille, sur laquelle on peut lire : « Dans cette église, Ève Lavallière se convertit et communia le 19 juin 1917. Ramenée à Dieu par l’abbé Chasteignier, curé. »

Geneviève Delaboudinière rapporte dans son livre Femmes de France Femmes de Feu une anecdote à l’origine de bien des changements dans la vie de la célèbre comédienne. Nous sommes en pleine Première Guerre Mondiale, Ève se promène dans le jardin de la propriété et trouve un cerisier bien fourni dont elle goûte les fruits. Le prêtre la surprend et lui dit : « Je vous loge, mais je ne vous nourris pas ». Ève, en bonne comédienne, a de la répartie et lui répond : « Elles sont belles, veloutées ; à Paris, elles sont froides quand elles arrivent sur la table. » « Je vous pardonne ; mais je ne vous ai pas vue à la messe, que je sache ? » « C’est vrai : laissez-moi manger des cerises et je viendrai à la messe. » Voilà comment Ève Lavallière, ne voulant pas faillir à sa promesse, commence à aller à la messe, puis à entretenir une correspondance avec le bon curé qu’elle considère comme son parrain en religion.

Son ardente conversion

La lecture de la vie de Marie-Madeleine, écrite par le père Lacordaire, bouleverse sa vie spirituelle et professionnelle. Elle annule tous ses contrats et mène une vie de prière et de pénitence dont le père Chasteigner a du mal à tempérer les ardeurs. Elle rompt définitivement avec son passé en allant faire ses adieux au Théâtre des Variétés. Elle écrira : « Une conversion, c’est dur les premiers mois et même les premières années. On passe en un moment des ténèbres à la lumière. Il y a des hésitations, des doutes, du clair-obscur. Seulement, lorsque le jour de la victoire sur soi-même se lève, quelle joie, quelle béatitude ! » (Ma conversion).

Elle souhaite entrer dans les ordres mais n’est acceptée dans aucune congrégation. Elle rentre finalement dans le Tiers-Ordre franciscain le 19 septembre 1920 et devient Sœur Ève-Marie du Cœur de Jésus. Mgr Lemaître, qui a pris la suite de l’abbé Chasteignier, l’intronise « missionnaire du Soudan » pour apaiser son chagrin de ne pas être acceptée comme religieuse. Elle entreprend de 1921 jusqu’au milieu de 1923 plusieurs voyages en Tunisie où elle distribue sa fortune, souhaitant vivre dans la pauvreté.

Malade, les derniers moments de sa vie ont été marqués par une intense souffrance, à la fois physique et morale. Son directeur spirituel dira : « La vie d’Ève Lavallière à la fin de sa course peut se résumer en deux mots : amour de Dieu et souffrance ». Elle décède le 11 juillet 1929, à Thuillières, dans les Vosges, et sera inhumée très simplement, dans l’habit franciscain, au pied du mur de l’église du village. Une croix de bois affiche cette épitaphe : « J’ai tout quitté pour Dieu. Lui seul me suffit. Vous qui m’avez créée, ayez pitié de moi. »

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