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Macron au Vatican : les enjeux de sa rencontre avec François

PREZYDENT FRANCJI

AP/EAST NEWS

I.Media - Publié le 24/06/18

Le président français Emmanuel Macron rencontrera pour la première fois le pape François le 26 juin 2018 au Vatican. Au cours de l’entrevue qui devrait durer une trentaine de minutes – avec interprète – les deux dirigeants devraient parler des relations entre l’Eglise et l’Etat français, mais aussi de nombreux sujets internationaux comme l‘environnement, les migrants ou les chrétiens d’Orient.

Dans un discours le 22 juin, le pape François avait estimé que les puissances mondiales semblaient se préoccuper uniquement de leur influence au Moyen-Orient, en se désintéressant du sort des chrétiens de la région. Lors de sa rencontre avec le pontife, le président français devrait tenter de le convaincre du contraire, que la préoccupation française pour ces minorités persécutés est bien réelle.


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Car si la République est laïque depuis 1905, la France est protectrice des communautés chrétiennes du Moyen-Orient depuis le 16e siècle. Le 25 septembre dernier, Emmanuel Macron avait considéré que “ce passé glorieux nous oblige” et avait assuré que la France aiderait les minorités religieuses “partout où elles défendent leur foi”.

“C’est la vocation de la France d’œuvrer pour que l’ensemble des minorités (…) soient défendues et protégées”, avait-il insisté le même jour devant le président libanais Michel Aoun. Le 29 mai, le président français a longuement reçu un autre Libanais, le patriarche maronite Becharaï Rai. Là aussi, la protection des minorités chrétiennes a été au cœur des échanges. De même que le 15 juin, lorsque Emmanuel Macron s’est entretenu avec Petros Mouche, archevêque syriaque catholique de Mossoul (Irak).

Le concours de la France en Afrique

La mission de protection de la France devrait également être abordée pour son rôle en Centrafrique. L’Hexagone est en effet intervenu dans ce pays en novembre 2013, pour mettre fin à la guerre civile qui risquait de tourner au génocide entre chrétiens et musulmans. Avant le déploiement de forces sous contrôle des Nations unies – là aussi sous l’impulsion de la France. C’est notamment grâce à la sécurité assurée par les forces françaises que le pape avait pu venir dans ce pays deux ans plus tard, en novembre 2015.


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Plus largement, dans l’avion de retour de Suisse le 21 juin, le pape François a demandé un “plan d’urgence pour investir intelligemment” en Afrique. La contribution française à l’Aide publique au développement (APD) de ce continent pourrait ainsi être évoquée. Consacrant actuellement 0,32% de son PIB au développement, la France se classe comme le quatrième contributeur mondial.

La question migratoire

Le phénomène migratoire, sujet central du pontificat, sera également discuté. Dans un entretien à l’agence Reuters le 20 juin, l’évêque de Rome avait estimé que les migrants arrivant en Europe ne pouvaient être “rejet[és]”. Pour lui, ils doivent être accueillis avec “étude et prudence”, et répartis sur le continent européen. Une position voisine de celle défendue par la France, qui demande la répartition des migrants selon des quotas. Toutefois, ce pays a accueilli au cours des dernières années nettement moins de migrants que d’autres pays de l’Union européenne, à commencer par l’Italie et l’Allemagne.


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Si l’audience du 26 juin sera la première rencontre entre les deux hommes, il ne s’agira toutefois pas du premier contact. En juin 2017, Emmanuel Macron avait téléphoné au pape François. Le président nouvellement élu tenait à remercier le Souverain pontife de son implication sur les questions climatiques. Ce sujet pourrait donc revenir dans leurs discussions. Tant le pape que le président français ont publiquement regretté le retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris de 2015.

La « laïcité à la française »

Par ailleurs, des questions de politique intérieure figureront probablement parmi les thèmes de discussion. En particulier la fameuse ‘laïcité à la française’. En mai 2016, avant l’élection d’Emmanuel Macron, le pontife avait adressé une “petite critique” à la France dans un entretien à la Croix : celle d’“exagérer la laïcité”. Il demandait ainsi que la religion ne soit pas vue comme une “sous-culture” et que la foi puisse s’exprimer “non pas à côté mais au sein de la culture”.


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Dans son discours aux Bernardins le 10 avril dernier, Emmanuel Macron a semblé abonder dans le même sens, considérant que “la laïcité n’a certainement pas pour fonction de nier le spirituel au nom du temporel, ni de déraciner de nos sociétés la part sacrée qui nourrit tant de nos concitoyens”. Alors qu’en 2015, le pape qualifiait l’Hexagone, devant de jeunes Français, de “fille aînée de l’Eglise bien infidèle”, Emmanuel Macron a signifié aux Bernardins son désir de “réparer“ le lien “abîmé” entre l’Etat et l’Eglise.

Toutefois, le président français demandait aussi que la voix de l’Eglise ne soit pas “injonctive” sur les sujets de bioéthique. Il est possible que le Souverain pontife, puissance invitante, revienne sur ces questions d’actualité en France. Si l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes figurait dans le programme électoral du candidat Emmanuel Macron, l’Eglise a toujours manifesté son opposition à cette pratique.


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