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Évêque de Mossoul : « Notre mission est de témoigner du Christ en Irak »

BISHOP YOHANNA PETROS MOUCHE
Jean-Matthieu GAUTIER/CIRIC
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De passage en France, Mgr Yohanna Petros Mouché, archevêque syriaque catholique de Mossoul (Irak), raconte la reconstruction de sa communauté dont la région a été ravagée par la guerre.

« Les djihadistes nous ont causé des soucis », explique avec pudeur l’évêque de Mossoul, la ville qui fut la « capitale » de l’État islamique en Irak pendant deux ans. À la veille d’une rencontre avec Emmanuel Macron, Mgr Yohanna Petros Mouché emploie lors d’une conférence à Saint-Ferdinand des Ternes à Paris, un doux euphémisme pour décrire les invraisemblables épreuves par lesquelles ses paroissiens et lui-même sont passés de 2014 à 2016.

« Pourquoi fallait-il qu’ils brûlent les maisons ? »

Pendant cette période, les 200 000 chrétiens de toute la plaine de Ninive ont dû vivre en exil. La plupart d’entre eux ont vécu dans les camps de réfugiés du Kurdistan irakien et beaucoup étaient tenté par l’émigration en Occident. Mgr Petros Mouché parlait à contre-courant lorsqu’il disait qu’il avait « confiance », et qu’il était persuadé « qu’un jour » les chrétiens rentreraient à Qaraqosh, la principale ville chrétienne de la région de Mossoul. Le 22 octobre 2016, la ville est libérée, et l’évêque affirme : « Vous pouvez rentrer, il n’y a plus de danger ».

Plus de danger, certes, mais une ville en ruine, marquée par le règne du pseudo-califat. Mgr Petros Mouché constate les dégâts et il admet aujourd’hui que son solide optimisme est entamé : « Je comprends bien que les djihadistes pillent les maisons. Mais ils en ont aussi brûlé, sans raison. Pourquoi fallait-il qu’ils brûlent les maisons ? »

© Fraternité en Irak

La reconstruction en marche

Malgré l’ampleur des destructions, 25 000 chrétiens sont déjà retournés à Qaraqosh. Avec le soutien d’associations comme Fraternité en Irak et l’Œuvre d’Orient, les chrétiens s’attellent à la reconstruction. Ils commencent par les maisons, à la demande expresse de l’évêque lui-même, qui leur donne la priorité. Il y a une seule exception à cette règle, et elle concerne le Mausolée de Mar Behnam.

Mar Behnam, est un martyr du IVe siècle. Son mausolée symbolise l’implantation profonde des chrétiens en Irak. C’est un lieu de pèlerinage aussi bien pour les chrétiens que pour les musulmans et les yézidis. Les djihadistes ne supportaient pas la vue de cet édifice, et l’ont détruit à l’explosif. Dès 2017, Mgr Petros Mouché s’est rendu auprès du maire de Mossoul pour lui demander d’embaucher des ouvriers municipaux afin de déblayer les gravats qui recouvraient le site. Ce à quoi le maire a répondu : « Vous les aurez, et je ne vous ferai rien payer ». C’est ainsi que l’on vit une dizaine de musulmans sunnites travailler aux côtés de chrétiens irakiens et de volontaires français, sous une chaleur de 40°C, en juin 2017.

Mar Behnam a retrouvé sa coupole

Par bonheur, l’architecte volontaire de Fraternité en Irak, Guillaume, a constaté que la plupart des éléments patrimoniaux importants pouvaient être sauvés. Les parties fragilisées ont été démontées, puis le mausolée a été reconstruit à l’identique, à l’aide de briques anciennes et de chaux. Le dôme du tombeau s’élève à nouveau en 2018, trois ans après sa destruction.

À cette reconstruction hautement symbolique s’ajoute bien entendu celle des habitations, mais aussi celle des artisanats locaux, condition indispensable à la réinstallation des chrétiens dans leur ville. Fraternité en Irak a notamment permis à 43 artisans de reprendre leur activité, employant 170 personnes.

Mais plus encore que des solutions matérielles, il faut à ces chrétiens l’assurance qu’ils pourront à nouveau vivre en sécurité dans leur terre ancestrale. Mgr Petros Mouché croit que c’est possible et note un changement dans la mentalité des jeunes musulmans : « Quand ils me voient, certains d’entre eux demandent à être pris en photo avec moi », s’amuse-t-il. Et il s’oppose à la tentation de ceux qui voudraient créer une zone autonome chrétienne dans la plaine de Ninive. Aux yeux de l’évêque, les chrétiens n’ont pas vocation à vivre entre eux, déconnectés de leurs concitoyens : « Notre mission est de témoigner du Christ en Irak », rappelle-t-il.

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