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Attention, ces apparitions n’ont jamais été reconnues par l’Église

Trevignano

AFP

La Vierge de Trevignano, Italie.

Philip Kosloski - La rédaction d'Aleteia - publié le 20/04/18 - mis à jour le 07/03/24

Parmi les nombreux cas d’apparitions présumées, peu ont été officiellement reconnues par l’Église. Alors que l'évêché local a rejeté mercredi 6 mars 2024 les prétendues apparitions de Trevignano, près de Rome, Aleteia revient sur celles qui n'ont jamais été reconnues.

À l’heure des fake news, il est intéressant de voir la façon dont l’Église traite ces questions d’authenticité et de véracité auxquelles elle est régulièrement confrontée, notamment en ce qui concerne les miracles et les apparitions. L’Église doit parfois se prononcer sur des prétendues apparitions ou des guérisons présumées. Ces cas qui lui sont rapportés sont pour la plupart finalement invalidés. Aussi, si l’on s’intéresse plus précisément à la question des apparitions, sur des milliers d’apparitions présumées de la Vierge Marie au cours des siècles, seules 17 ont été approuvées à travers le monde, la dernière en date étant celle de San Nicolas (Argentine), datant de 1983 et reconnue le 22 mai 2016. Pour arriver à ces conclusions, des enquêtes canoniques minutieuses sont organisées au niveau des diocèses et, dans des cas plus particuliers, au Vatican.

Les critères du Vatican

C’est l’évêque du diocèse où a eu lieu l’apparition présumée qui décide, ou non, de lancer une enquête canonique. Une commission d’enquête constituée d’experts (religieux et laïcs) est alors instituée. En fonction des conclusions de l’enquête, l’évêque décide de valider, ou non, le caractère surnaturel et authentique de l’apparition. Il peut aussi demander à ce que les recherches soient approfondies. Dans des cas particulièrement difficiles, il peut s’adresser à la conférence épiscopale de son pays. Enfin, dans des cas très rares, le Pape lui-même peut décider d’instituer une commission d’experts internationaux. Ce fut notamment le cas pour les apparitions présumées de Medjugorje, pour lesquelles Benoît XVI diligenta une enquête.

Une enquête très réglementée

En 2012, le Vatican a publié les normes de l’Église catholique en cas d’apparitions et autres phénomènes surnaturels. Établies par la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF), elles datent en réalité de 1978, mais n’avaient pas été rendues publiques jusque-là. Dans ces normes figurent notamment des critères « positifs » et « négatifs » visant à aider les évêques à juger du caractère authentique des apparitions ou révélations présumées. En fonction de ces critères (moralité, honnêteté, santé psychique du voyant, “docilité envers les autorités ecclésiales”, conformité de l’apparition avec la doctrine théologique de l’Église, “fruits spirituels” découlant de l’apparition…), il appartient à l’autorité ecclésiastique de “permettre certaines manifestations publiques de culte ou de dévotion, tout en les observant avec la plus grande prudence (ce qui équivaut à la formule : ʺpro nunc nihil obstareʺ ) ; enfin, à la lumière du temps et de l’expérience (en particulier l’abondance des fruits spirituels procurés par la nouvelle dévotion), porter, le cas échéant, un jugement sur l’authenticité et le caractère surnaturel.”

La prudence de l’Église

L’Église s’est toujours montrée très prudente quant à la reconnaissance des apparitions privées. De nos jours, à l’heure où les médias occupent une place prépondérante dans nos sociétés, elle se doit d’examiner chaque cas avec une attention extrême, tout phénomène pouvant prendre très rapidement une ampleur importante et venir perturber la foi des fidèles. Voici des exemples d’apparitions récentes qui, après avoir fait l’objet d’une enquête approfondie, ont finalement été invalidées par les autorités ecclésiales.


Trevignano, Italie

Depuis 2016, sur les rives du lac de Bracciano, à quelques kilomètres de Rome, Gisella Cardia (Maria Giuseppa Scarpulla à l’état civil) rassemble chaque mois autour d’elle des centaines de fidèles pour une “apparition” de la Vierge Marie sur une colline du Lazio. La commission de théologiens, canonistes et psychologues a pourtant décelé de nombreuses erreurs théologiques, ainsi que plusieurs incohérences dans le discours de la présumée voyante. Après neuf mois d’une enquête menée dans son diocèse, Mgr Marco Salvi, a publié un décret ce 6 mars 2024 établissant que ce phénomène n’avait “aucune valeur ecclésiale” et n’était en rien surnaturel.


Itapiranga, Brésil

La Vierge serait apparue plusieurs fois dans cette petite ville du Brésil, parfois accompagnée de saint Joseph ou de Jésus, à un jeune homme du nom d’Edson Glauber. Ces visions se seraient déroulées entre 1994 et 2001, peut-être plus tard. Reconnues par l’évêque local, Mgr Carillo Gritti, elles n’ont en revanche pas été reconnues par l’Église qui les a déclarées inauthentiques le 7 février 2017.


Cleveland, États-Unis

Dans cette ville de l’Ohio, une femme du nom de Maureen Sweeney-Kyle aurait reçu diverses visions célestes. Elle aurait reçu plusieurs missions, dont celle de créer le ministère du Saint Amour,un apostolat œcuménique de laïcs installé dans un sanctuaire construit d’après les visions de la voyante. Après une enquête de l’évêque local assortie d’une étude approfondie des visions et des messages délivrés, il fut déclaré le 11 novembre 2009 que les visions n’étaient pas de nature surnaturelle et que par conséquent, les fidèles ne devaient pas y adhérer ni se rendre dans le sanctuaire.


Necedah, États-Unis

Entre le 12 novembre 1949 et le 7 octobre 1950, Mary Ann Van Hoof déclara avoir reçu des visions de la Vierge Marie dans sa maison située dans le Wisconsin. Le 15 août 1950, plus de 100 000 personnes vinrent à Necedah pour assister à une vision. Le lieu commençant à attirer les foules, un sanctuaire fut construit. Mais cinq ans plus tard, en 1955, l’évêque déclara que les visions n’étaient pas authentiques, déclaration qui fut entérinée par ses successeurs.


Dublin, Irlande

En Irlande, une femme surnommée “Maria de la Divine Miséricorde” déclara en 2014 avoir reçu divers messages du ciel concernant notamment des prophéties, qu’elle partageait sur son site Internet fréquenté par plus de 400 000 lecteurs tous les jours. Elle publia également ces messages dans des livres et fit éditer une “médaille du salut”. Depuis, l’évêque local a déclaré que “ces messages et supposées visions ne sont pas approuvés par l’autorité ecclésiale et que nombre des textes entrent en contradiction avec la théologie catholique” et le site Internet a été fermé.


Lipa, Philippines

En 1948, la Vierge serait apparue plusieurs fois à une sœur carmélite, soeur Teresita, au sein de son couvent. D’abord vues d’un œil favorable par l’évêque, ces apparitions furent finalement rejetées officiellement en 1951. Dans les années 1990, l’évêque de Lipa décida d’ouvrir à nouveau le dossier. Une nouvelle commission étudie le cas des apparitions. En 2015, l’évêque signa un décret les déclarant comme authentiques. Mais le 1er décembre 2015, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi émit un décret publié le 31 mai 2016 stipulant que les apparitions n’étaient pas authentiques, annulant ainsi toutes les décisions antérieures.


Agoo, Philippines

Une personne du nom de Judiel Neva déclara avoir reçu des visions et des pouvoirs de guérison entre 1989 et 1993. Après un examen approfondi des visions et des messages reçus, il fut déclaré que ceux-ci n’étaient pas de nature surnaturelle (Constat de Non Supernaturalitate). Une deuxième commission confirma cette déclaration en 1996.


Rochester, États-Unis

À Rochester dans l’État de New York, un homme du nom de John Leary déclare recevoir régulièrement des messages de Jésus et de Marie depuis une visite à Medjugorje en 1993. Depuis, il a publié ces messages dans de nombreux ouvrages ainsi que sur Internet. Le 7 juillet 2000, l’évêque local a déclaré que les messages étaient d’origine humaine et non divine.


Denver, États-Unis

En 1990, une femme du nom de Theresa Lopez déclara avoir eu des visions de la Vierge Marie au sanctuaire Mère Cabrini à Denver, au Colorado. Un jour, des milliers de personnes s’y rassemblèrent pour assister à une apparition en regardant le soleil. Theresa Lopez affirma qu’elle avait vu la Vierge vêtue d’un vêtement doré, auréolée de lumières roses. Quelques autres personnes déclarèrent avoir vu des signes surnaturels dans le ciel, mais la plupart avaient simplement été éblouies par les rayons du soleil. Après enquête, l’archevêque de Denver J. Francis Stafford publia un décret le 9 mars 1994 déclarant que les apparitions n’étaient pas d’origine surnaturelle et demandant aux fidèles de n’entretenir aucun culte autour de ces apparitions.


Kérizinen, France

La Vierge Marie et le Christ seraient apparus à Kerizinen, dans le Nord Finistère, près du village de Plounévez-Lochrist, à Jeanne-Louise Ramonet (1910-1995), une jeune paysanne de 28 ans, entre 1938 et 1968. Un petit oratoire y a été érigé en 1956, puis un grand, en 1978. Si des pèlerins s’y réunissent encore, plusieurs enquêtes canoniques, menées par les différents évêques locaux qui se sont succédé, jusqu’à Mgr Dognin, actuel évêque de Quimper et Léon, n’ont pas donné de suite favorable à une reconnaissance officielle de l’Église. 

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Apparitions
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