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Cyrille et Méthode, deux frères exceptionnels pour l’Europe

CIRIL METOD
TATJANA SPLICHAL | DRUŽINA
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Portrait des deux frères de Thessalonique, co-patrons de l'Europe, qui ont évangélisé les peuples slaves en pratiquant une méthode d’inculturation dont l’Église, plus de 1000 ans après leur mort, s’inspire encore aujourd’hui

Cyrille ou Constantin le philosophe (827-869) et Méthode (815-885), originaires de Thessalonique, en Grèce, sont deux frères, inséparables depuis leur enfance. Tellement inséparables que leur amitié fraternelle est devenue une vocation commune et qu’ensemble ils ont travaillé au Règne de Dieu, évangélisant les peuples slaves de l’Europe centrale. Leur œuvre est reconnue si brillante qu’ils ont reçu tous deux le titre de de co-patrons de l’Europe avec saint Benoit, attribué par saint Jean Paul II, plus de mille ans après leur mort (1980).

Unis, alors que tout les séparait…

Avant d’entrer en religion, Cyrille – qui s’appelait alors Constantin – et Méthode, étaient deux fonctionnaires de l’Etat, l’ainé dans l’administration provinciale et le cadet dans la diplomatie. Puis Méthode est entré en religion vers l’âge de 40 ans et lui Cyrille, fin philosophe, a poursuivi sa carrière de diplomate.

Tout semblait dorénavant devoir séparer ces deux frères si unis. Mais un beau jour, vers 860, l’empereur byzantin Michel III, avec l’appui du pape Hadrien II, convoque le jeune Constantin et lui demande de se rendre en mission chez les Khazars, peuple turc barbare établi au nord de la Mer Noire, pour les christianiser. Pour cela, Constantin va chercher son frère au monastère du mont Olympe de Bithynie, trop heureux de pouvoir mettre tout son art et son intelligence au service de l’Eglise et de le faire avec lui. Il entrera d’ailleurs lui-même en religion, neuf ans plus tard, sur son lit de mort, revêtant alors l’habit monastique, comme son frère, sous le nom de Cyrille.

Le génie et l’homme de prière

Les voilà partis sur les routes de l’Europe. Cyrille, le cadet, guide Méthode, l’ainé, qui a décidé de se mettre à son service et de le suivre fidèlement tout au long de son sacerdoce. Ils rentrent de mission deux ans plus tard après avoir accompli de nombreuses conversions au christianisme. Renvoyés aussitôt en Moravie pour évangéliser les peuples slaves et créer une Église de rite oriental. L’empereur a pensé : les deux frères, par leur mère, parlent le dialecte slave de Macédoine, ils auront des facilités pour leur enseigner une liturgie dans leur langue.

Mais en arrivant sur place, Cyrille se rend vite compte que les lettres grecques ou romaines sont insuffisantes pour reproduire tous les sons de cette langue si particulière. Convaincu que que la foi s’appuie sur l’œuvre écrite, il décide alors d’inventer un alphabet qui lui permet de traduire une bonne partie de la bible et des textes liturgiques dans leur langue. Et petit à petit les Églises qui utilisent le slavon se remplissent et les autres se vident. La mission est couronnée de succès au grand dam des clercs germaniques qui régnaient en maitres jusqu’ici et qui leur reprochent de brader les textes sacrés et d’y mettre des germes d’hérésies en utilisant une langue vulgaire. A l’époque, seuls l’hébreu, le grec et le latin étaient les langues permises pour louer Dieu. Mais le pape Hadrien soutient les deux frères et leur demande alors de rentrer à Rome.

Pluie de conversions

Sur le chemin du retour, Cyrille et Méthode continuent de prêcher la Bonne Nouvelle et, de Moravie en Italie, les conversions d’hommes et de femmes se multiplient, tandis que l’alphabet à peine inventé se répand en Pannonie, située à cheval sur les actuelles Autriche, Hongrie, Slovaquie, Slovénie, Croatie, Serbie et Bosnie-Herzégovine. Ils profitent de ce succès pour demander en retour la libération d’un millier de prisonniers étrangers aux princes de Moravie et de Pannonie. Ils rentrent également avec les reliques de saint Clément, pape et martyr du Ier siècle, dont ils ont retrouvé les restes, comme par enchantement — en pleine Mer Noire guidés par une forte odeur d’huile et d’encens — alors que l’ile sur laquelle était censée reposer son corps était engloutie depuis longtemps. A Rome, une église lui a immédiatement été dédiée et ses reliques y ont été déposées dans la plus grande vénération.

Après Cyrille

Et puis Cyrille est tombé malade. Il est mort en 869. Et comme de juste, son corps a été enseveli dans la basilique Saint-Clément. Comme son frère voulait, Méthode, après l’avoir servi avec dévotion durant la maladie, a continué d’être l’apôtre des slaves, en faisant fructifier son oeuvre évangélisatrice, sans se se soucier des détracteurs qui n’admettaient toujours pas sa liturgie et l’accusait d’hérésie. Ils réussirent d’ailleurs à le faire jeter en prison. En 879-880, le pape Jean VIII, après avoir obtenu sa libération au bout de deux ans d’emprisonnement, le consacra évêque du royaume de Grande Moravie. Méthode est mort seize ans après son frère, en 1885.

Des siècles après leur action, l’alphabet inventé par Cyrille est celui dont se servent encore aujourd’hui les Russes et d’autres peuples d’Europe de l’Est. Et ils sont vénérés comme apôtres des slaves. Le pape Jean Paul II, en plus de les proclamer co-patrons de l’Europe,  leur a consacré, en 1985, une encyclique, Slavorum Apostoli, à l´occasion du XIe centenaire de leur œuvre d’évangélisation. Œuvre qui reste source d’inspiration et d’action pour l’Église encore aujourd’hui.

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