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Le Kulturkampf ou comment l’Église a résisté aux attaques du chancelier Bismarck

KULTUREKAMPF
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Le 5 février 1875, le pape Pie IX condamnait dans son encyclique Quod numquam les lois et le Kulturkampf du chancelier Otto von Bismarck.

Entre 1871 et 1878, le chancelier impérial Bismarck a tenté d’affaiblir la présence des catholiques en Allemagne. Mais confronté pendant sept ans à l’unité de l’Église et des catholiques, il a finalement du renoncer.

En 1871 lorsque la naissance de l’Empire allemand est proclamée dans la galerie des Glaces du château de Versailles par Guillaume Ier, alors roi de Prusse. Il vient de vaincre la France et de réaliser autour de son royaume l’unité de l’Allemagne après des siècles de divisions entre micro-États et principautés rivales.

Le roi de la Prusse protestante devient ainsi l’empereur de ce nouvel empire et doit composer avec plus de 35% de sa population de confession catholique. Otto von Bismarck, lui qui avait voulu bâtir l’unité des Allemands non pas par la diplomatie mais « par le sang et le fer » et jusqu’alors ministre-président du Royaume de Prusse, devient le chancelier de l’Empire allemand.

Face à la puissance de la Prusse au sein de l’Empire allemand, les catholiques apparaissent comme une force d’opposition au nationalisme prussien. Que ce soit à cause des catholiques lorrains et alsaciens qui souhaitent une plus grande autonomie, des catholiques polonais qui se désolidarisent de l’Empire allemand, ou encore des catholiques de Bavière et de la région de Cologne qui se méfient du monopole de la Prusse sur l’Empire allemand, les catholiques apparaissent comme les représentants des principaux particularismes qui peuvent tenir tête à la domination culturelle de la Prusse.

Une répression globale

Les catholiques, dans le giron d’une puissance étrangère à l’Allemagne, Rome, apparaissent comme de potentiels traîtres à la nation allemande, contrairement aux protestants, pour la plupart luthériens, qui représentent une spiritualité qui semble intrinsèquement allemande. On reproche ainsi aux catholiques de n’être pas de vrais Allemands. Et Otto von Bismarck fait adopter une série de texte dirigés contre les catholiques. C’est le Kulturkampf ou « combat pour un idéal de société ». Il traduit une volonté de séparer État et Église et de faire accepter aux catholiques le primat du temporel sur le spirituel. Ce que conteste les fidèles et le Vatican.

De 1871 à 1878, le Kulturkampf va crescendoAinsi, avec le Kanzelparagraph, le « paragraphe de la chaire », voté en 1871, il est interdit aux prêtres en chaire de parler de politique sous peine d’une sanction d’emprisonnement de deux ans ferme. En 1872, les établissements jésuites sont interdits sur tout le territoire. En 1873, les « lois de mai » décident de l’affectation des ecclésiastiques. En 1875, les subventions publiques sont coupées pour les institutions qui ne se soumettent pas. Tous les ordres religieux catholiques sont expulsés d’Allemagne et leurs biens, écoles et couvents confisqués. Des prêtres réfractaires sont déchus de leur nationalité.

Des catholiques soudés

Les mesures dirigées contre l’Église, les prêtres et leur influence contribuent cependant à souder les catholiques entre eux et à accentuer la conscience qu’ils ont de former une communauté au-delà de la lutte des classes et des autres oppositions sociales. Le Kulturkampf a donc l’effet inverse de celui escompté. Unis au sein d’un parti politique, le Zentrum, ils acquièrent un poids politique considérable qui rend leur soutien indispensable.

Le Zentrum est à cette époque le seul parti populaire qui regroupe ouvriers, bourgeois, nobles et paysans. Dans ces années là, les catholiques allemands votent ainsi à 80 % pour ce parti qui regroupe des aspirations sociales dans la lutte contre la pauvreté et des exigences chrétiennes. Otto von Bismarck est donc obligé de composer avec lui. Profitant de l’élection au pontificat de Léon XIII, le chancelier mène alors une politique d’apaisement, conscient que les catholiques sont comme un allié indispensable, notamment face aux socialistes athées qui deviennent de plus en plus puissants au sein des mouvements ouvriers. La situation s’apaise à partir de là et se conclura diplomatiquement quelques années plus tard.

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