Recevez la newsletter d'Aleteia chaque jour!
Et si vous receviez de bonnes nouvelles chaque matin ? Inscrivez-vous à la newsletter d'Aleteia !
Je m'inscris!
Aleteia

Sainte Clotilde, mère de la France chrétienne

Partager

L’épouse de Clovis, que le martyrologe romain célèbre le 4 juin, est un modèle de sainteté admirable qui s’inscrit dans le sillage de la Sainte Vierge Marie. En voici deux raisons.

Fêtée par l’Église le 4 juin, sainte Clotilde, reine de France, est aujourd’hui encore une source d’inspiration et un modèle grâce à la foi et la détermination qu’elle dégage. C’est elle qui amena son époux Clovis, roi des Francs, à se convertir au christianisme.

Une mère dévouée

Mère des enfants de Clovis, sainte Clotilde est aussi mère de la France chrétienne. C’est elle que Dieu a choisi pour mener Clovis à la foi, lui et nombre de ses guerriers, et toute la France avec eux. Saint Grégoire de Tours fait le récit de cette belle intercession (Livre II XXVIII-XXX) :

Il arriva, en effet, que le conflit des deux armées dégénéra en un violent massacre et que l’armée de Clovis fut sur le point d’être complètement exterminée. Ce que voyant, il éleva les yeux au ciel et le cœur plein de componction, ému jusqu’aux larmes, il s’écria : “O Jésus-Christ, que Clotilde proclame fils du Dieu vivant, toi qui, dit-on, donnes une aide à ceux qui peinent et qui attribues la victoire à ceux qui espèrent en toi, je sollicite dévotement la gloire de ton assistance ; si tu m’accordes la victoire sur ces ennemis et si j’expérimente la vertu miraculeuse que le peuple voué à ton nom déclare avoir mise à l’épreuve, je croirai en toi et je me ferai baptiser en ton nom. J’ai, en effet, invoqué mes dieux, mais comme j’en fais l’expérience, ils se sont abstenus de m’aider ; je crois donc qu’ils ne sont doués d’aucune puissance, eux qui ne viennent pas au secours de leurs serviteurs. C’est toi maintenant que j’invoque, c’est à toi que je désire croire pourvu que je sois arraché à mes adversaires.” Comme il disait ces mots, les Alamans, tournant le dos, commencèrent à prendre la fuite et quand ils s’aperçurent que leur roi avait été tué, ils firent leur soumission à Clovis en disant : “Ne laisse plus, de grâce, périr des gens ; nous sommes à toi désormais.” Il raconta à la reine comment en invoquant le nom du Christ il avait mérité d’obtenir la victoire. Ceci s’accomplit la quinzième année de son règne.

En obtenant, par sa piété, la conversion de son époux, elle fit de la France un royaume chrétien. Elle avait ainsi accompli les deux missions que Dieu lui avait données : la conversion de son mari et le salut de la France, qui en fut le fruit. Sa vie ne fut que patience, bienveillance et douceur face à cet homme barbare que la foi même peinait à rendre moins sanguinaire.

Une mère blessée

Il existe une part de la vie de sainte Clotilde moins connue : sa maternité. Elle donna trois enfants à Clovis. Dans ses vieux jours, elle eu la grande douleur de voir l’un d’eux assassiner ses petits enfants. Mais bien avant cela, elle connut l’une des douleurs les plus dures aux cœurs des mères : elle perdit un enfant tout juste né et baptisé. Alors que son mari dans une cruauté inouïe la rendait responsable de cette mort (« C’est votre Dieu, qui est la cause de la mort de l’enfant ; si je l’avais consacré aux miens, il vivrait encore »), elle répondit ce que peu de femmes sont en mesure d’accepter après un tel drame : « Je remercie Dieu de ce qu’Il m’a jugée digne de mettre au monde un fils qui est maintenant dans le Ciel ».

Elle reçut la palme de la sainteté qu’elle avait tant méritée, le 3 juin 545, après s’être retirée dans le silence, la prière et les aumônes dans un couvent de Tours. Sa fécondité blessée, après son premier enfant, fut mille fois récompensée lorsqu’elle devint mère d’une patrie entière, la plaçant à la droite de la Sainte Vierge sur le trône de France.