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Le baptême qui a changé l’Histoire de France

The Baptism of Clovis - Remi de Reims - Saint Remi
Le baptême de Clovis par saint Rémi de Reims
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En baptisant Clovis, le roi des francs, en 496, Remi, le saint évêque de Reims que nous fêtons ce 15 janvier, se fraye une place de choix parmi les fondateurs de la France chrétienne.

À l’âge de 22 ans, lorsque Rémi (437-533), issu d’une grande famille de la société gallo-romaine, est élu évêque de Reims, le Seigneur manifeste son approbation avec éclat : « Un rayon de lumière parut sur son front et une onction céleste embauma et consacra sa tête », rapporte l’abbé Louis Moreri, un grand érudit français du XVIIe siècle, dans son Grand dictionnaire historique.

Après une naissance considérée comme « miraculeuse » — car né d’une mère (sainte Céline) déjà avancée en âge —, une jeunesse passée à pratiquer les vertus chrétiennes –  secourir les malheureux, protéger les veuves, nourrir les orphelins — la suite de sa vie est une succession de merveilles. Mais il en est une, la plus grande, qui a changé radicalement le cours de l’histoire : le baptême de Clovis, premier roi des francs, le 25 décembre 496 qui ouvrira la voie à tous les futurs rois de France catholiques que le pays allait compter.

Le doigt de Dieu

En effet, « les conséquences de cette conversion — et celles de 3000 guerriers francs avec lui — furent incalculables car, tout d’abord, elle sauva l’Église de l’arianisme et, en baptisant et sacrant la race royale des Francs, comme l’aînée de toutes les maisons souveraines, elle assurait à l’Épouse du Christ une protection utile à sa pérennité », souligne un bel article de l’Association Notre-Dame de Chrétienté, sur le rôle de saint Remi et de l’Église dans le baptême de Clovis. Que Dieu y ait mis le doigt en multipliant les miracles pour attester sa volonté, saint Remi le reconnaît lui-même dans son Testament :

« Parce que Clovis vit que de tous les évêques des Gaules, je fus celui qui travaillait le plus à la foi et à la conversion des Francs, Dieu me fit tellement trouver grâce à ses yeux, ainsi que la vertu divine du Saint-Esprit qui se servit de moi, pauvre pécheur, pour opérer une multitude de miracles pour le salut de  ladite nation des Francs, qu’il ne se contenta pas de restituer  aux églises les biens qu’il leur avait pris, mais encore qu’il en enrichit beaucoup d’autres de ses propres deniers. »

Le songe de Rémi

Plusieurs personnes ont joué un rôle dans la conversion de Clovis : en premier lieu sa femme, Clotilde, la pieuse catholique, qui n’a jamais cherché à lui imposer sa religion mais « a patiemment instillé dans son cœur les paroles du Christ et les merveilles de Dieu » (Le livre des merveilles) ; mais aussi saint Martin, sur la tombe duquel il s’était rendu à Tours, et comprit que le Dieu de son épouse n’est pas un dieu guerrier, avide de victoires militaires, mais un Dieu d’amour ». Et puis Vaast l’ermite qui parle avec Clotilde, à qui il demande d’être instruit aux choses de Dieu et qu’il recommandera à son ami et évêque pour aller catéchiser dans les villages. Mais c’est Remi, en lui offrant l’appui de l’Église, et reconnaissant sa légitimité politique, qui le convaincra d’embrasser la foi chrétienne. Il assure au futur converti qu’il a reçu en songe le destin glorieux qui attend la Gaule et ses souverains, défenseurs de la foi chrétienne et l’assurance de la protection de la Vierge Marie.

Naissance d’une identité

Le baptême, reçu à Reims le 25 décembre 496 des mains de l’évêque Remi, marque un tournant décisif dans l’histoire de la nation franque et ouvre une destinée : la vocation de la France. Le pape saint Anastase ne cache pas sa joie pleine d’espérance, et écrit au roi converti :

« Le siège de Pierre tressaille d’allégresse, en voyant la multitude des nations remplir le filet que le pêcheur d’hommes, le porte- clef de la Jérusalem céleste, a reçu mission de jeter dans le monde (…) Soyez glorieux et illustre fils, la joie de votre Mère et son rempart inexpugnable. Nos malheureux temps ont vu bien des défections ; notre barque est assaillie, comme dans une tempête, par la malice et la perfidie des hommes. Mais nous espérons contre toute espérance et nous adressons nos hymnes d’action de grâces au Seigneur Jésus qui vous a arraché à la puissance des ténèbres. En donnant à l’Eglise un roi tel que vous, Il lui envoie un protecteur capable de la soutenir et de la défendre. Courage donc, glorieux et bienaimé fils ! Que le Dieu tout-puissant daigne étendre le secours de son bras sur votre Sérénité et sur votre royaume ; qu’il ordonne à ses anges de vous garder dans toutes vos voies et vous accorde la victoire sur vos ennemis ».

Par sa conversion et ses victoires contre les ennemis de la chrétienté occidentale, Clovis inspirera d’autres conversions royales en Europe. L’évêque Remi, devenu quant à lui le premier lien solide entre le pouvoir politique et l’Église, enverra des missionnaires évangéliser les francs dans toute la Gaule et installera de nouvelles églises sur le territoire, unifiant tout le pays autour de la défense de la religion catholique.

Un passage indéniable

C’est donc bien des fonts baptismaux de cette Église qu’est sortie la France, avec ses cathédrales et ses grands ordres monastiques, celui de la chevalerie chrétienne et des croisades, qui lui valut son titre de « fille ainée de l’Église ». Mais la France, embourbée aujourd’hui dans ses querelles laïcardes sur la réalité historique des racines chrétiennes de la France, sait-elle qu’il y a plus de 1500 ans il y eut un nommé Clovis qui fut baptisé par un certain Remi ? Pas sûr… La reconnaissance du baptême de Clovis comme étant à la base des racines chrétiennes, divise toujours l’opinion.

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