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Laurent de Cherisey : « La société est forte de la place qu’elle donne aux plus fragiles »

LAURENT DE CHERISEY
© Simon de Cyrène
Laurent de Cherisey
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Dans le contexte d'une élection présidentielle déroutante, le fondateur de l'association Simon de Cyrène assure que le pouvoir de chaque citoyen dépasse de beaucoup celui du bulletin.

Entrepreneur et auteur, Laurent de Cherisey est le fondateur des maisons partagées de Simon de Cyrène, dans lesquelles des personnes handicapées (accidents de la vie : traumatismes crâniens, AVC, IMC etc.) vivent avec leurs accompagnateurs.

Aleteia : Cette campagne présidentielle inédite se conclut par un duel qui déçoit beaucoup de Français, êtes-vous optimiste pour la suite des événements ?
Laurent de Cherisey : Toute cette campagne, avec ses rebondissements, ses manipulations et la faible qualité des débats, nous donne l’image d’une démocratie affaiblie. On peut se sentir inutile devant les grands nombres présentés par les sondages ou les résultats de vote. Ils évoquent des millions de personnes, et nous donnent l’impression que notre pouvoir de décision individuel est nul. Pourtant, l’expérience démontre que des poignées de personnes peuvent changer le monde, pour le meilleur ou pour le pire. Ghandi disait : « Donnez-moi dix hommes décidés, je changerai l’Histoire ! »

Souhaitez-vous la victoire d’un parti en particulier ?
Je trahirais mon association, si je répondais aux sollicitation d’un parti politique. En revanche, je salue le bon accueil qui est fait à notre association auprès des élus, en particulier les élus locaux, quel que soit leur bord. Ceux qui viennent visiter nos maisons de vies partagées ont parfois des réticences à l’égard de notre anthropologie chrétienne, mais tous se montrent enthousiastes après avoir fait notre connaissance. Ils nous disent souvent qu’il faudrait monter des sites Simon de Cyrène partout… Pour le moment, nous sommes présents dans 12 villes (activités de jours) dont 8 villes avec une vingtaine de maisons construites ou en construction. C’est à travers cette action, que les 1 500 résidents handicapés, assistants salariés, volontaires ou bénévoles de notre association changent au quotidien la société.

Comment l’aide aux plus fragiles pourrait-elle changer la société ?
Dans une société qui valorise la performance individuelle et la concurrence, la personne fragile nous invite à la relation lorsqu’elle nous dit : « J’ai besoin de toi ». Or l’expérience prouve que lorsque l’on répond à cette demande, une relation naît qui fait du bien aux deux parties. Nous sommes tous, à divers moments de notre vie, fragiles et dépendants, et les personnes fragiles nous le rappellent. En leur venant en aide, en établissant une relation de confiance et d’amitié avec celui qui en a besoin, nous créons une société inclusive fondée sur la confiance en l’autre. Nous pouvons nous dire que si nous sommes à notre tour fragile, la société ne nous mettra pas en marge. Ce modèle de société, coopératif, est bon humainement, et par conséquent, fécond pour toutes les questions que gère la politique : l’économie, qui repose sur la confiance, l’écologie, qui commence par l’écologie humaine etc.

L’évolution que pourrait connaître l’euthanasie dans le quinquennat qui s’annonce vous inquiète-t-elle ?
Notre président d’honneur, Philippe Pozzo di Borgo — l’homme dont l’histoire a inspiré le film Intouchables — parlerait de ce sujet mieux que moi. Pour reprendre ses termes, à l’époque où il était un homme d’affaires brillant, et qu’il « regardait le monde avec supériorité » si on lui avait demandé de signer une déclaration anticipée, il aurait signé des deux mains ! Jamais le « golden boy » n’aurait envisagé de vivre heureux dans une petite chaise… On connaît la suite de l’histoire, une suite dont il aurait été privée avec l’application d’une euthanasie active. Il en a souvent témoigné : « Depuis que je suis handicapé, j’ai appris à regarder les autres et à leur faire confiance et cela me rend heureux ! »

Alors effectivement, les évolutions possibles de la loi nous inquiètent. Nous savons bien que de puissantes forces sont à l’œuvre pour pousser ce dossier. Mais à ceux qui ne parviennent pas à se faire une idée sur la question de l’euthanasie, nous leur disons de venir voir les personnes dont la vie « ne mériterait pas d’être vécue ». Beaucoup de nos visiteurs arrivent avec la crainte de voir un lieu angoissant et il repartent touchés par la joie et la vie dans nos maisons. J’aimerais que notre société entende l’appel des plus fragiles à construire ensemble une société fraternelle… C’est un grand projet de société ! Chacun peut y contribuer, par exemple en travaillant pour Simon de Cyrène, puisque nous recrutons actuellement près de 50 personnes… Mais s’il y avait un message essentiel à retenir, ce serait celui de Jean Paul II : « N’ayez pas peur ». La société est forte de la place qu’elle donne aux plus fragiles !

Simon de Cyrène recrute 20 assistants salariés et 30 jeunes volontaires dans le cadre du service civique. Plus d’informations par ici.

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