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Pourquoi l’Église s’oppose-t-elle à la pratique des mères porteuses ?

Pierre-Olivier Arduin - Publié le 04/02/14

L’enfant étant réduit à une chose monnayable, il est logique que se pose la question de la qualité du produit négocié dans le contrat. Qu’adviendrait-il si l’enfant ne répondait pas au désir des commanditaires en cas de handicap ou de malformation par exemple ? Pour parer à cette éventualité, il est généralement proposé de prévoir au bénéfice de la mère porteuse une clause de rupture de contrat en exigeant d’elle qu’elle exerce son « devoir d’avortement ».

5 La pratique des mères porteuses réduit à néant la relation délicate qui se noue entre la mère et l’enfant pendant la gestation

Sensée répondre à tout prix aux désirs des adultes, la pratique de la GPA blesse un enfant qui lui n’a pas de prix. La mère porteuse s’engage en effet au bout des 9 mois de grossesse à l’abandonner à la naissance. Elle se place donc obligatoirement, ne serait-ce que par mécanisme d’autodéfense, en situation de délaissement psychologique de cet enfant. Mais le sera-t-elle vraiment lorsqu’elle le sentira bouger en son sein ? Il est en outre prévu que la femme gestatrice soit elle-même mère. Qu’éprouveront alors ses propres enfants en constatant que leur mère livre celui qu’ils étaient en droit de considérer comme leur petit frère ou leur petite sœur ? « Comment croire que l’acte de ces femmes sera exempt de complexités névrotiques potentiellement pathogènes pour elles, pour leurs propres enfants et pour celui qu’elles auront ainsi abandonné ? 3», demande la psychothérapeute Catherine Dolto.

La pratique des mères porteuses tient pour rien la relation materno-fœtale au moment où celle-ci est de plus en plus explorée dans sa contribution à façonner la personnalité des deux protagonistes : l’enfant et la mère. Cette déchirure programmée du lien mère-enfant constitue un formidable contre-sens au regard des nouvelles découvertes médicales et de ce qu’on peut appeler la science de la vie intra-utérine. Le théologien français Xavier Lacroix, membre du Comité consultatif national d’éthique, rappelle que « la gestation et l’accouchement donnent lieu à une interaction d’une immense finesse entre le corps de la femme et celui de l’enfant qui ressent les émotions de sa mère et est sensible à ses rêves. Inversement a lieu chez la femme tout un processus qu’on appelle l’attachement : on tremble donc à l’idée d’une grossesse vécue dans l’indifférence 4».

Les dernières données médicales nous apprennent en effet que la mère garde sur une très longue période la mémoire de l’enfant porté grâce à la circulation de cellules fœtales dans son propre corps. L’enfant in utero détecte de nombreuses molécules odorantes dans le liquide amniotique et s’imprègne de cet univers olfactif et gustatif qu’il retrouvera à la naissance dans le lait maternel et sur la peau de la maman. Pour ne pas couper ce lien, « les médecins posent justement le nouveau-né sur le sein de sa mère après l’accouchement afin de lui restituer ses repères anténataux mémorisés et inscrits pour lui comme identitaires 5».

Le bébé a par ailleurs une sensibilité vestibulaire particulièrement développée au point que les scientifiques affirment qu’il est une « grande oreille » : il perçoit la voix maternelle, celle de son père, de ses frères et sœurs, les mémorise avec brio. Ces traces mnésiques perdurent étonnamment longtemps. « Dans les heures qui suivent son arrivée dans le monde, il est essentiel que le nouveau-né puisse se dire : c’est bien eux, donc c’est bien moi », constate Catherine Dolto.

Le retentissement de l’état émotionnel de la mère chez l’enfant est tel que des chercheurs anglais ont établi un lien entre un deuil vécu au cours du premier trimestre de la grossesse et l’augmentation de 67% du risque de schizophrénie et de troubles associés chez le bébé. Mesure-t-on le retentissement de cette pratique sur le développement psychique et la construction de l’identité de l’enfant ? Qui oserait prendre la responsabilité d’autoriser une procédure technique dont l’enfant sera délibérément la victime ?

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