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Pâques sans Pape ? L’incertitude perdure au Vatican

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Bénédiction Urbi et Orbi du pape François le 21 avril 2019.

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Anna Kurian - publié le 02/04/25
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Le pape François ne célébrera pas la messe du Jubilé des malades dimanche prochain et, à ce jour, le Vatican ne fait pas de pronostic sur une éventuelle apparition au moment de l’angélus. Désormais en convalescence après sa longue hospitalisation, le pape vit retiré à sa résidence Sainte-Marthe et ne s’est pas montré depuis son retour le 23 mars. Une grande incertitude demeure sur l’organisation des nombreuses célébrations liturgiques à venir, dans le cadre de Pâques et du Jubilé.

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Pendant ses cinq semaines d’hospitalisation à la polyclinique Gemelli de Rome, le pape François a été à deux reprises entre la vie et la mort, comme l’a révélé l’un de ses médecins. Les bulletins médicaux insistaient sur son état "critique" et sur son tableau clinique "complexe". Et la communication du Saint-Siège, millimétrée, laissait entendre que la situation était grave.

Récemment, la presse italienne a révélé que lors des journées les plus sombres, le pontife était si affaibli qu’il ne pouvait écrire son nom en entier sur les documents qu’il devait signer. François paraphait sobrement de la lettre "F". Cette anecdote a été confirmée par le cardinal secrétaire d’État Pietro Parolin, qui lui a rendu visite par trois fois à l’hôpital, lui apportant des dossiers.

Mais "maintenant il signe en entier", a assuré le ‘numéro 2’ du Vatican dans la presse italienne. Le cardinal Parolin a reconnu cependant qu’à ce stade de sa convalescence, "on ne peut pas s’attendre à ce que le Saint-Père soit en mesure de faire tout ce qu’il faisait auparavant". Depuis son retour à sa résidence Sainte-Marthe, le Pape reste discret et ne reçoit officiellement pas de visiteurs autres que ses proches collaborateurs. 

Les inconnues des prochaines semaines

Alors que les médecins ont prescrit au pontife deux mois de repos, de nombreuses interrogations perdurent pour les célébrations de la Semaine sainte qui démarrera le 13 avril. Le Saint-Siège a publié le programme des liturgies sans s’avancer sur la présence ou non du Pape. "L'incertitude est presque totale", note une source vaticane, qui constate que le petit État se prépare "probablement à une Semaine sainte sans pape".

Le calendrier prévoit la bénédiction Urbi et Orbi – "à la Ville et au monde" – après la messe du dimanche de Pâques, sans précision sur le lieu. Ce flou pourrait permettre une organisation aménagée pour cette bénédiction réservée au pontife, difficilement délégable à un tiers. "Il y a un certain optimisme sur sa présence, mais si le temps n'est pas clément, il ne pourra pas se rendre à la Loggia", souligne un observateur. La coutume veut en effet que le Pape s’adresse aux fidèles depuis le balcon de la basilique Saint-Pierre, mais il s’agit cette année de protéger le pontife des courants d’air, après sa grave infection respiratoire. Une apparition en vidéo pourrait être envisagée, comme cela a été le cas pour certains angélus par le passé, lorsque l’Argentin souffrait de bronchite.

À la fin du mois, un autre événement très attendu requiert la présence du Pape : la messe de canonisation de Carlo Acutis le 27 avril, pendant le Jubilé des adolescents. Le cardinal Parolin a cependant déjà laissé entendre que François pourrait déléguer ses pouvoirs "au cas où il ne serait pas en mesure" de présider cet événement. "C’est le Pape qui prononce la formule, mais […] si nécessaire, [celle-ci] peut être déléguée à un collaborateur […]. Le Pape lui donne la permission de lire la formule en son nom", a-t-il expliqué. Une telle procédure serait inédite dans l’histoire récente. 

La Curie s’adapte à l’absence du Pape

Quant à la machine administrative du Saint-Siège, un observateur aguerri note que "la Curie romaine est en train de s'adapter en ce qui concerne les affaires courantes". "L’absence physique du Pape n’est pas un sujet de conversation. On fait des notes d'audience [à présenter au pontife pour validation, ndlr] et on avance", glisse un employé de dicastère. "Il n'y a pas de changement, pour l'essentiel", a assuré le secrétaire d’État. François continue à être informé des questions "sur lesquelles lui et lui seul peut et doit décider", mais "il y a aussi beaucoup d'autres questions de routine sur lesquelles les collaborateurs de la Curie peuvent agir sans même le consulter", a-t-il expliqué.

Alors que les mois prochains sont chargés d’événements du Jubilé qui rassembleront des dizaines de milliers de personnes à Rome, personne ne sait si le chef de l’Église catholique sera en mesure d’y participer. "On vit au jour le jour", admet une source vaticane, qui estime que "cela peut durer si le Pape est en mesure de gouverner, même s'il est contraint d'être peu visible". Selon elle, beaucoup pensent au Vatican "qu'il faut se préparer à un pontificat différent".

Un retour à 90% de ses facultés ? 

De son côté, l’un des médecins officiels du pontife argentin, le professeur Sergio Alfieri, coordinateur de l’équipe soignante qui a entouré le Pape au Gemelli, s’est montré très optimiste : "Je le trouve très dynamique", a-t-il déclaré à l’agence AP après lui avoir rendu visite il y a une semaine. Son amélioration est "vraiment surprenante", à tel point que le chirurgien a estimé que François pouvait retrouver "sinon 100%, du moins 90% de son état initial". Le médecin italien s’est souvent fait l’avocat public du dossier de santé du Pape, affirmant régulièrement dans les médias que le Pape avait "une mentalité de quinquagénaire". "Pas 50, 40", aurait répondu François dernièrement, selon Sergio Alfieri. "Il a donc retrouvé son sens de l'humour", a confié le chirurgien.

En attendant un éventuel retour public, le pape François se confie sur son temps de retrait dans les messages qu’il adresse aux fidèles. "Le Seigneur ne nous laisse jamais seuls. J'en ai fait moi-même l'expérience lors de mon hospitalisation, et maintenant dans ce temps de convalescence", a-t-il écrit lundi à des représentants des diocèses d’Italie réunis à Rome.

Lors de l’Angélus de dimanche dernier, invitant les fidèles catholiques à vivre le temps du Carême et du Jubilé comme "un temps de guérison", il se livrait également à une confidence personnelle : "Moi aussi j’en fais l’expérience, dans mon âme et dans mon corps." Pendant son hospitalisation, il avait évoqué dans un angélus un "temps d’épreuve", et avait admis se sentir "faible" et "fragile".

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