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Une église pour accompagner le développement industriel et humain du nord de la France. 1873. De nombreuses usines s’installent à Roubaix, profitant du percement du canal éponyme, bien utile à la circulation des marchandises. La main-d’œuvre afflue pour faire tourner les nouveaux ateliers, en particulier liés au textile, et la croissance démographique est rapide.
Face à ce développement urbain considérable, la décision est prise de tout mettre en œuvre pour faciliter la vie des familles des ouvriers, dans le quartier de Fontenoy, à la périphérie de la ville. École, patronage, lieux de loisirs, rien ne manque pour proposer des activités culturelles, sportives et éducatives. La vie spirituelle n’est pas oubliée : pour la construction de l’église, une famille d’industriels met un terrain à la disposition de la paroisse et un sanctuaire est achevé dès 1878. Elle peut accueillir 2.000 fidèles. Il est placé sous le vocable de saint Joseph, le saint patron des travailleurs. La construction est de style néo-gothique, ce qui est fréquent à l’époque. Les matériaux locaux sont utilisés, en particulier la brique et la pierre de Tournai. Lors de sa consécration, l’église est encore peu décorée. Les fidèles devront encore attendre quelques années pour que leur église prenne son aspect définitif. Les vitraux viendront d’abord, puis, progressivement, les fresques. Alors que la sobriété est choisie pour l’extérieur, le décor intérieur est spectaculaire, avec des peintures aux couleurs vives sur fond d’or.
Une histoire sainte sur les murs
La réalisation des fresques est confiée à un peintre hollandais, Guillaume Beumens. La commande est simple : faire des peintures de l’église une catéchèse en images. Le soubassement des murs est orné de motifs textiles. Au-dessus, des tapisseries en trompe-l’œil sont une référence à l’activité principale du quartier. Puis des scènes historiées, une procession de saints tout autour de la nef centrale, conduisant au jugement dernier. 150 saints de toutes les époques racontent l’histoire de l’Église. Près de l’autel, ce sont des personnages de l’ancien testament et les évangélistes qui sont mis à l’honneur. Les peintures du chœur sont consacrées à saint Joseph, patron de l’église. Des signes du zodiaque complètent l’ensemble. Comme au Moyen Âge, ils rappellent la Création, le déplacement des planètes et le retour des saisons qui rythment le travail des hommes. Le travail ? Il y est même fait allusion dans des scènes bibliques avec la représentation… de cheminées d’usine.
Le visiteur trouvera un même clin d’œil à la modernité que dans l’église Saint-Christophe-de-Javel, dont la construction sera lancée quelques années plus tard. Les artistes et leurs commanditaires gardent le même souci de ne pas oublier les évolutions technologiques dans l’iconographie. Parce que l’Église est de tous les temps.
