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Il y a une chose aussi importante que de savoir donner : savoir recevoir

Strahil Dimitrov I Shutterstock
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Certains ont du mal à recevoir, d’autres à donner. D’aucuns seront généreux avec le secret espoir d’être payés de retour. D’autres encore, qui ont connu le manque ou l’excès, attendent toujours d’être comblés et se trouvent dans l’incapacité de donner. Quelques conseils pour réinterroger sa manière de donner et de recevoir.

Heureux bénéficiaires du don de la vie ! La première partie de notre existence s’est passée à recevoir. Toute notre enfance, nous avons bénéficié des soins innombrables que nécessitait notre faiblesse : soins corporels sans lesquels le petit d’homme ne peut survivre, soins affectifs pour l’ouverture de notre cœur, soins spirituels et don de la grâce sacramentelle qui nous a greffés sur le Christ. Au cours de notre croissance, nous avons appris le partage – non sans cris de colère, ni gestes d’accaparement ou refus tout nets ! Cet apprentissage du don a demandé maintes répétitions avant de devenir plus facile. Le couple qui se forme retrouve les mêmes étapes. Dans l’élan du départ, chacun cherche à combler l’autre de son amour. Ce sont souvent des moments de grand bonheur où l’on reçoit autant que l’on donne. L’arrivée du premier enfant bouscule ce bel équilibre. Les jeunes parents doivent donner de leur sommeil, de leur patience, de leurs loisirs, de leur tranquillité. Le nouveau venu demande présence, attention, affection, au détriment du temps que chacun des parents aimerait conserver pour lui-même.

Ainsi, la famille, après avoir été le lieu où nous avons beaucoup reçu, devient celui où nous sommes entraînés à beaucoup donner. Même si cela se vit progressivement et dans l’amour, ce n’est pas sans souffrances, sans nostalgie, sans amertume parfois ! Il en est de même dans tous nos engagements : après l’enthousiasme initial qui stimule notre générosité, nous expérimentons, au fil des années, la difficulté à demeurer fidèles au don des commencements. Nous sommes ainsi faits : il nous est plus facile de nous tourner vers nous-mêmes que de nous ouvrir aux autres. Or, « aimer, c’est tout donner et se donner soi-même », comme le disait sainte Thérèse de Lisieux. Alors, comment entrer dans la dynamique du don ?

Un petit effort peut se transformer en grain d’or

Méditons sur l’aventure du mendiant dans le récit du grand romancier indien Rabindranath Tagore :

« J’étais allé mendiant de porte en porte, sur le chemin du village, lorsque ton chariot d’or apparut au loin, pareil à un rêve splendide, et j’admirais quel était ce Roi de tous les rois. Mes espoirs s’exaltèrent et je pensais : « C’en est fini des mauvais jours », et déjà je me tenais prêt dans l’attente d’aumônes spontanées et de richesses éparpillées partout dans la poussière. Le chariot s’arrêta là où je me tenais. Ton regard tomba sur moi et tu descendis avec un sourire. Je sentais que la chance de ma vie était enfin venue. Soudain, alors, tu tendis la main droite et tu me dis : « Qu’as-tu à me donner ? » Ah ! quel jeu royal était-ce là, de tendre la main au mendiant pour mendier ? J’étais confus et demeurai perplexe ; enfin, de ma besace je tirai lentement un tout petit grain de blé et je te le donnai. Mais combien fut grande ma surprise lorsque, à la fin du jour, vidant à terre mon sac, je trouvai un tout petit grain d’or parmi le tas de pauvres grains. Je pleurais amèrement alors et je pensais : « Que n’ai-je eu le cœur de te donner mon tout ! » »

Quand nous avons du mal à répondre à une demande, rappelons-nous que notre petit effort peut se transformer en grain d’or ! Mais mieux encore : en suivant les conseils de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus à ses novices, nous pouvons demander à Dieu de devenir notre Maître intérieur afin qu’Il soit à la source de toute notre activité en prenant la place de notre « nous » intérieur.

Donnons du temps pour adorer et laissons-nous transformer peu à peu par Jésus qui s’est livré pour nous. Car comme le disait saint Bernard : « Tout est en Lui : les remèdes à vos blessures, les secours dont vous aviez besoin ; l’amendement de vos défauts, la source de vos progrès, bref, tout ce qu’un homme peut et doit souhaiter ». Dès l’instant où nous expérimenterons que « donner, c’est recevoir », nous obtiendrons la force et l’élan de partager avec notre prochain ce que nous avons et ce que nous sommes.

Rolande Faure