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Est-il possible de vivre sans mentir ?

Jealous - Wife - Phone
© Antonio Guillem - Shutterstock
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Le mensonge existe depuis le péché originel. Tout le monde ment, parfois même sans s’en apercevoir. Faut-il croire que l’humanité est vouée à mentir et à se mentir jusqu’à la fin des temps ? Est-il possible de renoncer à cette pratique ?

Tout le monde ment et, comme l’éléphant, trompe un peu, beaucoup, énormément. Le faux s’insinue tant dans le couple qu’en famille ou à l’école, tant en affaires qu’en politique, dans les médias qu’au palais de justice. « Le mentir, plus que le rire, est le propre de l’homme », soutenait le philosophe Alexandre Koyré. Nous mentons tous, sans être pour autant des menteurs invétérés. De même que chacun recourt à la manipulation sans être un manipulateur patenté. Il est parfois impossible de faire autrement.

Or le Catéchisme de l’Église catholique met les points sur les i : « Le mensonge est l’offense la plus directe à la vérité. Mentir, c’est parler ou agir contre la vérité pour induire en erreur celui qui a le droit de la connaître. En blessant la relation de l’homme à la vérité et au prochain, le mensonge offense la relation fondatrice de l’homme et de sa parole au Seigneur ». Et si on osait un peu de vérité sur le mensonge ?

Mettre ensemble la vérité et la charité

Si le mensonge est universel, certains mentent néanmoins plus que d’autres. Qui croire ? L’ère de la grande défiance est arrivée. « On n’a jamais menti autant que de nos jours, affirme Alexandre Koyré. Ni d’une manière aussi éhontée, systématique et constante. » N’omettons pas non plus les fausses informations qui circulent sur les réseaux sociaux, en fournissant des rumeurs et des accusations infondées. En mars 2018, des chercheurs de Cambridge ont publié une étude démontrant que les fausses informations courent plus vite que celles qui sont vérifiées, car le ragot et la rumeur attirent le chaland.

« Je vois le mensonge comme un mal nécessaire qui contribue à l’harmonie sociale. Mais la vertu réside bel et bien dans la vérité et l’honnêteté », soutient le psychologue québécois Jean Gervais. Ouf ! Cela dit, si toute vérité n’est pas bonne à dire, il faut tenter de dire la vérité… mais pas n’importe comment, ni forcément à tout le monde. La vertu de prudence demeure indispensable : la vérité, privée de sa sœur, la charité, est souvent intolérable. La vérité sans la charité blesse.

Si rien n’est vrai, rien n’a d’importance

Un paradoxe brûlant demeure entre cette normalisation du mensonge et le besoin de vérité qu’exige toute vie sociale. Nos contemporains sentent confusément qu’on ne peut être heureux ensemble si chacun ment. Lorsqu’on ne peut pas se fier, on se défile… Notre bonheur relationnel dépend de la franchise et de l’honnêteté de notre entourage, que cela soit celle de notre conjoint, employeur, percepteur, baby-sitter, ami de cœur, collègues de bureau, caissière, postière, vicaire, plombier ou électricien. Le mensonge qui blesse le plus est celui qui vient de notre prochain : époux, épouse, enfant, voisin, parents… « Plus nous sommes proches d’une personne, plus nous nous sentons trahis si nous découvrons qu’elle nous ment », souligne la psychologue Marie-France Cyr, qui identifie deux sortes de mensonges, différents par l’intention qui les porte. Il y a le « mensonge par besoin de protection », motivé par la délicatesse, voire la charité. Et le « mensonge de faire-valoir », motivé par l’orgueil, l’égoïsme, la vanité, la lâcheté, la cupidité… Les deux pouvant bien sûr cohabiter.

S’il peut soulager à court terme, le mensonge se transforme toujours en esclavage.

Notre humanité est marquée dès l’origine par une habile manipulation de Satan, le « père du mensonge ». Depuis cette fracture, notre ego est à la fois éclaté, façon puzzle, et gonflé en 3D. Chacun d’entre nous tente d’offrir une image valorisante de lui-même, de marquer des points, d’être aimé, et d’éviter de souffrir. Ce que suscite le mensonge. « Sans le mensonge, la vérité périrait de désespoir et d’ennui », soutenait avec légèreté Anatole France qui multiplia les mensonges par adultère. Erreur : s’il peut soulager à court terme, le mensonge se transforme toujours en esclavage.

Quand on devient maître et esclave du mensonge

Le mensonge peut devenir non seulement une habitude qui se prend vite, mais un engrenage qui nous emmène encore plus vite où l’on ne voudrait pas aller. Le cercle vicieux démarre souvent par un « petit » mensonge. Tout petit et anodin en apparence, il se transforme très vite en méga mensonge, qui peut avoir de grosses conséquences. Le menteur professionnel a peur de voir sa vie s’effondrer comme le château de cartes de Madoff, s’il se sait découvert. Il ne supporte pas l’idée de décevoir et de détruire l’image flatteuse de lui-même qu’il a construite pendant de nombreuses années. Il est alors prêt à tout pour faire durer son mensonge le plus longtemps que possible.

Le Catéchisme de l’Église catholique développe plusieurs articles incisifs sur cette « profanation de la parole » qu’il est précieux de relire, notamment, le paragraphe 2484 : « La gravité du mensonge se mesure selon la nature de la vérité qu’il déforme, selon les circonstances, les intentions de celui qui le commet, les préjudices subis par ceux qui en sont victimes. Si le mensonge, en soi, ne constitue qu’un péché véniel, il devient mortel quand il lèse gravement les vertus de justice et de charité. » Ensuite, à chacun d’oser faire la vérité sur ses « petits » mensonges.

Luc Adrian

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