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Ma femme ne semble plus me désirer, que faire ?

Couple - Bedroom - Unhappy - Man - Woman

© NotarYES

Edifa - Publié le 15/10/19

Les femmes ne sont pas les seules à se plaindre du manque de gestes de tendresse dans leur couple. Certains hommes aussi en voudraient plus, même si pour eux (et ils ne l’avoueront jamais !) ces gestes sont davantage connotés sexuellement. Messieurs, voici quelques conseils qui vous aideront à mieux comprendre votre bien-aimée.

« Ma femme ne montre jamais son affection ». Voilà une phrase que j’ai entendue de nombreuses fois de la part de maris qui disent souffrir d’une épouse qui semble allergique aux manifestations de tendresse et surtout incapable d’en donner. Le conjoint en est d’autant plus surpris que dans son esprit la femme incarne la douceur, la gentillesse exquise, la sensibilité justement dite féminine. Je ne voudrais pas, en écrivant ces lignes, culpabiliser les épouses qui ne sont pas ces trésors de tendresse que le mari espérait rencontrer. Je sais bien qu’elles sont souvent les premières à souffrir de cette froideur qui les habite et qu’elles ne peuvent exorciser : « Que voulez-vous… ça ne se commande pas… c’est plus fort que moi… je ne peux pas me forcer ! ».


COUPLE RELAXING

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Mais je sais, qu’une absence de tendresse dans un cœur humain, ça n’existe pas. Ce n’est pas parce que cette tendresse n’est pas manifestée qu’elle est absente. Elle est là, sommeillante ou bloquée, ignorée ou refoulée, crainte ou masquée, mais très présente. On peut même dire qu’elle est d’autant plus grande qu’elle semble plus rigidement contenue à l’extérieur. Il importe de chercher les causes de cette fermeture, de ce blocage.

Les raisons de ce comportement sont multiples

La première explication qui vient à l’esprit, c’est que l’épouse n’aime plus son mari ou même ne l’a jamais aimé. Explication plausible dans quelques cas, mais qui peut servir aussi d’alibi facile : « Comprenez-moi… je l’ai épousé sans grand élan. J’ai fait un mariage de raison, pensant que l’amour viendrait ensuite ». Il faut aussi chercher dans d’autres directions. Par exemple, l’absence de tendresse reçue pendant l’enfance. Un handicap certain : comment donner ce qu’on n’a pas reçu ? Tout enfant, pour moins souffrir, a tendance à se « blinder » ou à dévaloriser le sentiment qu’il ne peut obtenir. Pourtant, en lui, demeure ce besoin de tendresse qu’il ne connaît pas, sinon « en creux », par le manque.




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L’éducation peut être aussi la cause de fermeture. Il y a des familles où les câlins sont exclus, regardés comme des mièvreries infantiles. La prise de conscience de ce conditionnement pourrait aider l’épouse à prendre du recul face à ce passé et à s’autoriser un comportement jugé jusque-là futile. Une tendresse donnée uniquement aux enfants pourrait aussi être la cause d’une indifférence vis-à-vis du mari ? On connaît la prégnance de l’amour maternel chez certaines femme qui pensent que les petits, si fragiles, ont besoin d’un environnement affectif important, alors qu’un mari adulte peut facilement s’en passer. Comme si pour être bonne mère, il ne fallait pas d’abord être bonne épouse…

Le refus de la tendresse peut également être un refus du plaisir, de la caresse par exemple, une peur de la sexualité. Signe probable d’une mésestime du corps — mésestime qui peut être la conséquence d’une éducation prude, ou d’un événement qui a affecté profondément la personne jusque dans son corps (IVG, violence, agression sexuelle…). Un entretien avec une personne compétente peut permettre de déceler et de lever des inhibitions enfouies. Enfin, il peut éventuellement y avoir l’impression désagréable de n’être qu’un objet, quand le mari unit systématiquement tendresse et vie sexuelle. Des femmes peuvent finir par la redouter. Elle est perçue comme une démonstration « stratégique » et non gratuite. Et s’il y avait aussi la peur de donner pouvoir à l’autre sur son corps, sur sa sensibilité ? Une faiblesse passée du mari qui n’a jamais été vraiment pardonnée ? Les raisons sont multiples. De toute façon, une fois la cause détectée, le travail de guérison demandera un effort et du temps.

Que dire, que faire ?

Le mari, quant à lui, pourra proposer une tendresse désintéressée, déconnectée volontairement d’une demande sexuelle, une tendresse qui ne s’impose pas, qui sait attendre patiemment, parce qu’il est évident que tout « harcèlement » en ce domaine ne ferait que ralentir l’évolution de l’épouse. Une attitude qui, en fait, signifie à l’autre : « Tu vois, je ne veux te contraindre en rien. Simplement, mes bras sont grands ouverts pour que tu viennes t’y blottir quand tu le désireras et que tu pourras t’abandonner… Je t’aime, c’est tout ! »


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À l’épouse de se réconcilier avec son corps, ce merveilleux cadeau du Créateur. Ce corps que son Fils n’a pas dédaigné de revêtir ! Voilà l’occasion aussi de réfléchir sur son rapport au plaisir, pour le considérer comme pleinement voulu par Dieu. « Les époux ne font pas de mal à prendre les jouissances attachées à leur état », disait l’austère pape Pie XII. À l’épouse toujours d’apprendre l’abandon. Le blocage est fréquent à ce niveau. Une petite fille pleure en elle, mais qui n’a pas la simplicité de s’abandonner dans les bras d’un époux amoureux, qui est pourtant à ses côtés le signe de la tendresse de Dieu.

Père Denis Sonet

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AmourCouplerelations humainessexualite
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