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"Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés" (Mt 5, 6) ou encore "Heureux qui pratique la justice, qui observe le droit en tout temps !" (Ps 105, 3), promettent les Écritures. L’idée de la justice comme fondement du bonheur n’est pas une évidence pour nous occidentaux du XXIe siècle. La définition première est certes la reconnaissance du droit de chacun et tout ce qui existe pour réaliser cela. D’où la femme aveugle représentant la Justice, qui pèse toute chose à sa balance, un peu raide et compassée. Pour la théologie classique, la justice consiste à rendre à chacun ce qui lui est dû. Voilà qui est plus sympathique pour se sentir écouté, comblé par le bien que nous recherchons. Le bonheur serait alors dans le fait d’être comblé, rassasié. On trouve ce premier sens dans le mot hébreu hesed, justice, droiture, loyauté amoureuse qui nous ajuste sur la loi divine. Assoiffé de justice peut parfois dire vouloir "faire justice", dans la vengeance ou la punition, caricature de justice qui n’a jamais fait une société heureuse. Mieux vaut plutôt la miséricorde, voie droite retrouvée après un redressement, un pardon, une correction fraternelle qui rétablit si bien le bonheur entre les hommes.
Mais il y a un autre bonheur entrevu par la justice dans le deuxième sens de l’hébreu tsadeka, sainteté, comme but d’une conduite droite. En ce jour de fête de saint Joseph le Juste, on retrouve ici la justice comme en parle souvent saint Paul, en cuirasse pour ceinture (Ep 6, 14), en vie de foi accessible même aux païens (Rm 9, 30) et dépassant la justice de la loi (Rm 3, 9), en grâce régnant dans le Royaume éternel, là où vivent les "justes", les saints (Rm 5, 21). Tous les bienheureux, les gâtés du bonheur, sont justes et saints. Alors avons-nous cette soif de sainteté ? Les anciens recherchaient avec acuité cette vita beata, avec des moyens divers : stoïcisme, épicurisme, ou vertus morales reprises par saint Thomas d’Aquin, comme conditions de la sainteté. Aimons-nous vivre les vertus chrétiennes, contemplées dans la vie des saints et motifs de leur canonisation ?

