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"Je ne vois rien de mieux pour l’homme que de jouir de son ouvrage" (Qo 3, 22). Le bonheur a-t-il à voir avec le travail ? Dans la parabole du majordome, Jésus fait bien l’éloge d’un bon serviteur appelé à nourrir tous ceux de la maison de son maître, parce qu’il le trouve occupé à faire son travail à son retour. "Heureux ce serviteur que son maître en arrivant trouvera occupé de la sorte" (Mt 24, 46). C’est-à-dire en train de travailler. Et dans les livres de Sagesse biblique, le travail est souvent mis en honneur. "Je ne vois rien de mieux pour l’homme que de jouir de son ouvrage, car tel est son lot" (Qo 3, 22). On dirait presque qu’à devoir travailler, autant le faire dans la joie ! Dans la société biblique où les riches ne travaillaient pas et seuls les pauvres le devaient pour se nourrir, la sagesse remarquait que celui qui travaille est moins soucieux que son maître : "Le travailleur dormira en paix, qu’il ait peu ou beaucoup à manger, alors que, rassasié, le riche ne parvient pas à dormir." (Qo 5, 11).
Le bonheur dans le travail est devenu moins évident pour l’homme moderne, surtout après sa taylorisation et la coupure qu’il a dû vivre d’avec la nature. A-t-on oublié que c’est la pénibilité du travail qui est problématique, depuis la chute initiale d’Adam et Eve, et non le travail lui-même ? Ainsi Adam cultivait le jardin sans effort et ne fera « suer son front » qu’après le péché originel. Eve sera en « travail » douloureux pour ses accouchements. La chute a rendu le travail pénible, mais quel bonheur à changer le monde par notre travail ? Il l’améliore, il crée des œuvres d’art à l’image du Créateur, il découvre la création ou imagine des procédés nouveaux, il gère les activités humaines sous le chapeau de la charité, il garde l’homme dans cette dynamique de ressembler à Dieu. Pas seulement tributaire d’un salaire ou de la reconnaissance, notre activité conduit à la joie du don, du but atteint, du travail bien fait, du résultat, de la création. Cocréateurs avec Dieu, nous voilà dans une mission très noble : achever le travail divin sous son regard, indépendant des seules nécessités de ce monde, ou du patron qui nous fait travailler.


