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Aujourd’hui s’affrontent deux philosophies : celle du don et celle de l’épanouissement personnel. Contre l’esprit de performance, de réussite individualiste et de jouissance de biens consommés, il est urgent de redécouvrir la joie de se donner, supérieure à celle de recevoir. "En toutes choses, je vous ai montré qu’en se donnant ainsi de la peine, il faut secourir les faibles et se souvenir des paroles du Seigneur Jésus, car lui-même a dit : il y a plus de joie à donner qu’à recevoir" (Ac 20, 35). Parce que l’homme est un être de relation, il n’est jamais heureux tout seul. "Il n’est pas bon que l’homme soit seul" (Gn 2, 18). Mais la relation peut rester intéressée quand on se sert de l’autre au lieu de le servir. Il n’y a de bonheur que dans l’amour sous toutes ses formes, et aimer c’est vouloir le bien de l’autre, selon la définition d’Aristote. Donc le véritable amour est forcément vécu dans le don. Amour d’agapé versus eros, où l’on prend facilement pour soi sans jamais être rassasié. Voilà pourquoi il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir.
Que reste-t-il après avoir reçu ? Le sentiment d’en vouloir encore, ou si nous avons mal reçu, de la frustration ? Dans le don, il y a la satisfaction de la joie de l’autre. Mais aussi le risque de s’épuiser à donner, dans le don sacrificiel qui consiste à donner sans recevoir. Cela appelle la modération dans le don. Dans la relation conjugale, on expérimente que la joie vient à ceux qui donnent d’abord et reçoivent ensuite parce qu’il y a réciprocité. Quelle cible pour le don ? Les pauvres, les faibles, les enfants, le conjoint, un ami, un collaborateur… Pourquoi alors est-ce si pénible ? Parce que ce n’est pas si naturel que cela et que le vieil homme cherche trop l’ego et la satisfaction individuelle. Le don appelle le don, et appelle l’amour.

