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Manifestement, la pluie n'a pas découragé les Corses de venir jusqu'à Paris. Devant les portes de Notre-Dame ce jeudi 20 février, c'est le branle-bas de combat, pour ne pas dire le pugilat. Les Corses s'agacent. "Mais enfin, on va pouvoir entrer oui ou non ?" La sécurité fait ce qu'elle peut pour contenir l'impatience et l'agitation qui règnent sur le parvis. Trente minutes avant le début de la messe des Corses célébrée par Mgr François Bustillo, archevêque d'Ajaccio, la nef est déjà pleine à craquer. On se presse à l'intérieur, on se serre sur les côtés, il faut jouer des coudes pour avancer. Beaucoup n'ont pas trouvé de place assise. À l'extérieur, Catherine attend patiemment pour retrouver sa mère déjà installée depuis plusieurs heures. Sans être catholique pratiquante, cette soixantenaire tenait à être présente. "C'est très important de se rassembler autour de notre foi, avec nos belles traditions et nos chants", déclare-t-elle fièrement.
"On a environ 1.000 Corses qui ont fait le déplacement exprès", souffle Jean-Marie, jeune corse en charge de l'organisation. "C'est un peu le bazar, reconnaît-il, mais ça va être un sacré moment". Alors que la cathédrale est encore bruyante, la procession débute, terminée par Mgr Bustillo. Très populaire auprès du peuple corse, l'archevêque invite, au début de la messe, à prier pour la santé du Pape hospitalisé depuis plusieurs jours des suites d'une pneumonie; et pour la jeune Chloé, dont la mort brutale a créé un tremblement de terre sur l'île de Beauté. L'étudiante de 18 ans a été abattue par erreur dans ce qui semble être un nouveau règlement de comptes mafieux. "Nous prions pour Chloé, pour sa famille, et pour la Corse, pour que la violence cesse", déclare Mgr Bustillo. Cathy et Marie-Dominique sont de Morosaglia, la commune où a été tuée Chloé. Très émues, les deux femmes ont trouvé important de venir prier à Notre-Dame pour que "tout cela s’arrête". Elles ont pris un aller-retour express pour assister à la messe des Corses et repartent le lendemain matin. "Avec les incidents que nous connaissons en Corse en ce moment, il est important de se rassembler autour de la foi", explique Marie-Dominique.
Confréries, chants polyphoniques...
Sous les voûtes de la cathédrale s'élève un kyrie polyphonique aux accords mélodieux. "Eh oui, ils sont beaux nos chants, pas vrai ?", lance Dominique. Qui oserait prétendre le contraire ? Maire de Cateri, en Balagne, Dominique a sauté dans un avion à 7h du matin pour être présent. "Je suis catholique pratiquant. C’était une évidence pour moi d’être là, en plus avec Mgr Bustillo. On l’aime beaucoup, notre évêque", sourit le maire, qui était aussi au rendez-vous lors de la visite du Pape en Corse. "Nous voulions entourer Mgr Bustillo aujourd’hui, pour montrer que la Corse est catholique", affirment Cécile et sa mère Jeannine, 95 ans. "Tiens ! Tu es là !", s’exclame cette dernière à l’endroit d’un ami retrouvé sur le parvis. "Nous avons beaucoup d’amis qui sont venus, c’est un moyen aussi de se retrouver car nous n’habitons plus la Corse", poursuit Cécile.

Aux pieds de la Vierge du Pilier, de nombreux représentants de confréries se sont regroupés, vêtus de leurs habits traditionnels. Le Dio Vi Salvi Regina est proclamé, mais cette fois-ci l’assistance ne laissera pas les choristes seuls. Les regards se tournent vers la Toute Sainte, "Reine immaculée de la Corse". Antoine est venu de Sainte-Lucie de Tallano (Corse du sud) avec la confrérie San Francescu dont il est membre. "Nous avons décidé de recréer une confrérie car il y avait un enjeu de transmission, notamment de chants car nous avons une façon de chanter propre à notre village", explique-t-il à Aleteia. "Nous avons voulu préserver cet héritage, et nous sommes fiers de le représenter ici à Notre-Dame. Aujourd’hui, c’est toute l’âme de la Corse qui a illuminé la cathédrale."
