Faut-il séparer l’homme et l’œuvre ? C’est bien parce qu’ils sont distincts, soutient l’écrivain Henri Quantin, que le statut d’artiste de Gérard Depardieu ne doit ni lui épargner de rendre des comptes devant la justice, ni lui valoir une condamnation publique avant même son procès.
Parmi tous les arts qui ont tenté d’être un sacré de substitution dans un monde sécularisé, le cinéma a certainement la palme de la nouvelle religion la plus populaire. Est-ce pour cette raison que l’affaire Depardieu, à travers les différentes réactions qu’elle provoque, semble rejouer la crise des abus dans l’Église ? Comme pour les prêtres pédocriminels, deux camps s’opposent, sans qu’on ait envie de choisir entre eux : l’un est prêt à toutes les complaisances pour sauver l’église cinématographique, l’autre crie "tous coupables" et brûle de mettre à bas le cinéma tout entier. Comédiens et curés, même combats ?












