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Anne-Céline, coordinatrice de la Prière des Mères : « Redevenons les petites filles bien-aimées du Père »

ANNE-CELINE-ASSELIN

Avec l'autorisation d'Anne-Céline Asselin.

Marie Lucas - publié le 23/12/23

Anne-Céline Asselin est coordinatrice mondiale du mouvement la "Prière des Mères", un "merveilleux cadeau pour les mamans". Rencontre.

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Baptisée à la naissance, élevée par une mère très croyante, mariée et mère de trois grands jeunes, Anne-Céline Asselin est aujourd’hui coordinatrice mondiale du mouvement la Prière des Mères. C’est à Lisieux, auprès de la petite Thérèse, que Veronica Williams lui a passé le flambeau il y a quelques jours, le 10 décembre dernier. 

Aleteia : Bonjour Anne-Céline, quand avez-vous découvert la Prière des Mères?
Anne-Céline Asselin : C’était en 2005, nos enfants avaient 5, 7 et 8 ans. Une amie a lu un article dans un hebdomadaire catholique. Elle est venue vers moi, enthousiaste : « Et si on démarrait un groupe toutes les deux ? » Je l’ai suivie parce que c’était mon amie, mais sans être vraiment convaincue ! En fait, je trouvais ça beau de prier pour mes enfants, mais j’avais surtout des choses difficiles dans ma vie personnelle, je traversais une période douloureuse dans mon mariage. J’y suis donc allée pour puiser un réconfort comme femme. Je me souviens qu’un jour, une maman a dit « Merci pour mon mari » (c’est une des prières du Livret de Prière) et pour moi c’était impossible de rendre grâce ! J’étais démunie, en souffrance… Dans ma prière, je disais : « Seigneur, change le cœur de mon mari ! » En fait, c’est mon cœur que le Seigneur a changé. Car le premier bénéficiaire de la prière des Mères, c’est la mère !

C’est-à-dire ? 
En fait, dans ces temps de prière hebdomadaires, les femmes apprennent à se laisser aimer, et ça change tout ! Il y a quelques années, j’ai fait une rencontre avec le père Raymond Jacquard qui m’a bouleversée. A la question qu’il me posait : « C’est quoi ton but dans la vie ? », je lui ai répondu, comme une bonne élève : « Aimer ! » Et là, il m’a répondu : « Mais tu n’as rien compris, ton rôle c’est de te laisser aimer, comme une petite fille… » Ce fut une véritable parole de vie, de conversion. Alors maintenant je vais à la prière comme une enfant, je viens me laisser remplir, avec ce cœur de pauvre…  Au cours de la Prière des Mères, nous redevenons toutes comme des petites filles, car avant d’être des mères, nous sommes des filles du Père. Pour être des mamans ajustées, il faut d’abord se laisser aimer, consoler, choyer… On accueille l’amour de notre papa du ciel, et ensuite ça déborde sur son entourage. 

En 20 ans de Prière des Mères, votre prière a-t-elle « changé » ?
Oui ! Avant, je donnais des ordres au Seigneur, et il devait obéir (sourire).  Et puis, ma prière s’est simplifiée, elle est devenue plus silencieuse, confiante et abandonnée. Comme Marie à Cana, je dis au Seigneur : « Regarde, et fais ce que tu veux ! Je te présente mes enfants, tu sais mieux que moi ce dont ils ont besoin. » C’est très reposant de prier comme ça ! Je suis aussi à l’école de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. Puisque selon ses mots « Tout est grâce » –  même les choses dures à encaisser – alors j’ose dire « merci Seigneur » et rentrer dans cette confiance.

Dans la Prière des Mères, nous déposons au Seigneur nos fardeaux et Il nous donne sa paix.

Ce n’est pas si facile…
Oui, mais cela est un « boosteur » de la puissance de Dieu dans nos vies. Au lieu de résister, nous disons « Oui » au Seigneur. Cette ouverture du cœur permet au flot d’amour du Seigneur de se répandre, sans obstacle. Bien sûr, nous avons le droit de pleurer, de hurler, de crier que nous ne comprenons pas ce qui nous arrive, mais dans cette attitude, le Seigneur nous bénit. Je redis que cela n’empêche pas d’être à terre ou sur la croix, mais je crois que c’est le Seigneur qui conduit tout. Je l’ai vécue, et je peux en témoigner. Dans la Prière des Mères, nous déposons au Seigneur nos fardeaux et Il nous donne sa paix parce qu’on sait avec certitude qu’Il agira : « Venez à moi vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai » (Mt 11, 28). 

Comment êtes-vous devenue coordinatrice mondiale de la Prière des Mères ?
Comment je suis arrivée là ? Uniquement par la grâce de Dieu !  Bien sûr, j’ai des qualités de leader, par ma personnalité et mon éducation – Gloire à Dieu pour les qualités qu’il donne ! – mais vraiment, je n’ai jamais cherché à arriver à ce « poste ». En fait, cinq ans après mes débuts dans le mouvement, je suis devenue coordinatrice régionale, puis nationale et récemment la fondatrice, Veronica Williams, m’a demandé si j’accepterais de lui succéder.

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Veronica Williams et Anne-Céline Asselin.

Elle a 84 ans et dans sa grande sagesse, elle a décidé de se retirer pour se consacrer à l’adoration et à la réparation dans la prière. Veronica a toujours dit : « La Prière des Mères appartient à Jésus, je suis sa secrétaire, c’est l’Esprit-Saint qui me conduit… » Donc en fait c’est assez reposant de travailler comme responsable quand on dit à Jésus : « Je te donne les rennes à 100% je vais être ton exécutante ». 

Comment arrivez-vous à tout faire, puisque vous êtes également orthophoniste et thérapeute ?
D’abord, j’ai dit Oui à cette responsabilité car il y a le Oui de mon mari en parallèle – il est dans l’ombre, mais sans lui je ne pourrais pas faire ce que je fais. J’ajoute que je travaille à temps partiel, avec de la flexibilité dans mon agenda. Et puis, nos enfants étant grands, je n’ai plus de responsabilités maternelles au quotidien… Enfin, concernant la question du temps, c’est grâce à l’oraison – découverte avec les Bénédictins de Maylïs lorsque j’étais étudiante – que tout rentre dans une journée ! Ce temps de prière est tellement fécond… J’expérimente que, quand on donne ce temps au Seigneur, celui-ci purifie notre agenda, il nous montre les priorités, il organise le temps comme s’il se dilatait.

Anne-Céline, vous êtes mère… Pouvez-vous nous parler de votre expérience de la maternité ?
Je me souviens très bien de la première fois où je suis devenue mère. J’étais émerveillée devant mon tout petit bébé, et en même temps j’avais une sensation d’étrangeté : on ne se connaissait pas ! Mais surtout, face à ce petit bonhomme, j’ai ressenti avec force mon immense responsabilité : j’accueillais un petit être dont j’étais la gardienne temporaire et qui ne m’appartenait pas. Pour les autres enfants, le chemin était tracé, cela a été plus simple… mais j’ai toujours eu cette conscience très vive que mes enfants m’étaient confiés, et qu’ils appartenaient d’abord au Seigneur. Cela rejoint une autre prière du Livret : « Mon Dieu, nous oublions souvent combien tu nous fais confiance en déposant tes enfants si précieux entre nos mains. Aide-nous à toujours apprécier l’importance d’être mère ! » 

C’est un moment de grâce où nous sommes réunies, comme une petite Église domestique.

Vous aimez dire que la Prière des Mères est un merveilleux cadeau pour les mamans, pourquoi ?
Oui, car c’est un lieu où les femmes se laissent aimer, consoler… Un espace rien que pour elles, pour (re) devenir des petites filles. Nous avons toutes des moments où nous n’avons pas le moral, et la solitude dans la souffrance fait si mal.  La Prière des Mères est alors un moment de grâce où nous sommes réunies, comme une petite Église domestique et ensemble, nous nous portons les unes les autres. On se réchauffe sur le cœur de Dieu, c’est un temps surnaturel… Et nous expérimentons la puissance de la louange ! Il y a, dans ces temps de prière, un cheminement qui nous conduit vers notre Père du Ciel. Un jour, une femme me disait que c’était pour elle comme une montgolfière qui nous conduit, qui monte vers le ciel… pour arriver dans un face à face avec le Père et y recevoir le souffle divin, souffle de vie, de paix et de joie. Comme deux visages face à face… 

Pouvez-vous témoigner d’une belle histoire vécue durant toutes ces années ?
Dans la Prière des Mères, il y a un rituel qui consiste à écrire le nom de ses enfants sur des petits papiers ronds. Un jour une maman vient me confier qu’elle a eu la douleur de perdre plusieurs enfants par avortement. Elle s’était confessée, mais elle gardait comme un poids physique avec une forte angoisse. Je l’ai invitée à prier l’Esprit Saint, à venir à la Prière et à donner des prénoms à ces bébés sur ces petits ronds blancs, et à les déposer entre les mains du Seigneur. Ce qu’elle a fait. Après la prière, je peux témoigner que son visage était transformé, éclatant de lumière ! Elle était dans une paix et une joie incroyables ! Les mères sont si souvent écrasées par la culpabilité, dures avec elles-mêmes tout en étant si miséricordieuses avec les autres. Elles portent dans leurs entrailles leurs enfants, leurs conjoints et tant de fardeaux. Dans la Prière des Mères, il y a vraiment une grâce toute spéciale de s’accueillir avec douceur et miséricorde… 

Noël approche… que souhaiteriez-vous dire aux mamans ?
N’oublions pas qu’avant d’être des mères, nous sommes d’abord des filles de Dieu. Aussi, avant de prier pour nos enfants et de les déposer dans ses mains, commençons par nous y déposer nous-mêmes. Dans la crèche, entre Marie et Joseph, laissons-nous réchauffer et redevenons des enfants, des petites filles bien-aimées du Père… Regardons Jésus, et imitons-le ! Un petit enfant ne se soucie de rien, il a confiance. Il n’est pas dans le faire, il est seulement dans l’être. Comme le Nom de Dieu qui signifie « Je Suis »… 

Pratique

La Prière des Mères soutient et s’adresse à toutes celles qui ont un cœur de mère et qui désirent prier ensemble pour leurs enfants, petits-enfants et tous les enfants du monde. L’association est présente dans plus de 120 pays et fédère environ 2.000 groupes en France.
Tags:
MaternitéPrière
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