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[VIDÉO] Le conte de Noël d’Aleteia / Episode 3 : Bethléem

Anthony Cormy - publié le 17/12/23

Pour accompagner chacun pendant le temps de l'Avent, Aleteia a décidé de vous conter une histoire originale. Chaque dimanche, nous allons suivre les aventures de Yeda, un personnage étonnant qui va vivre un important voyage intérieur. À la suite de Yeda, continuons notre chemin dans ce temps de l'Avent.

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Les portes de Bethléem sont fermées, personne ne rentre, personne ne sort ! Il n’y a de toutes façons plus de place dans les auberges de la ville, alors circulez !

Le soldat avait élevé fort la voix. Yeda ne fut pas surpris de l’accueil. La nuit était bien avancée et le romain devait certainement se sentir agacé et dérangé par les quatre hommes qui venaient demander le droit d’entrer dans la ville si tardivement.

Yeda se retourna vers les mages. L’extase de la vision des murs de la cité avait laissé place à la détresse de ne pas pouvoir se réchauffer. 

-Mais vous ne pouvez pas nous laisser dehors par ce temps glacial, nous allons y laisser notre peau !

-Nous trouverons un moyen pour entrer dans la ville ! Que vous le vouliez ou non !

-Je suis sûr que nous pouvons nous arranger pour pouvoir entrer…

Le soldat les regarda tous les trois chacun leur tour : 

-Pas mon problème, pas mon problème et.. pas mon problème ! Mais si vous voulez avoir des problèmes, n’hésitez pas à continuer de m’importuner, je suis sûr que l’on peut vous trouver une cellule en prison pour les… Allez, pour les 5 prochaines années, ça vous va ?

Le soldat rigola d’un rire sans joie, avant de se fermer complètement. À travers ses yeux, on pouvait lire facilement que la prison n’était plus très loin pour les trois mages. Alors qu’il les fixait, son regard se leva pour regarder l’homme discret qui faisait partie du groupe et n’avait pas prononcé un seul mot depuis le début de la discussion. Celui-ci regardait intensément le soldat. Avant que l’échange de regards ne dégénère, Yeda sortit une petite poche qu’il montra au garde. Celle-ci contenait plusieurs pièces d’or qui rayonnaient dans l’obscurité de la nuit. Le garde comprit très vite la proposition de Yeda. Il regarda les mages qui n’avaient pas suivi l’échange et s’adressa à eux.

-Bon, vous ne semblez pas particulièrement robustes et la baisse de température soudaine couplée au vent à dû vous surprendre. Je m’en voudrais de vous laisser à l’extérieur de la ville, mais je dois vous prévenir, à l’intérieur ou à l’extérieur, vous devrez certainement dormir dehors. Allez-y, entrez !

Les trois mages, ne comprenant pas ce qui se passait, avancèrent lentement et prudemment pour dépasser le soldat, avant de se réjouir de leur entrée dans la ville. Quand Yeda arriva à la hauteur du romain, il le regarda droit dans les yeux.

-Merci pour votre compassion.

Alors qu’il prenait la parole, Yeda en profita pour glisser le besace de pièces dans la main du garde. Celui-ci ne lui accorda pas un seul regard et se concentra sur l’argent facile qu’il avait réussi à récolter. Yeda rejoignit les mages derrière les portes de la ville. Gaspard lui sauta dessus.

-C’est un miracle que nous soyons entrés dans cette ville ! Comme si l’étoile que nous ne pouvons voir continuait de veiller sur nous ! 

-Il est vrai que ce soldat était quelque peu… étrange.

-Je suis sûr qu’il a eu peur de nous, voilà tout.

-Mais, ça reste un beau miracle !

-Oh, du calme Gaspard, intervint Yeda. Le miracle n’est pas de rentrer dans la ville, mais de trouver une auberge pour se reposer.

-Oh, rien ne peut nous résister, l’étoile est avec nous ! En avant ! s’écria Gaspard.

La petite troupe se mit en marche pour arpenter les rues de Bethléem. Remplis d’énergie et confiants, ils étaient fin prêts à trouver une chambre pour les accueillir.

Le coq chanta lorsque le groupe fut refusé par le dernier hôtel de la ville. Yeda n’en revenait pas. Personne ne pouvait les loger. Ils avaient rencontré tous les aubergistes, et c’était partout le même refrain. 

Complet.

C’était un véritable problème pour l’équipe qui cherchait désespérément un lieu où se reposer. Chacun était fatigué après la nuit de voyage passée, mais le temps avait encore décidé de se rafraîchir, au point que les premiers rayons du soleil ne leur avaient annoncé qu’une seule chose : la température ne remonterait pas. Frigorifiés et à bout de force, ils ne savaient plus à qui demander de l’aide. 

La situation était pire pour Yeda. Celui-ci avait négocié avec les aubergistes chaque fois qu’ils avaient dit non, leur faisant comprendre que l’argent n’était pas un problème.

-Vous êtes bien de Jérusalem, vous, lui avait-on répliqué. C’est pas l’argent le problème, c’est l’espace ! J’ai du monde dans mon salon, dans ma cuisine et dans mon foin. Vous aurez beau avoir tout l’argent du monde, c’est pas en cinq minutes que je peux faire de la place pour quatre personnes alors que j’en ai déjà plus pour ma femme et mes enfants. Alors arrêtez d’insister, c’est non.

Pour la première fois de sa vie, Yeda se trouvait dans une impasse, mais aucune de ses compétences ou ressources ne pouvaient les sortir de là.

Il se retourna vers les mages. Ceux-ci s’étaient assis contre le mur de l’hôtel pour se reposer, mais ils semblaient souffrir profondément de la situation. Pas étonnant, avec le long voyage qu’ils avaient effectué jusqu’ici. Même Melchior semblait avoir perdu son esprit combatif. Ils se serraient tous les trois l’un contre l’autre pour rivaliser avec le vent et le froid. Ils n’avaient absolument aucun moyen de trouver un abri.

Une pensée s’alluma dans l’esprit de Yeda. Une pensée qu’il chassait depuis qu’il était arrivé à Bethléem. Une pensée qui s’était faite de plus en plus importante à mesure que la nuit avait laissé place au matin. Une pensée qui lui faisait peur. 

Il y avait une solution. 

Il essayait de fuir cette idée, mais la vision des mages recroquevillés les uns contre les autres le prenait aux tripes.

À ce moment-là, un coup de vent passa et Yeda se sentit plus fatigué que jamais. Il leva les yeux au ciel et ne put s’empêcher de pester contre l’énorme nuage qui continuait de bloquer le ciel.

Il ferma les yeux. Il avait une mission à remplir, il fallait qu’il aille au bout de celle-ci. La décision était prise. Il ouvrit les yeux et regarda les mages.

-Prenez vos affaires. Je connais un endroit où nous pourrons nous reposer tranquillement.

Les rois mages suivaient Yeda en se demandant où est-ce qu’il pouvait bien les emmener. La vie commençait à reprendre ses droits à Bethléem, et les rues devenaient infranchissables au vu de la foule qui s’y déplaçait. Yeda les avaient conduits de l’autre côté de la ville et semblait connaître parfaitement les lieux. 

Ils arrivèrent face à une habitation classique. Yeda s’arrêta devant la porte. Il savait que cet acte lui sauverait la vie, à lui et ses amis, mais il redoutait ce qui allait se passer. Il serra les dents et toqua à la porte. D’abord, il n’y eut aucune réaction. Puis, la porte s’ouvrit sur une femme de taille moyenne qui semblait agacée d’être importunée. Elle fut surprise en voyant les visiteurs et se tourna vers Yeda : 

-Bonjour, est-ce que je peux vous renseigner ?

-Ça fait longtemps, Adina.

La femme marqua un temps. Elle regarda intensivement Yeda.

-On se connait ?

-En effet, répondit Yeda.

Adina ouvrit grands les yeux, avant de prendre une moue fâchée. Elle se tourna vers les mages.

-Messieurs, je pense que je dois vous remercier. Je ne sais pas ce que vous avez fait pour lui forcer la main, mais vous mettez fin à dix ans de réflexions intenses sur cet homme.

Adina se tourna vers Yeda.

-Alors comme ça, il t’as fallu tout ce temps pour revenir me voir, petit frère ?

Yeda entra dans la maison de sa sœur. Il observa la pièce principale. C’était la même que lorsqu’ ils étaient enfants. Un salon simple, qui se prolongeait par deux pièces annexes qui servaient de chambres. Les mages entrèrent à sa suite en remerciant plus que chaleureusement leur hôte. Elle leur indiqua rapidement une pièce dans laquelle ils pourraient se reposer et ils s’y précipitèrent en laissant toutes leurs affaires dans le couloir. Il ne fallut pas plus de 5 minutes avant de les entendre ronfler. Yeda se détendit. Ils ne mourraient pas. Sa sœur s’assit sur un tapis et lui indiqua de s’asseoir face à elle, avant de lui tendre une boisson chaude. Yeda sourit. Si lui avait été un enfant très discret et timide, Adina était tout l’inverse.

-Yeda, je vais être franche, je ne sais pas si c’est une bonne chose de te revoir. Je ne sais pas grand-chose d’ailleurs. Cela fait dix ans que nous ne nous sommes pas vus. Pourquoi n’es-tu pas venu plus tôt ?

Yeda frissonna. La demande était une vraie question et pas une accusation cachée. Un bruit étrange l’avertit qu’un petit animal se trouvait dans la pièce, mais il ne le releva pas.

-J’ai été très occupé au palais. 

-Au point de ne pas pouvoir te libérer une journée en dix ans ?

-J’ai beaucoup voyagé. Je m’occupe de la protection d’individus haut placés. Là encore, je suis en mission pour les mages que tu as vu. Ils viennent de très loin.

-Et tu as attendu d’être aux portes de la mort avant d’amener ton groupe jusqu’ici ?

Yeda baissa les yeux.

-J’avais peur de ta réaction.

Adina souffla et but une gorgée de sa boisson pour se réchauffer.

-Je suis en colère contre toi pour ton absence et ton silence. Mais je dois aussi te remercier.

Yeda releva les yeux. Adina le regardait avec émotion.

-Chaque année depuis dix ans, je reçois à cette période de l’année, de l’argent qui m’est apporté ici. J’ai toujours su que cet argent venait de toi. Et il nous a sauvé la vie. Alors pour ça, merci.

Yeda se sentait pris de vertige. L’envoi de l’argent était le seul geste qui le raccrochait à sa sœur et il avait toujours cherché à garder le lien de cette manière. Le fait qu’elle le remercie pour cela lui fit l’effet d’un baume sur le cœur. Alors que le petit animal continuait à faire du bruit, Adina posa sa main sur celle de son frère.

-Mais aujourd’hui je ne veux plus de cet argent. Ce que je veux, c’est mon frère. J’ai peur que tu t’en ailles sans avoir pris le temps de rencontrer tout le monde.

Yeda ne comprit pas.

-Tout le monde ? Comment ça tout le monde ?

Adina indiqua un point derrière Yeda en souriant. Il se retourna et resta paralysé face à ce qu’il vit.

Dans le coin de la pièce se trouvait un couffin duquel sortait le bruit du petit animal qu’il entendait depuis tout à l’heure. Adina se leva et se dirigea vers le petit bruit et en sortit un nouveau-né d’à peine quelques semaines.

-Yeda, je te présente mon fils Jacob. Jacob, voici Yeda, ton oncle.

Adina tendit son fils vers Yeda. 

-Allez, il n’est pas arrivé sur terre depuis longtemps donc autant commencer sur de bonnes bases !

Yeda n’eut pas le temps de répliquer qu’il tenait dans ses bras un petit marmot qui semblait encore dormir. C’est ce moment précis que choisit le petit enfant pour ouvrir ses yeux bleus et les poser sur Yeda.

Les paroles exactes de Hérode résonnèrent alors dans son esprit : 

“Tu les suivras là-bas et tu t’occuperas du nourrisson.”

Yeda releva la tête, terrifié. Il y avait un problème.

Merci à tous d’avoir écouté cet épisode, il ne nous reste plus qu’une semaine avant la fête de Noël. À l’approche de cet évènement qui chamboule le monde, nous pouvons réfléchir sur notre émerveillement face à Dieu qui se fait bébé. Quelle humilité. Quel grand spectacle que celui du Tout-Puissant qui choisit d’être vulnérable pour nous rejoindre. Est-ce que je me laisse toucher par cette ode à la fragilité ? Prenons cette semaine le temps de nous émerveiller devant la présence de Dieu dans la crèche.

Si vous avez aimé cet épisode, n’hésitez pas à liker, commenter, partager et on se retrouve pour la dernière étape du voyage de notre héros dès la semaine prochaine. Ciao !

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AventConte de NoëlSpiritualité
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