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[VIDÉO] Le conte de Noël d’Aleteia / Épisode 2 : Les mages

Anthony Cormy - publié le 10/12/23

Pour accompagner chacun pendant le temps de l'Avent, Aleteia a décidé de vous conter une histoire originale. Chaque dimanche, nous allons suivre les aventures de Yeda, un personnage étonnant qui va vivre un important voyage intérieur. À la suite de Yeda, continuons notre chemin dans ce temps de l'Avent.

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Yoda patientait.

Il s’était posté à la porte sud de Jérusalem dans l’attente du passage des Mages. Il attendait depuis maintenant une demi-journée et aucun des trois étrangers n’avait pointé le bout de son nez. Il n’était toutefois pas étonné. Ils avaient voyagé de nuit avant d’arriver jusqu’ici, cela signifiait un rythme décalé de sommeil. Il ne les verrait peut-être pas avant la tombée de la nuit.

La route pour Bethléem était courte, deux bonnes heures de marche. Le trajet ne l’inquiétait pas plus que ça, mais Bethléem… De toutes les villes du pays, il avait fallu que ce soit celle-ci que la prophétie choisisse. Depuis qu’il avait appris sa destination, il se sentait tendu et aurait préféré une autre mission. Mais l’argent…

– Hey !

Yeda se retourna. Un soldat romain s’était approché de lui et le regardait d’un air hautain.

– Tu es là depuis plusieurs heures, tu ne bouges pas, tu ne fais rien ! Bouge de là avant que nous te sortions nous-mêmes de la ville !

Yeda le regarda et glissa sa main dans sa poche.

– Oh, je suis certain que nous pouvons nous entendre, soldat.

Il sortit alors une pièce d’or et la lui tendit furtivement. Le romain récupéra la monnaie, la toucha discrètement, puis hocha la tête rapidement avant de repartir. Yeda sourit. Ce n’était pas la première fois qu’il expérimentait le pouvoir de l’or sur les hommes. Il s’adossa à nouveau contre l’une des maisons à la sortie de Jérusalem et attendit.

Yeda s’impatientait maintenant. Depuis longtemps, en fait.

Les différentes vagues de départs de Jérusalem pour le sud du pays étaient passées et bien que la journée avait été privée de soleil, la luminosité commençait à décliner. Yeda ne voyait pas comment les mages avaient pu sortir sans attirer son attention. Ils étaient forcément dans la ville, mais quitter sa place pour chercher des renseignements était hors de question. Il suffisait qu’il s’absente pendant quelques minutes pour que les étrangers passent tranquillement sans qu’il puisse les retrouver.

Il sortit de ses rêveries en voyant trois personnages passer la porte. En les regardant, il n’eut aucune hésitation. C’était bien eux.

Le premier portait des vêtements dorés, avançait tranquillement à dos de chameau. Il arborait un sourire confiant et se retourna pour regarder ses compagnons de route.

Le deuxième portait des vêtements d’un vert éclatant. Il avançait à pied, les rênes de son chameau à la main. Il semblait agacé et accentua encore plus cette émotion en se retournant à son tour.

Le troisième portait des vêtements rouges. Il avançait à pied et tirait les rênes de son chameau pour le faire avancer. Il semblait tout penaud et se retournait pour regarder ses camarades avec un sourire gêné.

Le mage vert soupira.

– Ne pourrais-tu pas avancer normalement comme tout le monde ? À ce rythme là, ce n’est plus un nouveau-né que nous allons retrouver, mais un vieillard !

– Oh, laisse-le Melchior. Ça doit être assez humiliant comme ça.

Le mage rouge se retourna.

– Je suis désolé, mais d’où je viens, ce genre d’animaux, on n’en a pas ! Et il ne me facilite pas la tâche non plus.

Le mage vert monta sur son chameau, suivi bien plus tard par le mage rouge. Les trois étrangers s’en allèrent sur le chemin. Yeda connaissait la route pour Bethléem. Le voyage serait peut-être plus difficile pour eux que pour lui.

Cela faisait une heure que Yeda suivait les mages et il avait pu glaner plusieurs informations sur eux. Premièrement, leurs noms. Le mage vert, qui semblait en colère tout le temps, était Melchior, le mage doré, qui semblait paisible en toute circonstance, était Balthazar, tandis que le mage rouge, qui enchaînait les maladresses, était Gaspard.

Balthazar était un peu celui qui apaisait le groupe, la personne sur qui tu peux réellement compter dans les mauvais moments. Il semblait qu’il était également le plus sociable de tous.

Melchior, lui, était peu enclin aux discussions mais semblait être un énorme moteur pour faire avancer le groupe. Il avait l’air de s’être beaucoup renseigné sur la région et sur ses coutumes. Il semblait également jouer le rôle de gardien du groupe. De son côté, Gaspard semblait être le mage à qui rien ne réussit. Il avait beau être très sympathique, il était si maladroit que même Yeda, qui ne le suivait que depuis peu de temps, était affligé. En revanche, s’il y avait bien une personne qui savait reconnaître et suivre l’étoile dans le groupe, c’était lui. Le fait de ne pas voir le ciel semblait accentuer ses défauts.

Les trois mages avaient dû s’arrêter pour essayer de faire repartir le chameau de Gaspard, qui ne semblait pas vouloir continuer le voyage. Yeda regardait les pauvres hommes se débattre avec le chameau en se demandant s’il fallait en rire ou en pleurer. Caché derrière une faille rocheuse, il se demandait s’il n’allait pas s’écarter un peu pour dormir plus loin.

Alors que cette pensée lui effleurait l’esprit, ce qu’il vit le glaça d’effroi. Un serpent se rapprochait tout doucement de la jambe de Gaspard. La luminosité était telle que le mage ne pouvait pas l’avoir vu. Yeda fit les calculs dans sa tête. Sans Gaspard, pas d’étoile, pas de nouveau-né, pas d’argent…

La décision fut instantanée. Il sortit de sa cachette en courant droit vers Gaspard, ôta sa dague de son fourreau et trancha la tête du serpent d’un même geste. L’action n’avait pas duré plus de cinq secondes et Yeda se félicita de cette réussite.

Il releva la tête et fut surpris de voir trois paires d’yeux le fixer intensément. Gaspard fut le premier à réagir.

– Mais, mais vous m’avez sauvé la vie ! Merci, merci infiniment !

Il lui avait pris la main et la secouait vigoureusement.

– Soyez remercié de votre geste. Je ne sais pas quoi faire pour vous remercier.

– Attention, Gaspard, intervint Balthazar, tu vas faire peur à notre nouvel ami. Merci pour la bonté d’âme dont vous avez fait preuve à l’égard de Gaspard. Sans lui, nous aurions été en grande difficulté.

– Qu’est-ce que vous fichez au milieu de ce désert ? interpella Melchior. Vous nous suivez ?

Yeda était pris au dépourvu. La situation était tellement incongrue qu’il n’arrivait pas à retrouver  sa contenance.

– Mais non, Melchior ! rebondit Gaspard. Il doit lui aussi descendre à Bethléem, voilà tout.

– Dans ce cas, reprit Balthazar, pourriez-vous continuer votre route avec nous ? Même si Melchior connaît bien l’endroit, une bonne connaissance de la route ne nous fera pas de mal. Et vu que le chameau de Gaspard ne veut plus le laisser aller sur son dos, nous continuerons tranquillement à pied.

– Dépêchons-nous, la nuit est déjà bien avancée.

– Et toujours pas la moindre étoile, c’est vraiment étonnant.

La nouvelle équipe se mit en marche alors que Yeda reprenait ses esprits petit à petit. En l’espace d’une minute, il avait sauvé une personne dont il se fichait complètement, donné une indication sur sa destination sans parler et accepté de se joindre à cette petite troupe sans réfléchir… Intérieurement, il ne comprenait rien. Il était formé à fuir les groupes, à rester loin de tout et à ne pas interférer.

Alors qu’il continuait à marcher, il essayait de lister les événements qui lui avaient échappé, mais les prises de parole de Gaspard à ses côtés l’empêchait de se concentrer. La route promettait d’être longue.

Alors que la nouvelle troupe avançait lentement, Yeda se mit à écouter leurs conversations et même à y prendre part. Il se sentait… Bien. Il s’était tout d’abord protégé en restant distant. Puis, voyant que les trois rois mages, y compris Melchior, ne lui voulaient aucun mal, il se surprit à rire de certaines situations et à apprécier le trio. Il les avait juste trompés sur son identité et sur la raison de son voyage. Les mages voyaient en lui Chagè, un homme qui descendait à Jérusalem pour le recensement. En effet, l’empereur, pour comprendre l’étendue du peuple qu’il gouvernait, avait demandé de compter la population. Chacun devait donc retourner dans sa ville natale pour se faire recenser. Difficile de trouver un meilleur alibi.

– Alors Chagè, combien de temps comptes-tu rester à Bethléem ?

– Oh, le moins de temps possible.

– Ah, tu as de mauvais souvenirs ?

– Non, pas vraiment, mais j’aimerais ne pas croiser certaines personnes.

– Je suis persuadé que tu étais un délinquant plus jeune et que tu es encore recherché dans toute la ville, avait expliqué Melchior.

– Melchior s’interposa Gaspard, Chagè est un invité. Tu ne peux pas le traiter de la sorte, c’est indigne de toi !

– Ce qui est indigne, c’est ton rythme de marche avec ton chameau là ! C’est de pire en pire, on irait tellement plus vite sans toi !

– Oui, mais vous auriez beaucoup plus de mal à vous diriger, surtout avec ton impressionnante connaissance des étoiles.

– Tu veux qu’on parle de mes connaissances sur les phalanges dans le visage aussi ?

– Allons, allons, les amis ! Ne nous donnons pas en spectacle.

Yeda ne put s’empêcher de rire.

Melchior se retourna vers Yeda, le regard agacé, puis reprit sa route, suivi de très près par Gaspard. Balthazar se mit à marcher à la même hauteur que Yeda.

– Ne le prends pas mal Balthazar, mais votre trio, c’est quand même un peu le chaos. Si vous n’étiez pas là pour faire l’équilibre, Melchior et Gaspard s’entretueraient.

Balthazar sourit.

– Tu crois ça ? Ben, ils ont des caractères très différents et Melchior a l’air d’avoir le sang chaud. Je doute qu’il puisse passer une heure sans se prendre la tête, tous les deux.

Balthazar regarde Yeda.

– Tu seras donc sans doute surpris d’apprendre que Melchior et Gaspard ont passé plusieurs jours ensemble avant de me rencontrer et que nous constituons ce groupe. Ils se connaissent bien, c’est ce qui leur permet d’être franc l’un avec l’autre. Ne t’inquiète pas, ils ont l’intelligence de se parler correctement quand ça ne va vraiment pas.

Il se tourna alors vers Yeda. 

– Et dans ce groupe, il n’y a pas de chaos. Par contre, il y a bien un autre élément imprévisible.

– Ah… Et lequel ?

– La vie.

Yeda resta silencieux pendant un bon moment. En effet, les mages vivaient. Avec leurs disputes, leurs joies, leurs craintes et leurs espoirs, ils vivaient. Yeda rentra en lui-même. Depuis combien de temps ne s’était-il pas ouvert à l’imprévisible, à la vie ? À quand remontait la dernière fois qu’il s’était laissé porter par les événements, avait accepté de lâcher prise ? Depuis le début de cette mission, quelque chose en lui bougeait. Une forme de force qu’il n’avait pas ressentie depuis très longtemps.

Alors qu’il faisait ce point intérieur, Gaspard, qui avait miraculeusement pris la tête du groupe, se retourna.

– Regardez ! Voici Bethléem !

Yeda sortit de ses pensées. Une nouvelle étape de son voyage commençait.

Merci d’avoir suivi les aventures de Yeda qui le mènent actuellement vers Bethléem.

Nous avons, nous aussi, pleinement commencé notre chemin vers Noël. Alors que notre personnage commence à s’attacher aux mages et à comprendre l’enfermement dans lequel il vit, prenons un temps pour nous poser la question :

Arrivons-nous à laisser Dieu entrer dans notre vie ? Quelle est la place que nous lui donnons ?

Sommes-nous prêts à nous laisser déranger par lui ? Avons-nous l’absolue certitude qu’il agira toujours pour notre plus grand bien ?

Prenons un temps cette semaine avec lui pour lui demander de quelle façon nous devons lui faire de la place.

Si vous avez aimé cet épisode, n’hésitez pas à liker, partager et commenter, ainsi qu’à nous suivre sur les réseaux sociaux. On se retrouve dimanche prochain pour la suite des aventures de Yeda et avec Aleteia, nous vous souhaitons un excellent Avent à tous.

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