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Malte, terre de grâces mariales

MALTRA

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Daniel Esparza - publié le 12/12/23

Vous connaissez peut-être l'archipel maltais pour son magnifique littoral, la réputation de ses spots de plongée ou ses célèbres fêtes… Mais Malte abrite également plusieurs sanctuaires mariaux reconnus comme étant miraculeux.

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La littérature grecque antique, et en particulier les œuvres d’Homère, est généreuse pour décrire les personnages. Mais elle ne semble pas vraiment se soucier des représentations physiques minutieuses. Elle préfère se concentrer sur les principaux traits moraux de ses protagonistes. Cependant, certaines lignes de l’Iliade précisent qu’Achille avait les cheveux « blonds » (xanthos) (Cf. Iliade 1.197), que les yeux d’Athéna étaient « brillants » comme ceux d’une chouette (glaukopis, dans la version originale), ou que le héraut d’Ulysse, Eurybate, avait les épaules rondes et la peau foncée (melanokhroos). Bien sûr, tout cela fait l’objet de discussions animées parmi les chercheurs : comment traduire xanthos, par exemple, étant donné qu’il est étymologiquement lié à xouthos, un mot également utilisé pour décrire Achille, et qui souligne autant sa remarquable rapidité que sa forte volatilité émotionnelle ?

Comparés à la littérature grecque classique, les récits bibliques paraissent lacunaires, manquant de détails, laissant beaucoup de place à l’imagination du lecteur lorsqu’il s’agit de décrire les personnages principaux. Même si la Bible est elle-même un ensemble complexe de sources et de genres littéraires différents, les auteurs bibliques donnent peu de détails concernant l’apparence des nombreux personnages. La Bible ne décrit, par exemple, aucune des caractéristiques physiques de Moïse ou de David. Il semblerait que le premier était peut-être bègue, à moins qu’il ne parlait pas la même langue que les gens qu’il conduisait à travers le désert, et que le second était plus petit que Goliath, ce qui laisse de la marge pour l’imagination puisque Goliath était un géant. Il est vrai qu’en regardant certains noms et en apprenant leur signification étymologique, d’autres indications physiques peuvent être déchiffrées : Ésaü, par exemple, pourrait signifier « roux » ou « hirsute », ce qui suggère qu’il était peut-être à la fois chevelu et roux.

Peu de détails sur les apparences

De même, aussi surprenant que cela puisse paraître, le Nouveau Testament n’est pas très loquace sur l’apparence de son personnage principal, Jésus, et encore moins sur celle des apôtres. C’est pourquoi dès l’aube du christianisme, les artistes ont dû s’appuyer sur les canons artistiques de leur époque plutôt que sur les témoignages écrits et oraux des premières communautés chrétiennes lorsqu’ils devaient représenter leur Messie dans des icônes ou des fresques. Il en va de même pour Marie, car les Écritures ne fournissent pas non plus beaucoup de détails sur son apparence.

L’un de ces artistes, selon la tradition, est également l’un des auteurs des Évangiles. La tradition chrétienne a attribué à Luc de nombreux talents, et entre autres celui d’être un peintre exceptionnel. Considéré comme le plus littéraire de tous les évangélistes, saint Luc n’aurait pas seulement écrit un Évangile et les Actes des Apôtres, mais les Églises orientales le considèrent aussi comme le premier « iconographe » et auteur de la première icône de la Sainte Vierge. Un récit ancien explique comment, au Vème siècle, une impératrice byzantine emporta une icône attribuée à saint Luc, depuis Jérusalem jusqu’à Constantinople. Le monastère de Hodèges a été construit pour la conserver, et plus tard, toutes les copies de cette icône ont été connues sous le nom de Hodégétria. L’image originale aurait été perdue au Moyen Âge.

La Madone Saint-Luc : Cette icône, qui représente la Vierge tenant l’Enfant, est conservée à la cathédrale métropolitaine Saint-Paul, dans l’ancienne capitale de Malte, Mdina. Elle doit son nom à la croyance longtemps entretenue selon laquelle elle aurait été peinte par saint Luc lui-même. Cependant, les historiens de l’art s’accordent désormais à dire qu’il s’agit d’une icône médiévale.

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La Madone Saint-Luc, cathédrale métropolitaine Saint-Paul.

C’est ce même Luc qui fut également le compagnon et le scribe de Paul lors de ses voyages autour de la Méditerranée pour prêcher l’Évangile. En l’an 60, alors qu’il se rendait à Rome pour y être jugé, Paul fit naufrage au large de la côte nord-ouest de Malte et y passa les mois d’hiver. Pendant son séjour, il convertit le gouverneur de l’île, Publius, qui fut ensuite le premier évêque et le premier saint de Malte, il guérit les malades et convertit des personnes, établissant ainsi les racines du christianisme maltais. Luc raconte l’histoire, à la première personne du pluriel, dans les Actes au chapitre 28 :

Une fois sauvés, nous avons découvert que l’île s’appelait Malte. Les indigènes nous ont traités avec une humanité peu ordinaire. Ils avaient allumé un grand feu, et ils nous ont tous pris avec eux, car la pluie s’était mise à tomber et il faisait froid. Or comme Paul avait ramassé une brassée de bois mort et l’avait jetée dans le feu, la chaleur a fait sortir une vipère qui s’est accrochée à sa main. À la vue de la bête suspendue à sa main, les indigènes se disaient entre eux : « Cet homme est sûrement un meurtrier : il est sorti sain et sauf de la mer, mais la justice divine ne permet pas qu’il reste en vie. » Or Paul a secoué la bête pour la faire tomber dans le feu, et il n’en a éprouvé aucun mal, alors que les gens s’attendaient à le voir enfler ou tomber raide mort. Après avoir attendu un bon moment, et vu qu’il ne lui arrivait rien d’anormal, ils ont changé complètement d’avis : ils disaient que Paul était un dieu. 
Il y avait là une propriété appartenant à Publius, le premier magistrat de l’île ; il nous a accueillis et, pendant trois jours, nous a donné une hospitalité cordiale. Or son père était au lit, atteint de fièvre et de dysenterie. Paul est allé le voir, il a prié, lui a imposé les mains et lui a rendu la santé. À la suite de cet événement, tous les autres malades de l’île venaient à lui et ils étaient guéris. On nous a comblés d’honneurs et, lorsque nous avons pris la mer, on nous a fourni tout ce dont nous avions besoin.

Depuis lors et jusqu’à ce jour, les Maltais comptent parmi les catholiques les plus fervents du monde. Malte peut revendiquer une tradition ininterrompue de deux millénaires d’un riche héritage chrétien, et d’une communauté aussi ancienne que celles de Jérusalem, d’Éphèse, de Corinthe et de Rome, grâce au naufrage providentiel de Paul. Le pays compte aujourd’hui plus d’une église par kilomètre carré. Il y a tellement de chapelles et d’églises dans l’archipel que vous pourriez assister à la messe dans une église différente, presque tous les jours, pendant une année entière : il y en a 359 au total. Même la plus petite des îles de l’archipel maltais, Comino, connue pour ses remarquables lagons bleu cristal, possède une chapelle… pour trois habitants !

Une multitude de sanctuaires dédiés à la Vierge

La plupart de ces églises sont dédiées à la Vierge Marie, et certaines d’entre elles sont connues pour être des lieux où d’innombrables grâces spéciales et miraculeuses ont été accordées à de nombreuses personnes au fil des siècles. Les nombreux ex-voto recouvrant l’un des murs du Sanctuaire Notre-Dame de Mellieħa pour les prières exaucées, allant de notes manuscrites à de minuscules vêtements de bébé, en passant par un casque de moto, confirment ces miracles. Aujourd’hui encore, les pèlerins se déplacent donc en masse dans ces églises pour demander à la Vierge une grâce spéciale ou pour la remercier pour celles déjà reçues. La prochaine fois que vous prévoyez de visiter un sanctuaire marial, pensez à la Madone Tal-Ħerba à Birkirkara ; au sanctuaire national Notre-Dame de Ta’Pinu à Gozo ; ou encore à l’ancien sanctuaire de l’Immaculé conception à Qala pour ne citer que trois des nombreuses et magnifiques églises mariales du pays.

L’influence de saint Luc ?

Le fait que Luc ait fait naufrage avec Paul dans l’archipel maltais pourrait expliquer pourquoi les archives historiques et les traditions orales témoignent d’une dévotion mariale très ancienne répandue dans ces îles. Luc n’est pas seulement considéré comme l’auteur de la toute première image mariale du christianisme : son Évangile est le plus marial de tous et contient les germes de la théologie mariale qui sera développée au cours des siècles. De fait, les traditions maltaises considèrent qu’il est probable que Luc ait parlé aux habitants de l’île de la Mère du Sauveur. Les nombreuses chapelles que l’on trouve dans le paysage maltais témoignent que Malte était, dès le départ, un centre de dévotion mariale sans équivoque. En effet, après que Constantin eut déclaré que le christianisme était la religion de l’Empire, de nombreux temples néolithiques furent transformés en églises dédiées au Christ et à ses saints. De même, celles qui étaient dédiées à des déesses ont été consacrées à la Sainte Vierge par une population qui, toujours selon la tradition orale, lui était probablement déjà dévouée.

[EN IMAGES] Les plus belles églises et sites de pèlerinage de l’archipel maltais

En partenariat avec l’Office du tourisme de Malte

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Tags:
MalteVierge Marie
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