"Je viens du Havre et j'ai grandi à la campagne, avec des parents médecins, un père libanais de tradition orthodoxe mais non croyant non pratiquant et une mère sans religion", affirme Paul, comme pour s'assurer qu'il n'avait aucune chance de devenir chrétien. Aîné d'une fratrie de quatre, c'est un bon élève qui aime les maths, et logiquement il entre en Prépa et obtient un diplôme d'ingénieur, puis un master en maths, en finances, et un diplôme d'école de commerce. Mais ce disciple de Descartes est aussi passionné d'histoire, de français et de lettres.
Et Dieu dans tout ça ? "Ridicule", a-t-il longtemps pensé. Durant son enfance, ses copains vont au caté, lui non et ne s'en plaint pas. Un jour, il tente une prière à Dieu - sans succès - et de ce jour met son Imagerie de la Bible, nécessaire à sa culture générale au placard. "Je ne croyais ni au sacré ni au surnaturel, et je me moquais de ceux qui y croyaient", ajoute-t-il. Même si, avec un père libanais, il participe chaque année aux offices de Pâques et regarde les dessins animés Le Prince d'Egypte et Joseph, le Roi des Rêves, non, il ne croit pas en Dieu. D'ailleurs, à la fin de son adolescence, alors qu'il décroche brillamment son bac, il est sûr d'une chose : "la religion, c'est l'obscurantisme".









