"Quand on vous persécutera dans une ville, passez dans une autre !" : ce conseil de l’Évangile, les premiers chrétiens ont toujours tenté de le mettre en pratique, avec plus ou moins de succès. C’est ainsi que Pierre et la communauté de Jérusalem ont quitté la Judée afin de se placer hors la juridiction d’Hérode et, du même coup, commencé à propager la bonne nouvelle du Salut. L’Église théorisera ensuite cette attitude, cherchant le juste équilibre entre ce qui pourrait être une fuite lâche devant le martyre et l’imprudence coupable d’y courir à la légère, qui priverait des grâces nécessaires dans l’épreuve, faisant de surcroît porter aux témoins une part de responsabilité dans le lourd péché de leurs bourreaux.
Il ne faut pas croire, cependant, que ce choix de partir soit facile : l’exil, même dans ce monde ouvert qu’est l’Empire romain, constitue toujours une douloureuse épreuve. À la fin du IIIe siècle, celle-ci se trouve aggravée par le durcissement de la législation impériale anti-chrétiens qui déchoit les fidèles en fuite de leurs droits civiques, des avantages liés à leur naissance et leur condition sociale, entraînant la confiscation de leur fortune, s’ils en ont. Ce choix, qui fait préférer le Christ à tous les biens de ce monde, est donc hautement méritoire, d’autant qu’il n’est pas toujours une assurance vie, hélas… La terrible histoire de Julitta, Juliette, et de son petit garçon, Kyriacos, Cyr, le prouve.












