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Sainte Blandine et saint Pothin, martyrs de Lyon : une histoire encore d’actualité

SAINTE BLANDINE SAINT POTHIN
Pascal Deloche/Godong
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Le 2 juin, l’Église fait mémoire de sainte Blandine, saint Pothin et leurs compagnons martyrs de Lyon. Qui sont-ils et pourquoi le récit de leur sort funeste n’a-t-il pas pris une ride ?

Les sévices que les chrétiens des premiers siècles de notre ère ont subi, dont la lettre des martyrs de Lyon porte le récit poignant, ne sont que les premiers d’une longue série de persécutions qui se perpétuent partout dans le monde, de l’Égypte au Congo, du Mexique à la Chine.

Avec un luxe de détails, la « Lettre des chrétiens de Vienne et de Lyon à leurs frères d’Asie et de Phrygie » nous plonge dans les angoisses et la terreur de ces premiers missionnaires chrétiens, installés à Lyon et sauvagement exécutés en 177 sous le règne de l’empereur Marc Aurèle. « Les souffrances endurées par les bienheureux martyrs ont été si véhémentes que nous ne saurions les décrire exactement et qu’il est impossible d’en faire un récit complet ». Le groupe de chrétiens dont le texte raconte le funeste sort, réuni autour de la figure centrale de Pothin, a été envoyé en Gaule par Polycarpe, évêque de Smyrne et disciple de saint Jean. Cette lettre bouleversante a été sauvée de l’oubli par l’historien Eusèbe de Césarée (vers 339) qui la cite dans le cinquième livre de son Histoire ecclésiastique.

L’esclave Blandine est citée régulièrement au long de cette « Lettre des chrétiens de Lyon ». Présentée comme fragile et chétive, elle manifeste pourtant une grande ténacité face aux supplices qu’elle subit :

« Suspendue à un poteau, (Blandine) était exposée pour être la pâture des bêtes qu’on lâchait sur elle. En la regardant suspendue à cette espèce de croix, en l’entendant prier à haute voix, les combattants sentaient croître leur courage : au milieu de leur combat, ils voyaient, de leurs yeux de chair, à travers leur sœur, Celui qui a été crucifié pour eux afin de montrer à ses fidèles que tous ceux qui souffrent pour glorifier le Christ gardent toujours l’union avec le Dieu vivant. Comme aucune bête ne l’avait alors touchée, on la détacha du poteau et on la remit en prison, en réserve pour un autre combat. »

Sa foi indéfectible la protégeait comme un rempart : « Aucune des bêtes, ce jour-là, ne toucha Blandine » rapporte le récit. Sous les coups, elle exhortait ses frères par sa prière et ses actes. « La vue de la vierge ainsi crucifiée, qui ne cessait de prier d’une voix forte, affermissaient les frères qui livraient bataille. […] Ponticus était soutenu par sa sœur chrétienne ; les païens le voyaient bien, c’était elle qui le stimulait et lui donnait courage. »

Lire aussi : Le bestiaire de la Bible : le lion, certes royal mais aussi synonyme du mal

Blandine est aujourd’hui la patronne de la ville de Lyon ainsi que celle des servants(es). Désireuse de suivre le Christ jusqu’au martyr, « comme cette noble mère qui jadis avait exhorté ses enfants et les avait envoyés victorieux devant le roi (II livre des martyrs d’Israël 7, 21-23), elle subit à son tour toutes les luttes de ses enfants spirituels, pressée de les rejoindre. Elle était heureuse et enthousiaste de son prochain départ, comme une invitée qui se rend à un festin de noces, plutôt qu’une victime jetée aux fauves. »

« Après les fouets, après les fauves, après la chaise de feu, on l’enferma dans un filet pour la livrer à un taureau. À plusieurs reprises, elle fut lancée en l’air par l’animal. Mais elle ne sentait plus rien de ce qui lui arrivait : toute entière à son espérance, aux biens promis à sa foi, elle continuait le dialogue avec le Christ. On finit par l’égorger, elle aussi. Les païens eux-mêmes durent avouer que jamais femme chez eux n’avait subi de si cruels et de si nombreux tourments. »

« Tu le sauras quand tu en seras digne »

Les occurrences de saint Pothin lui-même sont moins nombreuses. Nous savons d’après le récit qu’il « gouvernait comme évêque l’Église de Lyon », qu’il était fort âgé (90 ans) et que sa santé était fragile. Il subit le martyr après avoir tancé le gouverneur local qui lui demandait quel était le Dieu des chrétiens. Il lui avait répondu : « Tu le sauras quand tu en seras digne ».

« Du tribunal on l’entraîna sans ménagement et on lui fit subir des souffrances de toutes sortes. Ceux qui étaient près le brutalisaient sans arrêt à coups de poing et à coups de pieds, sans aucun égard pour son âge ; ceux qui étaient loin lui lançaient ce qui leur tombait sous la main ; tous pensaient qu’ils eussent été coupables et impies, s’ils s’étaient dispensés de quelque grossièreté à son égard. Ils croyaient ainsi venger leurs dieux. Pothin respirait à peine quand il fut jeté en prison : deux jours après, il rendit l’âme. »

Sont également recensés les martyrs de nombreux compagnons chrétiens de Lyon tels que le diacre de Vienne Sanctus, Maturus, Alexandre le médecin ou encore Attale. Ces derniers « passèrent par tous les instruments de torture inventés pour l’amphithéâtre et soutinrent un très rude combat. À la fin, ils furent eux aussi mis à mort. Alexandre ne fit entendre ni le moindre gémissement ni même le moindre murmure, mais dans son cœur il s’entretenait avec Dieu. Attale, lui, avait été placé sur la chaise de fer et y brûlait de tous côtés ; comme la fumée s’élevait de son corps, il s’adressa à la foule en latin : “Eh bien ! c’est cela, manger de la chair humaine : c’est ce que vous faites ! Nous, nous ne sommes pas des anthropophages et nous ne faisons rien de mal !” Et, comme on lui demandait quel est le nom de Dieu, il répondit : “Dieu n’a pas de nom comme en portent les hommes.” »

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Le récit des martyrs de Lyon ne retient pas que les actes héroïques de ces « athlètes de Dieu » qui ont vaillamment « combattu » dans l’arène. Il parle aussi d’une humanité qui se sait condamnée et qui a peur. Par la grâce elle reste debout, remplie d’une espérance qui la dépasse. Mais par la peur et la souffrance, combien de ces chrétiens ont fui, apostasié ou dénoncé les leurs ? Le récit les évoque aussi, certains sont des apostats repentis, qui reviennent sur leurs dénonciations, « renient leur reniement », sont remplis de scrupules : « Leur apostasie n’avait été d’aucune utilité ». Tous, en revanche « comme Étienne, le martyr parfait, priaient pour leurs bourreaux : « Seigneur, ne leur impute pas cette faute ». Comme « des fleurs différentes et de couleurs variées, ils tressèrent une seule couronne, qu’ils présentèrent au Père. »

Pour acquérir la lettre, c’est par ici. Pour la lire, c’est par là.

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