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“Je suis allé voir le corps de la religieuse que les gens disent incorruptible”

Ciało s. Wilhelminy. Ludzie modlą się przy jej zwłokach, które się nie rozłożyły.

Charlie Riedel/Associated Press/East News

Le corps de la fondatrice des Bénédictines de Marie Reine des apôtres, sœur Wilhelmina Lancaster, a été découvert dans un état de conservation surprenant le 28 avril dernier.

Tom Hoopes - publié le 11/06/23

Aux États-Unis, le corps de la religieuse Wilhelmina Lancaster (1924-2019) a été trouvé incorruptible. Contributeur régulier de l’édition américaine d’Aleteia, Tom Hoopes, raconte son expérience. "Je ne sais pas si soeur Wilhelmina est une sainte ou non, mais ce que je sais, c’est qu’elle m'inspire pour le devenir."

Je suis allé voir le corps de sœur Wilhelmina, la fondatrice de la congrégation bénédictine Marie Reine des apôtres, dans le Missouri. J’ai été beaucoup plus bouleversé que ce que je pensais. Depuis, je pense à elle et je prie. 

L’histoire de Sœur Wilhelmina Lancaster 

Le Daily Mail de Londres a raconté “L’incroyable histoire de sœur Wilhelmina, la religieuse du Missouri dont le corps montre peu de signes de décomposition”. Sœur Wilhelmina est née en 1924 à Saint-Louis, aux États-Unis. Elle a entendu la voix de Dieu lorsqu’elle a reçu sa première communion à l’âge de 9 ans. Ce jour-là, Jésus lui a demandé d’être à lui et elle a répondu “oui” en lui donnant toute sa vie. En 1944, elle a prononcé ses vœux chez les Sœurs oblates de la Providence. En 1995, alors qu’elle avait 70 ans, elle a fondé un ordre bénédictin et s’est installée à Gower, dans le Missouri. Elle y est décédée en 2019, à l’âge de 94 ans après s’être écrié : “J’ai vu Jésus ! Je veux aller au paradis !” Le 28 avril dernier, son corps a été découvert de façon inattendue, car son couvent devait commencer des travaux nécessitant le déplacement de sa tombe.

Cela met l’Église dans une situation délicate

L’Église catholique est une institution prudente. Elle ne se précipite jamais et ne porte pas de conclusions hâtives lors de phénomènes miraculeux. sœur Wilhelmina Lancaster ne fait donc pas exception. “Il est compréhensible que beaucoup soient poussés par la foi et la dévotion à aller voir la dépouille mortelle de sœur Wilhelmina, compte tenu de l’état remarquable de son corps. Cependant, les visiteurs ne doivent pas toucher ou vénérer son corps, ni les traiter comme des reliques”, a déclaré l’évêque James Johnston. “Des cas d’incorruptibilité ont déjà existé dans le passé, mais c’est un cas très rare. Il existe un processus bien établi pour poursuivre la cause de canonisation”.

Pour l’instant, je dois donc évaluer mon expérience sur un terrain fragile : des sentiments personnels plutôt que des faits établis. Pour moi, cette expérience a été étrange mais puissante. Une expérience qui s’inscrit loin de notre culture américaine sécularisée. Ce que je peux dire, c’est que depuis ma visite, je n’arrive pas à chasser Sœur Wilhelmina Lancaster de ma tête. Tout d’abord, aller voir le cadavre de quelqu’un que vous n’avez jamais rencontré dans votre vie est inhabituel, et voir des files de personnes qui attendent pour cela est étonnant. Mais plus j’y pense, plus je me dis que c’est naturel. D’innombrables personnes ont fait la queue pour voir le corps de la reine Elizabeth. Ils ne l’ont pas fait parce qu’ils voulaient voir une personne morte. Ils l’ont fait parce que le corps fait partie de notre identité et donc même si l’esprit et le corps étaient séparés, le corps de la reine avait toujours un sens.

Le christianisme nous transmet cette compréhension de l’humanité. Il suffit de penser à la fête de l’Assomption qui célèbre la Vierge Marie qui est montée au Ciel corps et âme. Le pape François expliquait que ce mystère montre que “Dieu veut sauver l’homme tout entier, c’est-à-dire sauver son âme et son corps”. Les hommes sont une unité corps et âme. Je ne suis pas mon corps et je ne suis pas mon âme, mais je suis mon corps et mon âme unis, inséparables l’un de l’autre. 

Le corps d’un saint a une signification encore plus grande que celui d’une reine

La reine d’Angleterre a accompli son devoir tout au long de sa vie avec dignité. Sœur Wilhelmina s’est battue pour être fidèle à sa vocation jour après jour par la foi, l’espérance et l’amour. Visiter le corps de la reine Elizabeth, c’était participer à l’histoire du monde, où de grands hommes et de grandes femmes façonnent les différentes époques. 

Visiter le corps d’une personne sainte, c’est participer à l’histoire du salut, où des hommes et des femmes ordinaires sont façonnés par l’éternité. Voir la dévotion de tant de personnes était très étrange pour moi… au début. Les personnes qui sont venues voir le corps de Sœur Wilhelmina, étaient emportées par leur enthousiasme et priaient, touchant son corps et la vénérant. D’abord, j’ai plaisanté en disant qu’elles avaient une âme plus catholique que la mienne, mais maintenant, plus j’y pense, plus cela me semble vrai. Les catholiques devraient être habitués à regarder une personne morte et à ne pas penser tant à la fin de la vie, qu’à la vie future que nous aurons tous.

Voir le corps de sœur Wilhelmina séparé de son âme, c’est certes voir à quel point la mort est horrible et contre nature, mais surtout c’est voir son corps intact et, se rappeler que Jésus a surmonté l’horreur de la mort et nous ressuscitera tous un jour. Je ne sais donc pas si Sœur Wilhelmina est une sainte ou non, mais ce que je sais, c’est qu’elle m’inspire pour le devenir.

Tags:
corpsÉtats-UnisReligieux
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