Aleteia logoAleteia logoAleteia
Vendredi 23 février |
Saint Alexandre l'Acémète
Aleteia logo
Tribunes
separateurCreated with Sketch.

« Féminicides judéo-chrétiens » ? Une sottise systémique 

feminisme-075_pitton-notitle220308_npb42

ALAIN PITTON / NURPHOTO / NURPHOTO VIA AFP

Manifestation à Toulouse lors de la journée internationale de la femme, le 8 mars 2022.

Xavier Patier - publié le 08/03/23

Les "féminicides" seraient un effet "systémique" de la culture judéo-chrétienne. Devant une telle sottise, s’il y a bien une urgence pour lutter contre les féminicides, affirme l’écrivain Xavier Patier, c’est de rétablir la vérité : ce sont les cultures chrétiennes qui protègent le mieux les femmes.

Sans donateurs, l’avenir d'Aleteia s’écrit en pointillé.
Pour que Aleteia reste gratuit et faire rayonner l’espérance qui est en vous,
Faites un don à Aleteia !

JE FAIS UN DON

(avec réduction fiscale)

On se demande comment feraient les nigauds si le mot « systémique » n’existait pas. Pour donner du crédit aux noms qu’ils emploient, les politiques au verbe court et les militants pressés de terminer leur phrase sur les plateaux de télévision ont coutume de leur accoler l’adjectif « systémique ». Systémique, cela fait à la fois savant et indigné. Les abus dans l’Église sont systémiques. Systémique, le racisme à l’école. Systémiques, les inégalités de genre. Systémique, la crise de l’hôpital. Un abus, c’est mal ; un abus systémique, c’est rédhibitoire ! On ne pardonne pas un abus systémique. Car derrière le mot systémique, se cache la volonté, vieille comme le monde, de régler son compte à tout ce qui ressemble à un système et de jeter le bébé avec l’eau du bain. Le système, voilà l’ennemi ! 

« Incontournable »

Que les élus, les journalistes, les opposants, tous les citoyens soient par nature des êtres systémiques, puisqu’ils expriment le système, ne pose pas problème à ceux qui dénoncent le mal « systémique ». D’où parlent ces bavards ? Du système qui les façonne. Un esprit autodestructeur s’empare ainsi des nouveaux indignés. Cercle vicieux. Point de salut. 

Naguère, l’adjectif dont les politiques abusaient pour faire sérieux était « incontournable ». Il y a quarante ans rien n’était systémique, hormis les fongicides employés en agriculture, mais tout était « incontournable ». Le qualificatif incontournable est né dans la bouche du Premier ministre Pierre Mauroy en 1981. Le chef du gouvernement de l’époque semblait découvrir que la réalité avait le mauvais goût d’être la réalité, c’est-à-dire d’être « incontournable ». Il ne pouvait plus finir une phrase sans employer ce mot magique : incontournable. Ainsi de la rigueur budgétaire, des hausses d’impôts, des limitations de vitesses, des nationalisations ou du contrôle des changes : incontournables. Pas le choix. La fortune du mot incontournable fut immense ; il servit même à expliquer plus tard la fatalité de la première guerre du Golfe, puis il tomba dans l’oubli.

Nommer le mal

Revenons au « systémique », qui rend tant de services aujourd’hui à ceux qui n’ont pas le temps de réfléchir à ce qu’ils disent. La dernière trouvaille est à mettre au crédit de la porte-parole de l’association « Osez le féminisme » : elle vient de déclarer dans une émission de télévision que les féminicides sont « des faits systémiques ».

Elle n’était pas la première à le dire. Mais elle a cru bon d’ajouter, pour faire bonne mesure, que c’est « notre culture judéo-chrétienne » qui « engendre les féminicides systémiques ». S’agissant d’un drame aussi horrifiant, on ne risquera pas de plaisanterie. Mais nous pouvons rappeler l’incontournable réalité systémique : la vieille Europe judéo-chrétienne est, de très loin, le continent où le taux d’homicides conjugaux est le plus faible : 0,7 pour 100.000 habitants contre 0,9 en Asie, 1,7 sur le continent américain ou 3,1 en Afrique, selon un rapport de l’ONU.

Le péché est universel, la chute d’Adam est systémique, mais il existe des cultures qui protègent davantage les femmes, et il se trouve que ce sont les cultures chrétiennes.

Il faudrait déconstruire ce résultat pour le comprendre. D’où viennent de telles différences ? Vont-elles en s’accroissant ? Que nous enseignent-elles ? Ceci : que pour lutter contre les homicides, et contre les féminicides en particulier, nous devons d’abord être capables de nommer le mal. Le péché est universel, la chute d’Adam est systémique, mais il existe des cultures qui protègent davantage les femmes, et il se trouve que ce sont les cultures chrétiennes. La dignité de la femme est au cœur du message de l’Évangile. S’il y a quelque chose qui devient systémique dans notre beau pays, c’est la sottise.

Tags:
Féminisme
Vous aimez le contenu de Aleteia ?

Faites du soutien de notre mission votre effort de Carême 2024.

Notre mission ? Offrir une lecture chrétienne de l’actualité et transmettre l’espérance du Christ sur le continent numérique.

Nous sommes les missionnaires du XXIème siècle : accompagnez-nous par vos dons !

Grâce à la déduction fiscale, vous pouvez soutenir le premier site internet catholique au monde tout en réduisant vos impôts.

(avec déduction fiscale)
ASSISE-Ictus-x-Aleteia.gif
Le coin prière
La fête du jour





Top 10
Afficher La Suite
Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous gratuitement