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Du bon Samaritain au profiteur, la pénurie de carburant révèle les caractères

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JEFF PACHOUD / AFP

Véhicules attendant à une station-service de Lyon, 10 octobre 2022.

Mathilde de Robien - publié le 12/10/22

Les difficultés d'approvisionnement en essence font ressortir certains traits de caractère. Le profiteur, le bon Samaritain, le prudent… De manière caricaturale et humoristique, Aleteia s’est efforcé d’esquisser différents portraits face à cette situation inédite.

Dans le contexte des crises géopolitiques, sociales et écologiques actuelles, Emmanuel Macron avait évoqué, le 24 août, la « fin de l’abondance ». C’était sans compter les grèves des raffineries de pétrole qui commencent à perturber sérieusement la vie de nombreux Français. Une situation inédite qui fait apparaître différentes réactions et traits de caractère. Ne dit-on pas que c’est dans l’adversité que les personnalités se révèlent ? Du profiteur au bon Samaritain, en passant par le créatif et le parano, découvrez, en souriant, ces nouvelles manières d’appréhender la pompe à essence.

Le profiteur« On prend ta voiture ? »

Le profiteur cache bien son jeu. Avec un air hyper détaché, comme si l’essence coulait à flot en ce moment, il sort sa carte au dernier moment : « Une virée à Honfleur ? Super idée, non ? On prend ta voiture ?! » Pas moyen de se débiner, on passerait pour un peureux, un lâche ou un radin. Le profiteur fait mine de ne pas profiter. Pas de merci, ni de mots gentils. « Elle a combien au compteur, ta bagnole, elle se traîne, non ? » Le profiteur ne manque pas d’air, et en profite… jusqu’au bout : « Tu me déposes ? J’en ai plein les pattes moi, et puis c’est sur ton chemin » (alors que pas du tout).

Le bon Samaritain« Je passe te prendre ! »

A l’opposé du profiteur, le bon Samaritain. Chevaleresque, il poursuit inlassablement l’idéal scout et pense aux autres avant de penser à soi. En ces temps de disette pétrolière, c’est lui qui ne fait qu’un quart de plein pour en laisser aux suivants. Ou qui propose sa voiture pour une virée entre copains : « Je passe te prendre » lance-t-il à tous, sans compter les kilomètres de détours… Sauf qu’à force de bons sentiments, sa voiture n’a plus qu’une autonomie de petite souris. Ils n’iront pas loin, mais ce genre de considérations aussi terre à terre n’entrent pas en ligne de compte avec la sainteté.

L’optimiste« On trouvera bien une station avec de l’essence ! »

Pénurie ou non, l’optimiste est toujours serein. Il ne regarde pas sa jauge, et ne limite pas ses déplacements, ni pour le boulot, ni pour les loisirs : « On trouvera bien une station avec de l’essence ! ». Quand un optimiste partage sa voiture avec un prudent, les relations se tendent rapidement. « On ne va quand même pas se priver d’un week-end à la campagne parce qu’il y a un peu plus de monde que d’habitude à la station-service ! » Pour l’optimiste, tout est toujours facile : « Il suffit de checker l’appli et d’être un peu patient, y a pas de quoi en faire un fromage ! » Ce que l’optimiste oublie généralement, c’est que bien souvent, c’est le prudent qui va faire le plein.

Le prudent« Je préfère économiser mon essence »

C’est l’écureuil des temps modernes. Il amasse mais ne dépense pas. Il fait des réserves, aussi bien de carburant dans un jerrican que de pots de moutarde. Parce que le prudent ne sait pas de quoi demain sera fait. Il est pessimiste quant aux négociations entre les syndicats et le patronat des raffineries de pétrole. Il prévoit même des pénuries de tout, puisqu’il n’y a plus de camions pour transporter les produits finis et les matières premières. Et d’ailleurs, il est pessimiste quant à l’avenir de la France en particulier, et de la planète en général. Alors quand on lui propose, pour lui changer les idées, une visite ou une virée, il répond : « Je préfère économiser mon essence, on ne sait jamais ».

Le stoïque« On parle d’essence là, pas d’un besoin vital »

Le stoïque ne se laisse pas atteindre par le stress ambiant. Il regarde à peine les infos et coupe la radio quand les journalistes commentent les difficultés d’approvisionnement. Cependant, il aime beaucoup donner des conseils : « M’enfin prenez le vélo, ou les transports ! On parle d’essence là, pas d’un besoin vital ». Son détachement fait envie, ou énerve. Et puis en creusant un peu, on réalise qu’il n’a pas de voiture, ou bien qu’il a une carte professionnelle prioritaire.

Le créatif« Je fais mon propre éthanol »

Le créatif ne se laisse pas abattre pour si peu. Il a plus d’un tour dans son sac. Plus d’essence ? Qu’à cela ne tienne ! Il le fabriquera lui-même. Il a épluché tous les sites internet et s’est lancé sans plus attendre dans sa propre fabrication d’éthanol à partir de déchets organiques. « C’est simplissime ! Tu prends des fruits pourris, tu les écrases, tu ajoutes de l’eau et de la levure, tu fais fermenter, tu distilles avec un alambic, t’en trouves sur Internet, et le tour est joué ! » Et en plus, c’est écolo.

Le parano« Trop peur de me faire siphonner mon réservoir »

Une denrée rare suscite les convoitises, c’est bien connu. Et le paranoïaque en est plus que persuadé en ces temps d’incertitude. Lui qui a fait son plein honnêtement, et patiemment, craint de se faire siphonner son réservoir. Alors il rentre sa voiture dans son garage tous les soirs, scrute les environs, dévisage les passants, voire sort de chez lui toutes les heures pour monter la garde auprès de son véhicule qui détient le liquide si précieux.

Le pragmatique« Je me lève à 5 heures du matin »

Le pragmatique ne se pose pas 36.000 questions. Il ne cherche pas de responsables aux difficultés d’approvisionnement, ni d’explications. « C’est comme ça ». Il opte pour des solutions concrètes et efficaces : « Je me lève à 5 heures du matin, il y a moins de monde à la pompe ». Point barre.

Le colérique« Tous des irresponsables »

Depuis quelques jours, le colérique ne décolère pas : « Le gouvernement, les syndicats, les grévistes… Tous des irresponsables qui prennent en otage tout un pays ! » Il crache sa colère à qui veut bien l’écouter : son conjoint, ses collègues et même la boulangère qui n’y peut pourtant pas grand-chose. Il est en colère, très en colère. Et pourtant, il n’est pas le premier concerné : il n’a pas de voiture.

Le négationniste« Il n’y avait pas plus de monde que d’habitude »

« Faut pas croire tout ce que racontent les médias ». Le leitmotiv du négationniste. Ce dernier n’a rien remarqué. Il a fait son plein comme d’habitude : « Il n’y avait pas plus de monde que d’habitude ». Pour lui, il ne s’agit pas d’une pénurie : « Tout de suite, les grands mots ! », mais d’un défaut dans la chaîne logistique d’approvisionnement.

Bien entendu, toute ressemblance avec des personnes ou des situations ayant existé ne saurait être que fortuite. Il s’agit de portraits volontairement caricaturaux. L’âme humaine est bien plus complexe et nuancée. Certains profils, par exemple, allient plusieurs traits de caractère. On rencontre ainsi des bons Samaritains créatifs, des profiteurs colériques, ou encore des optimistes négationnistes… La bonne nouvelle, c’est que tous sont appelés à entrer dans le Royaume, le vrai, pas celui de la pompe à essence.

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