En maniant l’écriture inclusive comme une arme politique, on cesse de faire de la langue française un bien commun. À l’inverse, souligne l’écrivain Henri Quantin, selon une conception universaliste de la citoyenneté, le mot n’a pas le pouvoir de changer la réalité.
Est-il encore possible d’écrire "chers collègues" ou "bonjour à tous" sans se désigner soi-même comme un complice du "patriarcat" ? Dans certains milieux, notamment l’université, on peut en douter, tant l’écriture dite "inclusive" s’est imposée ou a été imposée comme un marqueur politique, voire une condition pour que la suite ait une chance d’être lue. Mathieu Bock-Côté l’affirme avec force : refuser d’utiliser le point médian et même seulement la double flexion (celles et ceux) condamne à "devenir réactionnaire malgré soi". Et d’ajouter : "Il y a un prix à écrire en français normal aujourd’hui. Il est politique. Il est symbolique. Il est financier."
Il aura suffi de l’activisme de quelques militants et de la lâcheté ou du conformisme de quelques dirigeants, pour que la langue française cesse d’être un bien commun fait pour unir une nation et devienne un instrument diabolique au service de la loi des suspects. En cela, l’écriture dite inclusive est avant tout une écriture de l’exclusion et de la nouvelle oppression qui rôde.












