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La femme, selon les nouveaux mots du Petit Robert 2019

WOMAN RUNNING
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La société évolue, donc le dictionnaire aussi. La réalité précède les mots. Doit-on alors en conclure, au vu des nouvelles définitions inclues dans le Robert 2019, que la femme est devenue cette fashionista grossophobe, globishant des violences faites aux femmes du haut de son overboard ?

C’est un fait, la société évolue, les modes de vie changent, de nouvelles réalités apparaissent, et avec elles, de nouveaux mots. Ces derniers feront leur entrée officielle dans le monde via le Robert illustré, à paraître ce mercredi 16 mai, puis le Petit Robert, le 28 juin prochain. Ils existaient, certes, ils étaient tolérés, on les comprenait, mais l’entrée dans le dictionnaire leur donne le droit d’exister. Combien de fois les joueurs de Scrabble vérifient-ils dans le dictionnaire quelques lâches tentatives de leur adversaire, avant de décréter : « Ce n’est pas dans le dictionnaire, ça n’existe pas ! » Attention, en 2019, la grossophobie (« attitude de stigmatisation, de discrimination envers les personnes obèses ou en surpoids ») existe !

Mais si la réalité précède le mot nouveau, alors notre réalité est bien triste ! Voyez plutôt le portrait que l’on peut dresser de la femme avec les nouveaux mots de l’édition 2019 :

Grossophobe (« se dit de quelqu’un qui a une attitude de stigmatisation, de discrimination envers les personnes obèses ou en surpoids »), la femme de 2019 pratique le running (« pratique régulière et intensive de la course à pied ») une fois par semaine, et se nourrit de teriyaki (« plat de viande ou de poisson grillé après avoir mariné dans une sauce à base de soja et de saké doux ») et de graines de chia (« plante herbacée originaire du Mexique »), récoltés lors de son drive (« service permettant de retirer une commande tout en restant à bord de son véhicule ») hebdomadaire. Une seule entorse à ce régime drastique : la pavlova (« gâteau constitué d’un disque de meringue garni de crème chantilly et de fruits ») du dimanche, offerte par les voisins du quartier grâce à l’accorderie (« réseau d’échange de services entre habitants »).

Féministe, adepte du cosplay (« de l’anglais “costume” et “play” jouer, pratique qui consiste à incarner un personnage de fiction »), ou simple fashionista (« personne passionnée par la mode, qui suit les nouvelles tendances »), elle arbore un air rageux (« se dit d’une personne agressive, animée par la haine, la jalousie ») lorsqu’on parle des violences faites aux femmes et de l’écriture inclusive (« qui s’efforce d’assurer une représentation égale des hommes et des femmes »). Elle adore parler globish (« anglais au vocabulaire limité et à la syntaxe élémentaire ») pour dénoncer les frotteurs (« personnes qui recherchent les contacts érotiques en profitant de la promiscuité dans les transports en commun »).

Militante de l’antisystème (« qui s’oppose au système en place »), elle prône le dégagisme (« le rejet de la classe politique en place ») en politique, en se décrétant insoumise ou marcheuse. Pourtant, pour se déplacer, elle opte, soit pour l’overboard (« gyropode sans guidon, qui se manœuvre avec les pieds »), tout en promenant son shiba inu (« petit chien originaire du Japon, à fourrure beige, noire ou blanche, à la queue enroulée sur elle-même, apprécié pour son agilité ») car elle est animaliste (« se dit d’une personne adepte du mouvement de défense des droits des animaux en tant qu’êtres sensibles »), soit pour les VTC (« voiture de location avec chauffeur que l’on peut emprunter uniquement sur réservation contrairement au taxi »), car le SUV (« monospace de tourisme équipé de quatre roues motrices ») de Monsieur est bien trop encombrant.

Sur le Net, elle privilégie les replay (« service qui permet de voir en différé un programme télévisé ou radiophonique après sa diffusion ») plutôt que le darknet (« partie du réseau Internet accessible par des logiciels qui anonymisent les données des utilisateurs »), terrain réservé aux revenants (« djihadiste qui regagne son pays d’origine après être parti(e) combattre ») et aux fichés S, qui la terrorisent malgré les promesses de la cyberdéfense (« ensemble des moyens informatiques employés pour assurer la défense d’un pays »). Tout compte fait, j’espère ne pas trop lui ressembler !

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