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Faire le geste de paix qui convient… pas si facile

geste de paix

Corinne SIMON/CIRIC

Échange du baiser de Paix, lors de la 5e édition du Congrès Mission le 28 septembre 2019 , église Saint Sulpice (Paris).

Valdemar de Vaux - publié le 24/09/22

Depuis mars 2020, la liturgie elle aussi s’est adaptée aux nouvelles règles sanitaires en vigueur. Pourtant, la décrue de la pandémie nous permet de retrouver les gestes rituels : une occasion de revenir sur le sens du geste de paix et de comprendre comment l’accomplir dignement.

Ces derniers dimanches, le geste de paix a pu parfois devenir un moment de gêne avec les voisins que nous avions à la messe. En mars 2020, en effet, soudainement, nous avons été empêché d’aller à la messe, et, une fois revenus, nous avons été contraints, par souci sanitaire, de réfréner les gestes effusifs qu’occasionnait naguère la « paix du Christ », comme on appelle d’ordinaire ce moment de la liturgie eucharistique.

Dans le rite latin, contrairement à la majorité des autres rites, ce don de la paix correspond, non pas à la réconciliation nécessaire pour monter à l’autel qu’exprime saint Matthieu dans son Évangile (Mt 5, 23), mais à l’apparition pascale du Christ. Tout juste ressuscité, celui-ci vient au milieu de ses apôtres et leur dit : « La paix soit avec vous ! » (Jn 20, 21). Il répond ainsi à la promesse faite à ses disciples avant sa mort : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix » (Jn 14, 27).

Manifester l’unité de l’Église et de l’humanité

Cette origine donne au geste une signification particulière : alors que la résurrection du Seigneur vient d’être manifestée par la consécration qui a fait du pain et du vin le corps et le sang de Jésus, il s’agit de demander la paix en poursuivant la prière du Notre Père et l’unité du genre humain en manifestant la communion dans l’Église par l’assemblée des fidèles qui partagent le même corps ressuscité. Demander et manifester la communion pour l’Église et l’humanité tout entière, voilà une nécessité de notre temps.

Benoît XVI déjà, en février 2007, insistait sur l’importance de ce geste de paix dans le contexte actuel : « À notre époque, si terriblement éprouvée par le poids des conflits, ce geste prend, même du point de vue de la sensibilité commune, un relief particulier en ce que l’Église considère toujours plus comme sa tâche propre, à savoir d’implorer du Seigneur le don de la paix et de l’unité pour elle-même et pour la famille humaine tout entière. La paix est certainement une aspiration irrépressible, présente dans le cœur de chacun. L’Église se fait la voix de la demande de paix et de réconciliation qui monte de l’esprit de toute personne de bonne volonté. » (Sacramentum caritatis, §49). 

La profondeur du sens que recèle ce geste parfois galvaudé exige un mouvement « sobre », comme le demande le missel. Lequel, d’ailleurs, précise que le geste est facultatif. Une manière de ne pas le banaliser : faire certains rites trop souvent nous rend effectivement souvent insensibles à leur signification. Partant de ce constat, et de celui d’une agitation dommageable alors que tous s’apprêtent à communier, Benoît XVI demanda en 2007 qu’une réflexion soit menée pour redonner toute sa gravité au don de la paix.

Un équilibre entre sobriété et incarnation

Continuant l’œuvre de son prédécesseur, François a fait publier en 2014 un décret sur la signification d’un tel rituel et sur des idées pour l’accomplir sobrement et lui redonner toute sa valeur. En se gardant de deux excès : celui de devenir désincarné et distant, alors que c’est bien par le don de sa chair que le Christ nous donne la paix et que c’est avec notre corps, à notre tour, que nous voulons la permettre. Celui aussi, à l’inverse, de la familiarité ou de l’effusion excessive. 

Certains proposent même que la paix vienne concrètement de l’autel comme elle en vient spirituellement en faisant une forme de chaîne.

Première idée : se former pour être conscient du geste posé. Une autre, plus vaste : que l’engagement des fidèles pour la paix soit réel et non pas réduit à ce moment de la messe qui en est la source. Le texte insiste aussi sur le fait que l’on doit donner la paix à nos voisins immédiats, sans chercher l’exhaustivité. Certains proposent même que la paix vienne concrètement de l’autel comme elle en vient spirituellement en faisant une forme de chaîne. Des paroisses y voient une mission pour les servants et les servantes qui, descendant du chœur, répandent la paix du Christ à l’assemblée.  

À l’échelle individuelle, cet équilibre entre sobriété et incarnation commande sûrement un geste inhabituel mais simple : se donner les deux mains, faire une accolade comme les moines ou un baiser sur la joue. Comment pourrait-on ne pas serrer la main ou faire la bise pour dire la paix profonde et définitive que nous donne la résurrection du Christ, à laquelle nous sommes associés dans l’eucharistie ?

Tags:
LiturgieMessePaix
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