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Fin de vie : nous ne sommes pas seuls

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ALAIN JOCARD / AFP

Unité de soins palliatifs, Chartres.

Vincent Morch - publié le 21/09/22

Quand le législateur autorise le droit de se donner la mort, il ne reconnaît pas une liberté, il s’y substitue. Faire croire qu’une vie n’en vaut plus la peine, estime l’essayiste Vincent Morch, c’est faire croire que nous sommes seuls.

Alors que le grand public prend peu à peu conscience du phénomène massif de « trouble dans le genre » que connaissent actuellement les jeunes et qui les pousse, pour certains, à entamer une « transition » douloureuse vers l’apparence physique de l’autre sexe, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) vient d’ouvrir la porte à la légalisation d’un autre choix abyssal : celui de se donner la mort si l’on estime que vivre n’en vaut plus la peine. Personne, bien sûr, n’avait attendu de loi pour s’octroyer ce droit. Même dans des cultures très hostiles au suicide comme la chrétienté médiévale, certains n’hésitent pas à franchir ce pas. Pourquoi, alors, vouloir une inscription dans le droit ? Pourquoi ce choix hautement individuel devrait-il être reconnu par la société et institutionnalisé par la création d’un protocole officiel ?

Le paravent du désespoir

Choisir ou non d’accueillir la vie. Choisir ou non d’accueillir son corps. Choisir ou non d’accueillir sa mort : dans tous ces cas de figure, si l’on met en avant l’affirmation d’une liberté sans limite, l’argument décisif est celui du refus de la souffrance. Or, celui-ci n’est que trop souvent le paravent du désespoir. En aucun cas je ne minimise l’angoisse que peut provoquer une grossesse non désirée, ou le sentiment envahissant de ne pas être né dans le bon corps, ou la perspective de voir sa propre décrépitude.

Vivants, nous sommes liés les uns aux autres à travers le temps et l’espace. Nous pouvons ainsi tirer notre force de ceux qui ont surmonté les mêmes épreuves que nous comme de l’idée de servir d’exemple pour d’autres.

Mais il faut être conscient que la souffrance extrême par nature ratatine notre être dans un présent qui est déjà une sorte de mort. Est-on en état, alors, de poser de vrais choix ? Se comprend mieux, alors, l’une des raisons de ces appels au législateur : on ne demande pas à celui-ci d’adouber la liberté individuelle mais de s’y substituer, en faisant en sorte qu’un moment de faiblesse provoque la mise en branle d’une mécanique institutionnelle et sociale dans laquelle il n’y aura plus qu’à se laisser couler. Je ne suis pas sûr que ce soit là la meilleure manière de servir la dignité humaine.

Le vrai sens de notre vie

Néanmoins, ce qu’inspirent avant tout ces situations dramatiques, et les réponses que nous leur apportons qui souvent le sont tout autant, c’est l’impérieuse nécessité de chercher de tout cœur, avec toutes les ressources de notre sensibilité et de notre esprit, le vrai sens de notre vie. Non en se lançant dans de grandes spéculations, mais en cherchant à atteindre une pleine et féconde compréhension de ce que signifie être vivant. Or, pour atteindre un tel but, il n’est d’autres choix que d’apprendre à aimer notre vie, à l’aimer dans ses moments d’exaltation comme de dévastation mais aussi à l’aimer comme le fruit d’un héritage qui traverse les millénaires et qui est appelé à se dépasser vers autrui. Vivants, nous sommes liés les uns aux autres à travers le temps et l’espace. Nous pouvons ainsi tirer notre force de ceux qui ont surmonté les mêmes épreuves que nous comme de l’idée de servir d’exemple pour d’autres. La première ruse de celui qui est homicide dès l’origine n’est pas de nous faire croire qu’il n’existe pas : c’est de nous faire croire que nous sommes seuls.

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