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Que faire si je n’ai pas d’affinités avec mon futur gendre ou ma future belle-fille ?

MOTHER-IN-LAW

By Iakov Filimonov | Shutterstock

Anna Ashkova - publié le 20/09/22

Les relations beaux-parents/beaux-enfants ne coulent pas toujours de source… Pourtant apprendre à mieux connaître sa future belle-fille ou son futur gendre permet de mener une vie plus agréable.

« Jamais je n’aurais imaginé François avec une fille comme Laure », explique Bénédicte. La rencontre avec la famille de l’autre est très importante, puisqu’il s’agit de la découverte curieuse, étonnée parfois de l’environnement dans lequel il a grandi, il a été aimé, il s’est déployé jusqu’à devenir l’adulte qu’on aime) et, du côté des parents, la découverte d’une nouvelle personne dans l’intimité du cercle familial… Les relations peuvent pourtant être complexes dès la première rencontre.

La belle-fille ou le gendre n’est parfois pas celui que les parents voulaient pour leur enfant. Une désillusion qui peut pousser à un manque d’affinité avec son futur gendre ou sa future belle-fille. À cela s’ajoutent parfois les rivalités inconscientes, entre la belle-mère et la belle-fille par exemple, les tensions —  entre le beau-père très protecteur de sa fille et son gendre —, voire la jalousie. Sans oublier la peur d’une mère de perdre l’amour de son enfant ou de devoir partager son cœur avec quelqu’un d’autre.

Et avant que l’autre ne soit perçu comme une valeur ajoutée, il y a tout un chemin d’apprivoisement à parcourir. « Bien que l’affection ne se commande pas, il est possible de mettre en place un certain nombre de prérequis pour construire une belle relation avec son futur gendre ou sa future belle-fille », rassure Laurence de Saint Vincent, conseillère conjugale et familiale au cabinet parisien Mots Croisés. 

« Pourquoi lui ? Pourquoi elle ? »

« Mais pourquoi mon fils a choisi cette femme ? » « Mais pourquoi ma fille est avec ce type ? » De nombreux parents se posent cette question qui est parfois à l’origine du manque d’affinités avec l’élu(e) du cœur de leur enfant. Et si cette question était à poser autrement ? « Ce “pourquoi” peut être un moteur intérieur pour mieux le ou la connaître, découvrir les richesses qui se cacheraient derrière les différences familiales, sociales ou les incompréhensions. Mais, comme la question du  »pourquoi lui ou elle » est inépuisable, mieux vaut s’attarder sur le  »comment ». Comment concrètement, au quotidien, être sa belle-mère, son beau-père ? Comment se mettre en relation avec celle-ci ou celui-ci afin de lui permettre de trouver sa place de belle-fille ou de gendre dans votre famille ? », explique à Aleteia Laurence Sédille, conseillère conjugale et familiale. 

Après l’accueil de l’autre tel qu’il est — ce sont bien ses caractéristiques personnelles qui ont fait craquer notre enfant et le rendent heureux ! — et le respect du nouveau membre de la famille, place donc à la découverte de l’autre. 

Une découverte qui désamorce des préjugés 

Comme dans toute relation, deux mondes se rencontrent : le mien, le sien ; avec toutes les différences de personnalités, de représentations, d’expériences, de générations, de cultures, etc. La relation peut être facile ou plus difficile, on peut se sentir des atomes crochus, partager des valeurs communes, aimer la personnalité de l’autre… ou pas. Et comme dans toute relation, la question sera de créer suffisamment de sécurité en prenant le temps de s’écouter, de se regarder avec bienveillance avant de réagir, de se juger, de s’opposer. C’est cette sécurité relationnelle qui pourra favoriser le dialogue et la rencontre et permettre un enrichissement mutuel. 

« Quand on voit arriver ce conjoint, quand on vit avec lui/elle, et qu’on ne ressent pas d’atome crochu, ou que tel ou tel aspect de sa personnalité ne nous plaît pas, ou que nous ne partageons pas ses valeurs, ses idées politiques, sa religion… intéressons-nous à son monde, à sa famille, à son métier, à ce qu’il ou elle aime faire… », préconise pour sa part Nathalie Loevenbruck, conseillère conjugale au même cabinet que ses collègues. 

La belle fille ou le gendre est un plus dans la famille.

Une découverte qui permet de désamorcer des préjugés que l’on peut avoir sur l’autre. Ce fut le cas de Charles et Blandine. « Lorsque Louis nous a présenté Adriana, nous étions un peu crispés en sa présence. Elle parlait beaucoup, occupait tout l’espace autour d’elle. À la fin de la journée, nous, qui avons un tempérament assez calme et taiseux, étions un peu épuisés », se souvient Blandine. Mais après avoir appris à connaître la jeune femme et à découvrir la culture italienne, le couple a compris que c’était un vrai plus pour leur famille que d’avoir une belle-fille aussi pétillante qu’Adriana, « car elle rendait leurs repas de famille très festifs ». 

Faire entrer l’autre dans son monde et s’ouvrir au sien  

« Il faut aussi penser à tisser ces liens sans mettre son enfant au milieu », note Laurence de Saint Vincent. Prendre un café ensemble, aller au musée ou faire du shopping… Tous ces moments de qualité favorisent la découverte de l’autre et permettent de créer une bonne relation. Sans oublier de s’intéresser aux passions de l’autre, voire les vivre, comme le sport par exemple. Et pourquoi ne pas lui faire partager également ses passions ? De même, si cela l’intéresse, parlons-lui d’anecdotes amusantes de l’enfance de son conjoint. Et si la discussion est difficile, faire des jeux, des activités toutes simples, préparer un repas ensemble permet de s’apprivoiser peu à peu. 

En outre, il ne faut pas que la personne se sente comme un intrus qui dérange, qui vient prendre la place qu’on voudrait parfois conserver dans la vie de son enfant. « Il faut qu’elle puisse peu à peu trouver sa place dans la famille : s’y sentir inclus, mais aussi acceptée avec ses différences : c’est alors que la famille élargira sa tente, et son cœur, et s’enrichira de sa présence », note Nathalie Loevenbruck.

Par exemple, à l’occasion de la fête de Noël, source de nombreux conflits dans les belles-familles, il peut être judicieux de ne pas insister uniquement sur ses propres traditions mais de s’intéresser aussi à celles de son futur gendre ou de sa future belle-fille, voire les inclure dans sa famille. « La belle fille ou le gendre est un plus dans la famille, même si c’est une  »pièce rapportée » », glisse Laurence de Saint Vincent, qui conseille également de ne pas hésiter à valoriser l’autre. 

Et quand le courant ne passe toujours pas ?

Lorsque malgré tous ces efforts, le courant ne semble pas passer, il faut « accepter le travail spatiotemporel :  la distance peut être nécessaire ainsi que le temps. Patience et persévérance ! », précise Nathalie Loevenbruck. Et surtout ne jamais oublier que faire un pas vers l’autre par amour pour son enfant est une grande preuve d’amour pour lui. « C’est la dernière chose que l’on puisse offrir à l’adulte qu’il est devenu », explique Laurence de Saint Vincent. En revanche, lorsque des incompréhensions et des tensions s’installent entre un couple et les beaux-parents, quelle sagesse de veiller à ce que la belle-fille ou le gendre ne soit pas en première ligne de ce qui pourrait devenir un champ de bataille. « À la fille, au fils de prendre sa place pour parler de son couple et ses choix à ses propres parents », note Laurence Sédille. 

In fine, n’y a-t-il pas de plus plus belle chance pour une belle-fille que d’être accueillie par sa belle-mère telle « LA belle », conquise par son fils, alors vu comme un prince charmant ? Et quelle chance pour une belle-mère d’être reconnue par sa belle-fille comme LA mère qui a aimé et façonné celui qui est devenu « l’homme de sa vie » !  

Tags:
belle-mèreCoupleFamille
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