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Mariage : Comment se faire appeler par son gendre ou sa belle-fille ?

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Vous voilà doté d’une belle-fille ou d’un gendre. Comment vont ils vous appeler ? Du plus classique au plus original, l’idéal est que ce nom reflète la qualité des relations que vous voulez avoir avec lui ou elle. Etats des lieux...

Dans le florilège des appellations de beaux-parents, des plus tradis aux plus originales on trouve : « Mon père et ma Mère » « Père et Mère », « Jolie-Maman et Joli-Papa », « Belle-Maman et Beau-Papa », « Mam et Dad », « Mamili et Papili », « Muttiki et Cooki » ou tout simplement les prénoms. Et force est de constater que les petits noms que beaux-parents et beaux-enfants se donnent sont beaucoup plus variés aujourd’hui qu’autrefois.

Il faut dire que les relations familiales étant moins codifiées, certaines appellations tombent en désuétude. Pour beaucoup de beaux-parents, se faire appeler « père » ou « mère » reviendrait à être propulsés d’un coup parmi les « vieux ». Ils craignent aussi que certains noms ne mettent trop de distance entre eux et leur nouveau gendre ou leur nouvelle belle-fille. Et dans l’hypothèse, de plus en plus fréquente, où ils ont eux même encore leurs propres beaux-parents, ils n’ont pas envie d’être appelés de la même façon.
Appeler par le prénom devient de plus en plus courant. C’est un signe de proximité et cela signifie que les frontières entre générations s’estompent. Mais c’est aussi souvent faute de mieux, parce qu’on n’y a pas vraiment réfléchi. Or, la manière de nommer dit beaucoup de choses sur la nature de la relation et sur les personnes.

Le nom fait exister comme beau-père et comme belle-mère, comme gendre et comme belle-fille

Catherine est mariée depuis dix ans. Son mari a demandé à plusieurs reprises à sa belle-mère comment l’appeler. Celle-ci s’y est toujours refusée. Catherine l’attribue au fait que sa mère n’a jamais accepté qu’elle parte. « Le fait que l’enfant s’engage, demande à ses parents de le considérer comme différent », explique Brigitte de Baudus, formatrice à l’IPEF, Institut pour l’Education dans la Famille (1). Il n’est plus seulement leur fils ou leur fille. Il est le conjoint d’une nouvelle personne.

Celle-ci aura une place à part et une relation toute particulière avec ses beaux-parents. Elle ne sera pas seulement le père ou la mère de leurs petits-enfants. En ce sens, « nommer a quelque chose de fondateur ». Se faire appeler d’emblée par son nom de grand-parent ou bien attendre de devenir grand-parent revient à mettre de côté une dimension : la relation unique que l’on a avec son gendre ou sa belle-fille comme époux ou épouse de mon enfant. Même sans enfant, le couple existe déjà.

Le nom manifeste une relation unique avec une personne unique

« On ne peut pas traiter tout le monde de la même façon. Manifester des égards, appeler par un nom particulier, montre que chacun est unique ». Si l’on n’est pas nommé, on a le sentiment de ne pas exister. Bruno et Nathalie l’expérimentent douloureusement. Lorsque leur nouvelle belle-fille leur a demandé si elle pouvait les appeler par leur prénom, ils ont répondu « tout, mais pas ça ! ». Depuis, la jeune femme les appelle « Monsieur » et « Madame ». Face à ce genre de cas, Elisabeth Dubern, conseillère conjugale, recommande d’en parler : « que d’embrouilles à cause de non-dits ! Les situations ne sont jamais figées ».

Entre le copinage et la déférence, l’éventail des relations est large. Le gendre ou la belle-fille n’est ni un enfant, ni un ami, ni encore une personne à charmer, ce qui pourrait tenter certaines belles-mères. Les beaux-parents ne sont pas non plus des personnes lointaines même si, comme des personnes plus mûres, ils ont droit au respect. Mais respecter ne signifie pas mettre une distance infranchissable, une froideur dans les relations. Pour Brigitte de Baudus, c’est plutôt « préserver en chacun sa part de mystère, son identité et son histoire familiale ». Le respect fonctionne ainsi dans les deux sens : de même que les beaux-parents respectent la part d’inconnu de leur gendre, celui-ci respecte la part de mystère de ses beaux-parents.

Le nom est nécessaire mais il ne fait pas tout. « Il s’enrichit de l’affection que l’on décide d’y mettre. Ce qui compte, c’est la proximité que l’on crée en s’intéressant à l’autre, en passant des moments de qualité avec lui, en faisant preuve de délicatesse et de bienveillance ».

Adopter le nom dès le mariage

Le mieux est de le décider avant le mariage du premier enfant et de le mettre en œuvre dès l’engagement pris. La formatrice, plusieurs fois belle-mère, propose même de solenniser un peu son institution : « Pourquoi ne pas évoquer ce nom au moment du discours du mariage ? » L’essentiel est que cela soit dit. Ne voyant rien venir, Emmanuel a pris l’initiative d’appeler ses beaux-parents par leur prénom mais, faute de dialogue, il n’en est pas vraiment satisfait.

Si les beaux-parents n’ont aucune idée, un brainstorming familial peut permettre d’élaborer une liste dans laquelle ils piocheront celui qui leur convient le plus. Cela permet d’éliminer d’emblée les noms que chacun n’a pas envie de donner ou de recevoir. L’imagination commune peut faire des merveilles. Ainsi par exemple des noms comme « Mamita » et « Pépito ». On peut aussi en inventer à partir du prénom des beaux-parents : « Mamijo » (avec Joëlle), « Maméline » (avec Jacqueline), « Papido » (avec Dominique), ou bien à partir d’une profession comme « Docky » pour un médecin ou encore emprunter des mots aux langues étrangères et les décliner à sa guise comme « Muttiki » (à partir de Mutti). Se donner un nom devient ainsi un moment riche et particulier de l’histoire familiale.

(1) Lien avec le site de l’IPEF www.ipef.fr. L’IPEF propose des formations pour parents et grands-parents. Prochain stage pour « se préparer à être grands-parents » : 13-15 octobre 2017 dans l’Oise.

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