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Ce passage de Bernanos qui aide à comprendre la sainteté

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Agnès Pinard Legry - publié le 08/05/22

L’écrivain catholique Georges Bernanos (1888-1948) a réussi à décrire avec finesse et non sans humour ce qu’est la sainteté et les principales caractéristiques des femmes et des considérés comme tels dans l’Église.

Georges Bernanos n’en finit pas de bouleverser. Assurément un des écrivains catholiques les plus marquants du XXe siècle, il est à l’origine de grands classiques tels que Sous le Soleil de Satan (1926), Dialogue des carmélites (1949), La France contre les robots (1947) ou encore Journal d’un curé de campagne (1936). Mais son œuvre fourmille également de nombreuses perles et réflexions sur la foi et la spiritualité. En 1947, à l’occasion de la Toussaint, c’est sûr « nos amis les saints » que l’écrivain a décidé de s’exprimer.

« Nos amis les saints… Ces grandes destinées échappent, plus que toutes les autres, à n’importe quel déterminisme : elles rayonnent, elles resplendissent d’une éclatante liberté », écrit-il. Mais ils ne sont pas pour autant des surhommes et des surfemmes. « Ils sont les plus humains des plus humains », rappelle-t-il. Parce que chacun est appelé à la sainteté ici et maintenant, tel qu’il est et là où il est, il peut être bon de commencer par relire cet extrait de Georges Bernanos pour nous stimuler sur ce chemin !

L’Église est une maison de famille, une maison paternelle, et il y a toujours du désordre dans ces maisons-là, les chaises ont parfois un pied de moins, les tables sont tachées d’encre, et les pots de confitures se vident tout seuls dans les armoires… La maison de Dieu est une maison d’hommes et non de surhommes. Les chrétiens ne sont pas des surhommes. Les saints pas davantage, ou moins encore, puisqu’ils sont les plus humains des humains.

Les saints ne sont pas sublimes, ils n’ont pas besoin du sublime, c’est le sublime qui aurait plutôt besoin d’eux. Les saints ne sont pas des héros, à la manière des héros de Plutarque. Un héros nous donne l’illusion de dépasser l’humanité, le saint ne la dépasse pas, il l’assume, il s’efforce de la réaliser le mieux possible, comprenez-vous la différence ? Il s’efforce d’approcher le plus près possible de son modèle Jésus-Christ, c’est-à-dire de Celui qui a été parfaitement homme, avec une simplicité parfaite, au point, précisément, de déconcerter les héros en rassurant les autres, car le Christ n’est pas mort seulement pour les héros, il est mort aussi pour les lâches. […] le Christ veut bien ouvrir à ses martyrs la voie glorieuse d’un trépas sans peur, mais il veut aussi précéder chacun de nous dans les ténèbres de l’angoisse mortelle. La main ferme, impavide, peut au dernier pas chercher appui sur son épaule, mais la main qui tremble est sûre de rencontrer la sienne […]

Nous sommes créés à l’image et à la ressemblance de Dieu, parce que nous sommes capables d’aimer. Les saints ont le génie de l’amour. Oh ! remarquez-le, il n’en est pas de ce génie-là comme de celui de l’artiste, par exemple, qui est le privilège d’un très petit nombre. Il serait plus exact de dire que le saint est l’homme qui sait trouver en lui, faire jaillir des profondeurs de son être, l’eau dont le Christ parlait à la Samaritaine : « Ceux qui en boivent n’ont jamais soif… » Elle est là en chacun de nous, la citerne profonde ouverte sous le ciel. Sans doute, la surface en est encombrée de débris, de branches brisées, de feuilles mortes, d’où monte une odeur de mort. Sur elle brille une sorte de lumière froide et dure, qui est celle de l’intelligence raisonneuse. Mais au-dessous de cette couche malsaine, l’eau est tout de suite si limpide et si pure ! Encore un peu plus profond, et l’âme se retrouve dans son élément natal, infiniment plus pur que l’eau la plus pure, cette lumière incréée qui baigne la création tout entière – en Lui était la Vie, et la Vie était la lumière des hommes – in ipso Vita erat et Vita erat lux hominum.

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