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Présidentielle : pourquoi l’Église ne donne-t-elle pas de consigne de vote ?

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Jc Milhet / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Agnès Pinard Legry - publié le 22/04/22

La polémique agite médias et réseaux sociaux depuis quelques jours, pressant les évêques de France de donner des consignes de vote aux chrétiens pour le second tour de l’élection présidentielle ce dimanche 24 avril. À chacune de voter "en conscience", répondent ces derniers. Décryptage.

Le sujet n’en finit plus d’occuper l’espace médiatique. « Les évêques de France doivent donner une consigne de vote, une réponse claire », peut-on lire et entendre, avec un ton plus ou moins véhément, ces derniers jours sur les réseaux sociaux ainsi que dans de nombreuses tribunes. Plusieurs organisations chrétiennes l’ont d’ailleurs fait clairement, comme le Secours catholique, les Scouts et guides de France ou encore la Délégation catholique de coopération (DCC), en signant une tribune assurant que « le pire doit être évité ». De même que de nombreux chrétiens en tant que personnalités publiques. Y compris des évêques, comme Mgr Luc Ravel, archevêque de Strasbourg, qui a indiqué au micro de France info son choix à titre personnel : « Le citoyen Ravel que je suis, lui, votera Emmanuel Macron. »

Mais l’archevêque de préciser également, dans la même interview : « Nous n’avons pas, en tant qu’évêque, de consigne à donner. » Car c’est bien de cela qu’il s’agit : les évêques n’ont pas, en tant qu’évêques, à donner de consigne de vote. C’est également le sens du message envoyé par le Conseil permanent des évêques de France : « C’est à l’intelligence, à la conscience et à la liberté de chacun que s’adressent les évêques, avec la gravité que requièrent l’évènement, l’état de notre pays et les crises qui traversent notre monde », ont-ils écrit, rappelant surtout aux catholiques « l’importance de voter et de le faire en conscience, à la lumière de l’Évangile et de la doctrine sociale de l’Église. »

Il est plus juste de ne pas chercher à cléricaliser mais en revanche, d’insister sur un certain nombre de points qui nous semblent essentiels pour le discernement des citoyens.

En 2002, de nombreux évêques s’étaient pourtant prononcés publiquement contre un vote Front national. « 2002, ça a été un grand choc dans toute notre société », a reconnu au micro de RTL l’évêque de Nanterre, Mgr Matthieu Rougé. « Il y avait eu beaucoup de manifestations qu’on ne voit pas aujourd’hui. Peut-être que les choses ont évolué, que la maturité du corps électoral a grandi. Comme c’était le cas il y a 5 ans, nous pensons qu’il est plus juste de ne pas chercher à cléricaliser mais en revanche, d’insister sur un certain nombre de points qui nous semblent essentiels pour le discernement des citoyens ».

« Sauf en cas de force majeure, ce qui a été réfléchi par l’enseignement de l’Église est la légitimité de la variété des options partisanes », expliquait encore Matthieu Rougé, sur Aleteia. « C’est aussi bien expliqué dans l’enseignement de Léon XIII (fondation de la doctrine sociale de l’Église) que – par exemple – dans le rapport de Mgr Matagrin de 1972 où cette position de neutralité est très clairement indiquée. »

Des éléments de réflexion et de discernement

Mais l’Église donne néanmoins de solides éléments de réflexion et de discernement. La Conférence des évêques de France (CEF) a ainsi publié en janvier 2022 en ce sens un petit livre intituléL’Espérance ne déçoit pas. 60 pages, six chapitres et 27 paragraphes, c’est le format qu’ils ont choisi pour rappeler de grands principes directeurs qui guident les chrétiens : le respect inconditionnel de toute vie humaine, la promotion de la fraternité, la défense d’une écologie authentiquement intégrale. Chacun des chapitres se conclue par trois questions que chacun est invité à se poser.

Dans les choix politiques, il existe un certain nombre de points d’attention éthiques moralement lourds et qui, en principe, sont l’objet d’un consensus chez tous les chrétiens. « Globalement ces critères sont le meilleur respect possible de la personne humaine, la recherche de la paix et tout ce qui la favorise, le respect de la liberté religieuse », détaillait encore l’évêque. « Viennent ensuite les points plus techniques comme l’économie, sur lesquelles il est très légitime qu’il existe une diversité d’approches. Certains peuvent légitimement être plus convaincus par le progrès économique et social dans une approche libérale ou d’autres une approche « redistributiviste ». Mais dans un cas comme dans l’autre, l’Église ne tranche pas entre les options économiques et n’a pas à le faire. » Pas de consigne de vote donc, mais de solides pistes de réflexion supposées permettra à chacun de voter et choisir en conscience.

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