Aller au contenu principal

Pour penser déjà l’après-Poutine

8 min de lecture
WEB2-VLADIMIR-POUTINE-AFP-000_9GZ3MP.jpg

Crédit : Alexey NIKOLSKY / Sputnik / AFP

Vladimir Poutine.

Que fera le peuple russe après Vladimir Poutine ? s’interroge l’essayiste Jean Duchesne. La question se pose aussi aux démocraties, non exemptes d’"hypocrisie et de fausseté". L’histoire et la littérature peuvent libérer notre rationalité en échec face à l’agression russe.

Partager sur :

L’invasion de l’Ukraine par l’armée russe pose bien des questions urgentes et angoissantes : que faire ? Comment, sans entraîner dans un conflit d’une ampleur encore plus terrible, aider ce peuple qui résiste, cette nation qui se détache dans la douleur ? Comment tout cela va-t-il finir ? Mais d’autres questions non moins sérieuses se posent si le regard s’élargit et s’approfondit, aussi bien du côté du passé et de l’histoire que vers l’avenir.

Nous sommes portés à faire du président russe Vladimir Poutine un fou furieux, un monstre, parce que, depuis la Tchétchénie jusqu’au Donbass et aujourd’hui Kiev, Marioupol et même le Mali, en passant par la Crimée et la Syrie, il suit une logique que notre rationalité, fondée sur l’intérêt, juge démente et même suicidaire : non seulement elle victimise ceux qu’il agresse, mais encore elle va pénaliser la population de son propre pays, en lui coûtant cher de bien des manières. Le mystère est ici qu’en dehors de rares et téméraires exceptions, les Russes ne se rebellent pas contre une telle dictature. Il y a là un indice que notre conviction occidentale de la supériorité définitive du libéralisme sous ses trois aspects constitutifs et inséparables : politique, économique et moral, n’est pas une vérité universellement reçue.