Devant la volonté d’effacer les religions de l’espace public européen, la tentation est grande pour celles-ci de se « victimiser ». Pour l’essayiste Michel Cool, leur mission, au contraire, est de montrer au grand jour la singularité et l’efficience politique de leur charité.
Il est légitime, dans un État de droit, de protester contre des atteintes à la liberté de manifester en public et de faire des processions. Il est légitime, dans une démocratie républicaine, de lutter contre toutes les discriminations, en particulier religieuses. Il est légitime dans un régime laïque garantissant la liberté des cultes, de dénoncer des profanations de synagogues, d’églises, de temples et de mosquées. Il est légitime dans une société pluraliste que les religions instituées fassent entendre leurs opinions et leurs critiques en tant que forces vives de la nation.
Tous ces droits sont légitimes. Tous ces droits sont précieux. Tous ces droits sont défendables. Ils le sont d’autant plus que la société libérale en vigueur dans la majorité des pays européens incline à marginaliser le fait religieux. La relégation des croyances religieuses dans la sphère privée n’est pas un phénomène nouveau. En 2004, le débat houleux sur les « racines » chrétiennes de l’Europe s’était conclu par l’absence de leur mention dans le préambule de la Constitution européenne. Cet effacement répondait à une volonté pressante des autorités françaises de l’époque. Mais la France n’est pas seule à appuyer sur la pédale d'accélérateur de la sécularisation. Actuellement, en Belgique, la perspective de rendre optionnels les cours de religions, pourtant prévus par la Constitution, et de leur substituer des heures d’enseignement obligatoire sur la philosophie et la morale, suscite la critique de l’épiscopat et de beaucoup de catholiques…




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