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Rapport de la Ciase : le débat sur les chiffres

5 min de lecture
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Crédit : Aleteia

Alors que les évêques de France ont présenté au pape François l’enquête de la Ciase, les chiffres avancés dans le rapport Sauvé continuent de faire débat. Pour Henri Quantin, les chiffres sont cruciaux, mais le manque de précision peut conduire au brouillage des responsabilités.

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Depuis que quelques voix ont mis en cause l’estimation accablante du nombre de victimes d’abus sexuels par la Ciase, on entend une remarque qui se veut de bon sens : peu importe le nombre exact. N’y eût-il qu’un abusé, ajoutent même certains, ce serait encore un de trop. Il peut en effet sembler indécent de se disputer devant un charnier encore chaud, pour savoir combien de cadavres il contient, au lieu de porter secours aux agonisants qui respirent encore. Glaçante ici par ce qu’elle désigne, la statistique peut aussi paraître glacée en elle-même par son inhumanité arithmétique.

Dans le cas de la pédocriminalité, on comprend que les querelles de chiffres puissent être jugées obscènes. De même, lors de la sortie du Livre noir du communisme, les historiens qui jugeaient décisifs de savoir si les victimes passaient ou non la barre des 100 millions semblaient un peu insensibles. Il est vrai que pour certains, il s’agissait manifestement de sauver le passé d’une illusion meurtrière. Refuser à titre personnel toute discussion des chiffres a donc sa légitimité. On peut évoquer le délai d’un deuil ou la pudeur du silence.