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Auprès de la vigne, les ouvriers de la dernière heure

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Domaine public

Tableau représentant les ouvriers de la onzième heure.

Marc Paitier - Publié le 03/09/21

Fruit de la vigne et du travail des hommes, le vin occupe une place importante dans la Bible. Plus de 440 passages mettent ainsi en scène le vigneron, la vigne et le vin. Alors que les vendanges commencent, le général Marc Paitier nous emmènent pendant plusieurs semaines à travers les Saintes Écritures afin de découvrir toute la richesse de cette image, symbole de l'amour de Dieu pour son peuple, qui s'accomplit ultimement dans le sacrifice de son Fils, la vigne véritable. Découvrez aujourd’hui la parabole des ouvriers de la dernière heure. (9/17)

La parabole des ouvriers de la onzième heure est bien connue et a donné lieu à de nombreuses interprétations (Mt 20 1-15) : 

« Le royaume des cieux est semblable à un père de famille qui sortit de grand matin afin de louer des ouvriers pour sa vigne. Étant convenu avec les ouvriers d’un denier par jour, il les envoya à sa vigne. Il sortit vers la troisième heure et en vit d’autres qui se tenaient sur place sans rien faire. Il leur dit ; Allez aussi à ma vigne, et je vous donnerai ce qui sera juste ; et ils y allèrent. Il sortit encore vers la sixième et vers la neuvième heure, et fit la même chose. Enfin, étant sorti vers la onzième heure, il en trouva d’autres qui étaient là oisifs, et il leur dit : Pourquoi vous tenez-vous toute la journée sans rien faire ? Ils lui répondirent : C’est que personne ne nous a loués. Il leur dit : Allez, vous aussi, à ma vigne. Le soir étant venu, le maître de la vigne dit à son intendant : Appelle les ouvriers et paie leur salaire, en allant des derniers aux premiers. Ceux de la onzième heure vinrent, et reçurent chacun un denier. Les premiers, venant à leur tour, pensaient qu’ils recevraient davantage ; mais ils reçurent aussi chacun un denier. En le recevant, ils murmuraient contre le père de famille, en disant : Ces derniers n’ont travaillé qu’une heure et tu leur donnes autant qu’à nous, qui avons porté le poids du jour et de la chaleur. Mais le maître s’adressant à l’un deux, répondit : Mon ami, je ne te fais point d’injustice ; n’es-tu pas convenu avec moi d’un denier ? Prends ce qui te revient, et va-t’en. Pour moi, je veux donner à ce dernier autant qu’à toi. Ne m’est-il pas permis de faire de mon bien ce que je veux ? Et ton œil sera-t-il mauvais parce que je suis bon ? » 

Saint Grégoire voit dans les cinq sorties du maître de la vigne, les cinq grandes révélations faites par Dieu aux hommes : à Adam, à Noé, à Abraham, à Moïse et celle faite par Notre Seigneur lui-même. Les cinq heures sont aussi celles des cinq âges de la vie : l’enfance, l’adolescence, la jeunesse, l’âge adulte et la vieillesse.

Le maître de la vigne sort très tôt de chez lui pour engager des ouvriers et il s’efforce tout au long de la journée d’en recruter de nouveaux. Le vigneron qui prend soin de sa vigne avec la volonté d’en tirer un bon vin, agit avec la même disposition d’esprit. Au moment des vendanges particulièrement, quand le travail est abondant, il déploie toute son énergie pour recruter la main-d’œuvre nécessaire. Dans cet épisode de l’Évangile, la vertu du travail est mise à l’honneur et l’oisiveté, mère de tous les vices, est réprouvée. « Pourquoi vous tenez-vous toute la journée sans rien faire ? »Ce reproche s’adresse aussi à nous. Saint Benoît, dans sa règle, accorde une grande place au travail manuel : « Si de tous temps, les moines ont aimé planter des vignes autour de leurs abbayes, ce n’est pas seulement pour répondre à l’absolue nécessité eucharistique, mais aussi pour faire mémoire concrètement de cette parabole. » Ils ont ainsi contribué à redonner toute sa noblesse au travail qui rend l’homme participant à l’œuvre créatrice de Dieu.

Si les vignobles terrestres ont des limites qui déterminent le nombre d’ouvriers, la vigne du Seigneur est infinie.

Si les vignobles terrestres ont des limites qui déterminent le nombre d’ouvriers, la vigne du Seigneur est infinie. Dieu y appelle tous les hommes, sans exception, avec empressement mais aussi, avec beaucoup de sollicitude et de patience. Il ne cesse tout au long de la journée, c’est-à-dire tout au long de notre vie de nous appeler et de nous chercher. Dans la parabole, le propriétaire de la vigne sort cinq fois, entre six heures du matin, la première heure ; et cinq heures de l’après-midi, la onzième heure. Une heure après le dernier appel, le soir étant venu, il donne l’ordre à son intendant de rassembler les ouvriers mercenaires pour leur verser le salaire. Il est respectueux, en cela, de la loi juive (Dt 24 14-15): « Tu n’exploiteras pas un salarié pauvre et malheureux, que ce soit l’un de tes frères, ou un immigré qui réside dans ton pays, dans ta ville. Le jour même, tu lui donneras son salaire. Que le soleil ne se couche pas sur cette dette, car c’est un pauvre, il attend impatiemment son dû. » Il procède dans l’ordre inverse de leur arrivée au travail. Les ouvriers de la onzième heure touchent un denier. 

Voyant cela, les autres se réjouissent au fond d’eux-mêmes, pensant recevoir davantage. Il n’en est rien. Ils toucheront la même somme, c’est-à-dire la rétribution qui avait été convenue. Ils murmurent alors contre le maître et se plaignent, non pas d’avoir été privés du salaire qui leur était dû mais de ce que les autres recevaient plus, selon eux, que ce qu’ils avaient mérité. La façon de procéder du maître de la vigne est bien étrange. Il semblerait qu’il fasse exprès de susciter la jalousie des ouvriers les plus courageux, ceux qui ont travaillé pour lui pendant une longue journée. Il leur donne, au contraire, la possibilité de percevoir jusqu’où va sa bonté, mais aveuglés par un esprit comptable trop humain, ceux-ci ne sont pas capables de comprendre qu’il s’agit d’une leçon de générosité. Le maître s’adresse alors à l’un d’entre eux, vraisemblablement le meneur, celui qui manifeste le plus bruyamment son ressentiment : « Ne m’est-il pas permis de faire de mon bien ce que je veux ? Et ton œil sera-t-il mauvais parce que je suis bon ? » 

Ce n’est pas l’appel de Dieu qui assurera notre salaire, c’est-à-dire notre salut, mais c’est notre libre consentement pour y répondre.

Les dons de Dieu sont gratuits, ils ne constituent pas des droits que l’homme pourrait revendiquer. Le denier, fruit d’une journée de travail représente le ciel. Il ne se fractionne pas. Dieu ne compte pas les heures pour établir une rémunération proportionnelle. Ce n’est pas l’appel de Dieu qui assurera notre salaire, c’est-à-dire notre salut, mais c’est notre libre consentement pour y répondre. « Le moment ne compte pas ; il n’est pas tenu compte non plus de la quantité ni de la qualité du travail dans la vigne. On passe ou non du temps dans l’éternité selon qu’on a consenti ou refusé. »Ouvriers de la première heure, de la dernière heure, de la minute ultime, tous recevront la même rétribution comme un effet de la miséricorde de Dieu. 

VIGNERONS DU CIEL

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