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La Bible, star des péplums : « Esther et le roi » de Raoul Walsh et Mario Bava

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Prod DB / KCS / Aurimages

Philippe-Emmanuel Krautter - publié le 15/06/21

Dans la Perse du Ve siècle, avant la naissance du Christ, la jeune juive Esther est remarquée par le roi Assuérus qui vient de répudier son épouse. Cela n’est cependant pas sans compter sur les nombreuses intrigues du principal ministre du roi, Haman, qui cherche à empêcher cette nouvelle union. Reprenant le célèbre récit biblique évoqué au livre d’Esther dans l’Ancien Testament, les réalisateurs ont opté pour porter au grand écran une fresque haute en couleurs !

Le livre d’Esther a de tout temps inspiré les arts pour l’exemple de dévotion sans faille dont Esther fit preuve. Et, si l’origine du récit biblique demeure quelque peu floue, probablement plus légendaire qu’historique, toujours est-il que le Livre d’Esther dans la Bible demeure effectivement un merveilleux exemple de foi ayant traversé les temps jusqu’à nous. En témoigne la tragédie en trois actes, passée à la postérité, du grand Racine souhaitée par Madame de Maintenon et le roi Louis XIV. C’est de cet épisode biblique émouvant dont s’est également saisi  le présent péplum. Or, si ce choix était judicieux pour un péplum, malheureusement, il faut l’avouer dès maintenant, la dimension religieuse et poignante du récit biblique d’Esther fait cependant quelque peu défaut dans ce film. « Esther et le roi » a fait choix de privilégier et de multiplier, en effet, les intrigues à la cour du roi de Perse, plutôt que de mettre sous les feux des projecteurs la dimension spirituelle d’Esther. 

Certes, le personnage inique du principal ministre du roi, nommé Haman, présente tout autant dans l’Ancien Testament que dans le film un comportement vil et calculateur, cherchant par tout moyen à éliminer les personnes trop influentes sur le roi, dont Esther. Mais Raoul Walsh, réalisateur dont le talent n’est pourtant plus à prouver avec des films passés à la postérité (« Le voleur de Bagdad », « La piste des géants », « La charge fantastique ») se perd quelque peu pour coller aux codes du genre péplum dans des rebondissements et multiples trahisons autour du roi.

Des personnages bibliques en demi-teinte

En effet, là où le drame va crescendo dans le texte de la Bible et où tout semble perdu pour le peuple d’Israël, les romances du roi avec Esther dans ce péplum laissent perplexes, notamment avec l’invention d’un prétendant juif d’Esther, totalement absent des Écritures. La comédienne Joan Collins, qui sera la vedette phare de la fameuse série « Dynasty », joue ici sans conviction le rôle d’Esther avec un accent mélodramatique qui peine à convaincre. Sergio Fantoni sort cependant pour sa part du lot, avec un rôle de conseiller malveillant du roi ; un rôle « sardonique » à merveille pour un personnage prêt à toutes les bassesses afin d’atteindre le pouvoir, ce que confirme le récit biblique. Quant au roi Assuérus, interprété par l’acteur américain Richard Egan, ce dernier semble bien moins inspiré que pour son rôle convaincant en tant que général valeureux dans « La bataille des Thermopyles ». Fort heureusement, le talent de Walsh permet de sauver ce péplum grâce à une technique éprouvée, des cadrages et des plans soignés, le tout dans des décors naturels ou en studio.

Le spectateur de cette grande fresque biblique regrettera que ce qui fait la beauté et la force du livre d’Esther dans la Bible, à savoir l’inoubliable prière d’intercession…

La trop discrète prière d’intercession d’Esther

Le spectateur de cette grande fresque biblique regrettera néanmoins que ce qui fait la beauté et la force du livre d’Esther dans la Bible, à savoir l’inoubliable prière d’intercession d’Esther pour son peuple condamné, soit totalement occultée du film. Le péplum n’aborde, en effet, qu’en filigrane cette dimension, lui préférant la valeur et le courage de son premier amour permettant de déjouer l’intrigue menée contre elle et le roi. L’Ancien Testament avec le Livre d’Esther donne pourtant un très bel exemple de prière et de foi confiante lorsque tout semble perdu, ce qui n’apparaît que trop peu dans ce film. D’autre part, « Esther et le roi » n’aborde qu’à la toute fin du film la naissance lors de cet épisode biblique de l’une des plus grandes fêtes de la foi juive, à savoir la fête de Pourim célébrant la délivrance miraculeuse du massacre des Hébreux qui avait été prémédité par le terrible conseiller du roi. 

Le péplum « Esther et le roi » offrira cependant une belle occasion de relire le Livre d’Esther et de méditer sur la force de la prière d’intercession.

Tags:
BibleCinéma
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