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La Turquie est de retour

© ADEM ALTAN / AFP PHOTO

Recep Tayyip Erdogan.

Guillaume de Prémare - Publié le 19/09/20

En renouant avec les ambitions méditerranéennes de l’Empire Ottoman, la Turquie affiche une détermination et une puissance qui contrastent avec les faiblesses des pays européens.

Le président turc Recep Tayyip Erdoğan a choisi d’ouvrir un nouvel épisode du vieux contentieux gréco-turc sur la délimitation des eaux territoriales entre les deux pays. L’enjeu stratégique réside particulièrement dans la recherche d’hydrocarbures en méditerranée orientale. Interrogé au micro de Sonia Mabrouk sur Europe 1 le 25 août dernier, l’ambassadeur de Turquie en France, Ismail Hakki, a expliqué très simplement que son pays avait besoin de ces ressources naturelles puisqu’il importe la plus grande partie de sa consommation en gaz naturel et en pétrole. D’une certaine manière, nous pourrions donc dire que la Turquie défend ses intérêts bien compris, comme le font toutes les nations depuis que le monde est monde.

La Grèce elle-même défend ses intérêts en s’appuyant sur des traités qui lui sont favorables et que la Turquie, qui avait refusé de les ratifier, conteste. Quant à la France, plus grande puissance militaire de la Méditerranée, elle a choisi de soutenir la Grèce, son allié historique, là encore conformément à ses intérêts, qui sont de contrarier les ambitions méditerranéennes de la Turquie.

Les fils de l’Empire Ottoman

Dans cette affaire, il n’est pas forcément nécessaire d’invoquer l’hydre islamiste ou une Turquie prête à se jeter sur l’Europe, le couteau entre les dents. Les mêmes tensions se seraient aussi bien produites avec un autre gouvernement que le parti islamiste de Recep Tayyip Erdoğan. Par ailleurs, la France est une puissance nucléaire et la Turquie ne va pas nous faire la guerre et partir demain matin à la conquête de notre territoire.


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Néanmoins, si ce contentieux est tout ce qu’il y a de plus classique, la mutation que vit la Turquie, depuis l’accession de Recep Tayyip Erdoğan à la présidence, mérite toute notre attention. Ce pays est en quelque sorte en train de retrouver ses bases civilisationnelles et religieuses, de renouer les fils du récit historique de l’Empire ottoman. Au-delà du contentieux maritime, cette dimension est à prendre sérieusement en compte par nos pays européens.

Une Europe faible

Voici une nouvelle donne qui concerne un grand pays aux portes de l’Europe : grand par la superficie, la population, la civilisation et l’histoire. Nous avons affaire à un peuple fier, jeune et nombreux. Son PNB par habitant est de bon niveau et son endettement est mesuré. Son indice de développement humain (IDH) — qui conjugue économie, santé et éducation — est élevé. Et c’est une puissance militaire significative. Ce grand pays est donc en train de redevenir progressivement une puissance-civilisation, arrimée à son histoire, sa culture et sa religion, l’islam. D’une certaine manière, la Turquie inspire de nouveau le respect et la crainte. A contrario, les pays européens inspirent de moins en moins ce respect et la crainte : ils sont faibles de ce qui rend aujourd’hui la Turquie forte : faibles par leur démographie, faibles dans leur identité culturelle et religieuse, en un mot faibles comme puissance-civilisation.

Nous devrions peut-être méditer les leçons de l’histoire et commencer à imaginer un certain virage : l’avenir en effet appartient probablement aux peuples nombreux, jeunes et fiers, aux nations fortes appuyées sur des bases religieuses et civilisationnelles solides.

Chronique publiée en partenariat avec Radio Espérance, 16 septembre 2020.


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