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Chrétiens, connaissez-vous vos droits et vos devoirs ?

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Jeanne Larghero - Publié le 19/09/20

Le premier devoir du chrétien n’est pas d’obéir à des obligations, mais de comprendre et d’aimer le bien qui le fait grandir.

Imaginez la scène : c’est l’été, le célèbre festival annuel de la tolérance planétaire pour tous se tient cette année au pied de chez vous, et voilà qu’entre deux pastis vous déclarez imprudemment (ou courageusement) à vos voisins de table sous les platanes… que vous êtes chrétien. Vous pouvez en être sûr, les questions vont pleuvoir : et pourquoi l’Église interdit-elle ceci et cela ?… Il s’agira probablement de s’expliquer ou de se défendre sur le contenu de la morale. Il est plus rare de se faire cuisiner d’entrée de jeu sur les fondements de la transubstantiation, et si vous trouvez un moins de trente ans pour vous parler ne serait-ce que du purgatoire ou de l’Immaculée Conception, c’est que par un hasard de calendrier votre festival se tenait cette année-là à Paray-le-Monial en même temps qu’un autre…

Bref, il semblerait que pour beaucoup la morale passe avant les questions de foi, et il semblerait de plus que la morale serve principalement à baliser l’étendue de nos obligations.

Vivre en chrétien, des obligations ?

La question mérite d’être posée : pourquoi agissons-nous de telle ou telle manière ? Parce que nous devons le faire, parce que nous aimons le faire, parce que nous avons appris à aimer ce que nous devons faire ? ou tout simplement… parce qu’on a bien le droit ? Vivre en chrétien : cela suppose une certaine conduite morale, et donc une vision de la morale. Que faire (ou non) pour vivre une vie de chrétien qui fasse honneur à ce nom ? Et quelles sont les questions qui valent la peine d’être posée ? peut-on faire le tour de nos droits, et de nos devoirs ?


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Il fut un temps où la préoccupation et l’enseignement des moralistes tournaient très fortement autour de la question de l’obligation morale : quelles sont les lois et commandements inviolables auxquels nous sommes tenus, et comment les appliquer dans les situations quotidiennes que nous rencontrons ? Ce sont les fameux cas de conscience : je ne dois pas dans l’absolu mentir ou tromper ma femme, mais ayant — oups ! — succombé aux charmes de ma voisine, il semblerait que tout ceci doive rester dissimulé dans l’intérêt de tous… non ? À tel point qu’au XVIIe siècle, débattant par exemple sur le rythme à tenir en termes d’actes de charité, les carmes de Salamanque fixaient l’obligation à… un par an ! Alors que saint Alphonse recommandait de repousser le seuil obligatoire à… un par mois. À la même époque, le théologien Suarez préconisait de ne pas manquer de prier tous les ans et peut-être même tous les mois … Et lorsque le philosophe Emmanuel Kant au XVIIIe siècle nous explique : faites ce que vous devez faire et non pas ce qui vous rendra heureux, il ajoute une voix supplémentaire à tous ceux qui font de la morale comme de la foi le règne de l’obligation.

Le bien que nous aimons est ce qui nous rend capable de viser plus haut et plus loin que la simple liste de nos obligations.

Or il faut tenir deux choses : une obligation qui nous reste extérieure, dénuée de sens, dont nous ne comprenons ni l’origine, ni le bien-fondé, que nous ne parvenons pas à aimer car nous ne voyons pas ce qu’il y à aimer, que nous peinons à aimer parce que nous ne voyons pas ce qu’elle recèle de bon pour nous, risque fort d’être abandonnée au premier cas de conscience. Voilà pourquoi certains finissent par affirmer sans rire qu’ils ont une conscience personnelle (la GPA jamais de la vie, c’est inhumain) et une conscience politique inverse (ma responsabilité politique est de satisfaire les besoins de tous, GPA y compris)… Or justement le bien que nous aimons est ce qui nous rend capable de viser plus haut et plus loin que la simple liste de nos obligations : voilà pourquoi Jésus nous invite à pardonner soixante-dix fois sept fois, et à prier sans cesse. Nous rentrons par amour dans les régions de l’incalculable.

La direction de l’amour

Mais une deuxième chose est sûre : un amour sans direction (d’où vient le mot directive), un amour qui ne se fixe plus d’exigence, qui ne cherche même plus à savoir ce qu’on attend de lui finit par respirer l’ennui et s’éteindre de lui-même. Et ne ménageons pas notre admiration pour ceux qui par amour du Seigneur et par confiance en lui acceptent de suivre la voie difficile de la fidélité, du respect de la vie, même lorsque les raisons de le faire manquent encore de clarté pour eux. Parmi ceux-là on est assuré aussi de trouver de grands saints.

Résumons-nous : ne ramenons-pas l’ensemble de notre conduite à une question de droits et de devoirs, mais par ailleurs sachons rendre compte des lignes que nous observons. La vraie question n’est pas de définir la frontière entre le permis et le défendu, mais de connaître, d’aimer et de suivre, ce qui, en vérité, nous fait du bien.


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