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Consentir à l’incertitude, le défi de la rentrée scolaire 2020

Volurol I Shutterstock
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Plus de douze millions d’élèves reprennent le chemin de l’école ce mardi 1er septembre. Une rentrée des classes inédite, dans un contexte de reprise de l’épidémie de Covid-19, imprégnée tout à la fois de joie et d’incertitude.

A en croire le sondage paru dans le JDD le 22 août dernier, c’est l’enthousiasme qui devrait primer en ce jour de rentrée des classes. En effet, 80% des familles se déclarent impatientes de retrouver les joies et les peines de la vie scolaire. En ce premier jour de rentrée, l’enseignement à distance semble de l’histoire ancienne, et les retrouvailles avec les amis et les enseignants exprimeront sans doute une joie sincère et un certain soulagement. L’occasion, en passant, de rendre grâce pour cette « normalité » retrouvée.

Une joie teintée d’incertitude

Normalité toute relative, certes. Car bon nombre de signes nous rappelle que le contexte sanitaire demeure fragile. Certaines précautions peuvent engendrer une légitime appréhension de l’avenir : collégiens et lycéens seront obligatoirement masqués, les parents priés de ne pas accompagner leur enfant en classe, les enseignants tenus de faire respecter des mesures de distanciation, le lavage fréquent des mains et un sens de circulation dans l’établissement.

En outre, si la rentrée a bien lieu ce 1er septembre, le ministre de l’Education Nationale n’a pas exclu l’éventualité de fermetures d’écoles en cas de circulation active du virus sur un territoire donné. « Il peut y avoir des adaptations dans le temps et dans l’espace », a admis Jean-Michel Blanquer lors de sa conférence de rentrée le 26 août dernier. « S’il y avait dans certains endroits une reprise active, nous déclencherons d’autres mesures ». Il faut donc s’attendre à ce que l’année scolaire soit parfois entrecoupée de périodes d’enseignement à distance.

Accueillir l’imprévu

Qu’est-ce que cette rentrée en demi-teinte nous enseigne ? D’abord, de vivre au jour le jour, de profiter de l’instant présent, de savourer la joie des retrouvailles. Ensuite, d’accepter l’imprévu, l’incertain. Jusqu’au mois de mars dernier, très peu de choses venaient se mettre en travers de notre route lorsque nous avions programmé sur notre agenda une réunion, un mariage, un voyage… « L’homme postmoderne s’escrime de plus en plus à prévoir. Depuis la révolution industrielle, nous avons pris l’habitude de parler au ‘futur de certitude’, de faire des projets, de les planifier, d’être condamnés à les réussir », constate Tugdual Derville dans son livre 67 recettes de bonheur (Emmanuel). Or selon lui, « tout l’enjeu de la sagesse d’une vie est, de son début à sa fin, de consentir à l’imprévisible ». Cette rentrée brinquebalante n’est-elle pas l’occasion de devenir un peu plus sages, en faisant l’apprentissage de l’imprévu ? L’idée n’étant pas de ne plus rien prévoir du tout, mais d’accueillir l’incertitude, de vivre avec l’idée, si peu acceptée jusqu’alors, que nous ne maîtrisons pas tout, et de consentir, par exemple, à ce qu’une organisation bien huilée soit chamboulée le jour où l’école est fermée.

Tout l’enjeu de la sagesse d’une vie est, de son début à sa fin, de consentir à l’imprévisible.

En ce jour de rentrée, puissions-nous puiser la paix et la sérénité, non pas dans la promesse d’un protocole sanitaire « le plus strict » du monde, selon les dires de Jean-Michel Blanquer, mais plutôt dans la confiance que nous mettons dans le Seigneur, qui, le moment voulu, nous donnera la force, le courage et la patience d’accueillir l’imprévu et de nous adapter.